Hogwart's World

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 Deux filles et un livre

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MessageSujet: Deux filles et un livre   Mer 29 Sep - 13:40

"Nyyyyyyyyyyyhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !"

La bouche grande ouverte à s'en décoller la mâchoire, cet étrange hurlement qui ne ressemblait pas à un appel à l'aide ni à un cri de détresse s'échappait de la gorge d'une jeune Serdaigle assise à sa table dans la Grande Salle qui se vidait petit à petit. Certains élèves encore présents s'inquiétèrent tout de même ; que lui faisait-on, à cette fille ? D'autant plus que personne n'était dans son entourage immédiat : usait-on de la magie sur elle pour la torturer ? Quelques uns courageux s'approchèrent, d'autres peureux s'enfuirent sans demander leurs restes. Mais le cri retomba rapidement, tout comme les bras que la jeune fille avait levé au ciel. En fait, elle s'étirait.

Mélusine venait tout juste d'arriver à émerger, et ce bâillement digne de la plus féroce des bêtes sauvages en était le point de départ. Se réveiller complètement était toujours pour elle un calvaire. Pire, un portement de croix. En général, la seule chose qui parvenait à la faire quitter son espèce de sommeil en transe méditative était le petit-déjeuner - dont elle ne pouvait se passer en aucun manière sous peine de ressembler à un zombie pharaonique toute la journée. Elle venait justement de finir la dernière de sa douzaine de tartines, qui n'avaient été que la fin de sa gargantuesque collation matinale. Et elle se sentait mieux, définitivement. Il n'en fallait pas beaucoup plus à Mélusine pour la rendre heureuse : avoir dormi ce qu'il lui fallait d'heures et avoir le ventre plein.
Ne s'apercevant même pas que quelques élèves inquiets s'étaient rapprochés d'elle et la regardaient avec des yeux mi-stupéfaits mi-anxieux, la Serdaigle se leva de table, un sourire flottant sur ses lèvres, et quitta la Grande Salle. Elle avait un peu de temps avant son premier cours de la matinée : le professeur d'Arithmancie s'était absenté de l'école pendant quelques temps afin d'assister à une conférence lointaine, réunissant les plus éminents professeurs en la matière. Du coup, les élèves profitaient d'une matinée un peu plus réduite, mais Mélusine ne comptait pas la passer à ne rien faire. Un appel de baguette magique pour que son sac vienne à elle - elle n'allait quand même pas remonter jusqu'aux dortoirs pour aller le chercher à pied, ç'aurait été beaucoup trop épuisant ! - et elle prit la direction de son endroit fétiche (comme l'étaient aussi la Grande salle et son lit, en fait) : la bibliothèque.

On pouvait y trouver Mélusine absolument tous les jours. C'était son antre, son temple, sa religion même. En passant la lourde porte gravée qui émettait quelques grincements chantants, la jeune sorcière se sentait immédiatement envahie d'un bien-être doublé d'une excitation qu'elle connaissait bien : la plupart des enfants ressentaient ça en arrivant dans un magasin de jouets, sachant qu'ils allaient repartir avec un cadeau chez eux. Pour Mélusine, elle était toute guillerette en sachant qu'elle allait repartir avec un livre.
Sa vision particulière des choses et du monde l'avaient même fait devenir "amie", si tant est que ce terme puisse convenir à la plus grincheuse des bibliothécaires, avec Mme Pince. En réalité celle-ci tolérait simplement mieux Mélusine que la plupart des autres élèves, et elle avait pris l'habitude de la voir quotidiennement dans les parages, s'en étant accommodé. La Serdaigle elle, trouvait que Mme Pince était un joyaux de générosité et de bonté, et que personne ne pouvait être plus serviable qu'elle. Bien que cette vision semblait particulièrement exagérée, surtout lorsqu'on avait en face de soi le visage exécrable et reniflant du joyaux en question, c'était réellement ce que Mélusine pensait, naïvement. Et rien ne pourrait l'en faire démordre. C'est ainsi qu'elle adressa à la gardienne des lieux un sourire étincelant en passant devant elle, avant d'aller s'engouffrer dans les dédales des rayonnages, qu'elle espérait bien tous avoir parcouru de fond en comble avant de quitter l'école. Une ambition qui était en bonne voie de se réaliser si elle continuait à lire les livres de la bibliothèque à ce rythme. Comme à son habitude, Mélusine, sachant très bien ce qu'elle voulait et connaissant par coeur le rangement des rayons et de ses thèmes, alla directement à ce qui l'intéressait. Aujourd'hui, c'était les loups-garous qui avaient toute son attention, en ayant entendu parler la veille par le professeur de métamorphose. Fidèle à elle-même, elle s'empara d'un livre, puis d'un autre, puis encore d'un autre... Finissant par avoir une pile impressionnante qui tenait un équilibre précaire dans ses bras. C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait jamais se contenter d'un seul livre qu'elle aurait fini d'ici le début de son premier cours, ayant une faculté assez étonnante à dévorer littéralement les mots qui passaient sous ses yeux à une vitesse hallucinante, peut-être une conséquence de vivre dans une bulle bien à part, permettant une concentration extrême lorsqu'elle le décidait. Du coup, elle repartait presque toujours de la bibliothèque les bras chargés à craquer. On aurait pu croire que Mélusine avait tout ce qu'il lui fallait, au vu de la montagne qu'elle tenait à bout de bras, mais elle fronçait les sourcils et frémissait de son petit nez en trompette. Il lui en manquait un. Un essentiel. Il lui manquait celui qui lui aurait servi d'introduction, un fameux bestiaire récapitulant toutes les créatures étranges et "magiques" du monde des sorciers. Ecrit parfaitement bien, n'omettant aucun détails, restant succinct tout en donnant des précisions de valeurs, il était LA Bible qu'il fallait à Mélusine en matière de races spécifiques. Et il n'était pas à sa place. Grrr.

Pestant déjà contre les élèves inconscients qui ne prenaient même pas le temps de ranger correctement leurs livres et faisaient perdre un temps précieux à cette si charmante Mme Pince qui n'avait quand même pas que ça à faire, Mélusine et sa tour branlante se risquèrent quand même à faire le tour des tables pour voir si ladite Bible ne s'y trouverait pas. La jeune fille pestait d'autant plus que les livres qu'elle portait toujours étaient diablement lourds, et qu'elle soufflait comme un boeuf de les porter. Elle aurait bien usé de sa magie si ses deux mains n'étaient pas prises et si sa baguette ne se trouvait pas au fin fond de sa poche ; comme quoi même un esprit génial pouvait omettre les choses les plus basiques.
Et puis, elle le vit. Là, à quelques mètres d'elle, beau, ténébreux, entouré de ce voile de charme qui la faisait immanquablement craquer à chaque fois qu'elle posait les yeux sur lui : son bestiaire chéri était là. Mais ô rage, ô désespoir, il se trouvait dans les bras d'une autre ! Comment avait-il pu lui faire ça, à elle, alors qu'ils avaient passé tant de bons moments ensemble ? Mélusine s'approcha, tête penchée sur le côté pour y voir quelque chose derrière sa pile de livres, bien décidée à aller faire un scandale. Elle arriva à la hauteur de la jeune fille qui était plongée dans le livre tant convoitée ; Mélusine la reconnut presque tout de suite. C'était une fille de Serdaigle également, et de sa classe qui plus est. Sa prétendue colère qui n'en était pas vraiment une disparut instantanément devant cette fille à qui elle n'avait parlé qu'une fois, si elle se souvenait bien, pour lui demander si elle pensait qu'ils étaient vraiment obligés d'aller en cours de Vol. Certes, les deux jeunes filles ne se connaissaient pas, mais Mélusine avait déjà décidé qu'elle l'aimait bien. Il ne lui en fallait pas plus pour lui adresser un grand sourire, toujours penchée sur le côté pour ne pas disparaître derrière les livres qu'elle tenait toujours.

"Salut ! Je suis contente de te trouver ici. Dis, quand tu auras fini, tu voudras bien me laisser ton livre ? J'en ai un besoin ca-pi-tal, tu vois." C'est-à-dire que dit comme ça, alors qu'elle possédait déjà manifestement une lecture plus que suffisante dans les bras, ce besoin urgentissime devenait tout de suite un peu étrange.
"Mais ne te presse pas hein, je survivrai bien sans quelques temps !"
Mélusine commença à s'éloigner, ayant repéré une table non loin qui était libre. Seulement, poser une telle pile de bouquins qui se trouvaient déjà dans un équilibre douteux auparavant relevait de l'impossible, et immanquablement, Mélusine les vit s'écrouler sur elle. Dans sa surprise, elle se retrouva à tomber elle-même en arrière, finissant sur le sol, et enterrée sous ses livres. Une mort parfaite, pensait-elle, bien qu'étourdie.
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MessageSujet: Re: Deux filles et un livre   Ven 8 Oct - 9:26

Tous les matins d’Emma étaient les mêmes. Elle était réveillée à six heures tapantes, et moins d’un quart d’heure après s’être levée, elle était déjà habillée et avait eu le temps d’avaler un fruit pris aux cuisines la veille, le végétal faisant office de petit-déjeuner. Jusqu’aux alentours de sept heures, elle travaillait dans le calme paisible de la salle commune, puis, alors que les premiers élèves émergeaient doucement du pays des songes, elle prenait la direction du quatrième étage, où se trouvait l’une de ses pièces préférées du château, la bibliothèque. Madame Pince, qui avait pourtant les élèves en horreur, s’était habituée à la présence de la jeune fille dès l’ouverture de son repère. Il fallait dire aussi qu’Emma prenait un grand soin des ouvrages, voire même qu’il lui arrivait de rafistoler un vieux livre à la couverture abîmée de temps à autre. Et plus encore, depuis sa deuxième année, elle avait obtenu de la part des professeurs une autorisation annuelle qui lui permettait d’accéder à la réserve quand bon lui semblait pour étudier des livres qui n’étaient pas au programme.
Cette matinée n’avait pas échappé à la règle. Et si elle procédait ainsi, c’était qu’elle y gagnait ses soirées et ses fins de semaine, pendant lesquelles elle pouvait alors s’adonner à un peu moins de sérieux. Le fait d’être désormais la petite amie officielle de William n’y avait rien changé, au grand dam de ce dernier qui avait espéré pouvoir prendre le petit-déjeuner avec son amoureuse tous les jours. Après une discussion animée (ils s’étaient bien trouvés, tous les deux, avec leur sale caractère), elle avait fini par lui faire entendre raison. Elle n’avait pas manqué de souligner que son côté studieux faisait partie de son charme, ni de lui rappeler que si elle n’étudiait plus le matin, alors il faudrait qu’elle le fasse avec lui le soir, et qu’elle aurait donc tendance à le faire également réviser. Cela avait dû être l’argument décisif, car il n’insistait plus désormais.

Cette nouvelle relation avait modifié énormément de choses dans la vie d’Emma. Pour la première fois de sa vie, elle sentait les regards des autres élèves sur elle dans les couloirs, et elle n’aimait pas ça. L’anonymat lui manquait, cependant, elle s’était résignée. Elle avait également eu à se défendre contre un troupeau de filles de sixième et septième années une fois, Gryffondor et Poufsouffle confondues, qui lui avaient reproché sa relation avec William. C’était mal la connaître que de croire qu’elle se laisserait impressionner de la sorte. Grâce à l’aide de l’invisible Cassie, elle s’en était sortie sans une égratignure, mais il s’en était fallu de peu. Elle n’en avait pas touché un mot à William, de peur que cela lui rappelle des souvenirs pénibles de sa précédente relation. Ses soirées n’étaient plus organisées de la même manière : elle retrouvait toujours ses frères et sa sœur les lundi soirs. La mardi en revanche, Will avait généralement entraînement, et si elle n’assistait pas à la séance complète, elle le retrouvait souvent dans les vestiaires, quand le reste de l’équipe avait déjà quitté les lieux. Le mercredi soir était leur soirée, celle qu’ils passaient dans la salle sur demande à faire des choses et d’autres. Le jeudi soir, elle était coincée à son cours pratique d’astronomie, et, alors qu’elle aurait pu assister au second entraînement de la semaine, la jeune Serdaigle passait sa soirée du vendredi à attendre son meilleur ami dans une salle où ils avaient eu l’habitude de se voir. Joshua ne s’était jamais montré depuis la fois où il l’avait embrassée dans le parc, et bien que comblée d’être avec William, Emma ne pouvait pas cacher que le Poufsouffle lui manquait. Le changement le plus flagrant restait le comportement qu’avait Morten avec elle, et inversement. Surtout que, comble de l’ironie, ce dernier sortait avec la personne qui était certainement la seule qu’Emma ne pouvait pas voir en peinture. Il le savait pertinemment, et quand il avait pu avoir une conversation en tête à tête avec sa sœur, il lui avait avoué que cela datait d’avant le jour de son anniversaire. Il avait donc été le premier à décevoir l’autre, au final, et Emma se sentait moins coupable envers lui depuis qu’elle était au courant. Quand ils se retrouvaient avec le restant de la fratrie, c’était comme si rien ne s’était passé, du moins pour elle. Quand elle venait à le croiser et qu’il était avec Traiger, ou si elle, elle était avec William, ils s’ignoraient tout bonnement. La jeune fille n’en avait rien dit à son petit ami ou à son frère, mais elle souffrait de cette situation, plus qu’elle ne l’avait cru possible. C’était comme si son cœur avait été séparé en deux, partagé entre Morten et William, et elle savait que ces deux parties d’elle-même ne pourraient jamais être réconciliées. C’était aussi une autre raison pour laquelle elle ne souhaitait pas plus prendre le petit-déjeuner dans la Grande Salle. Se retrouver à devoir choisir entre la table de son frère, et celle du garçon qu’elle aimait, ce n’était pas ce qu’elle voulait avoir à faire.

Elle porta le point final à son essai de métamorphose et soupira, tout en fermant les yeux. Un instant, elle se dit qu’elle aurait mieux fait de se couper définitivement en deux pour les satisfaire, tout en sachant pertinemment que ce n’était pas une solution. Elle aurait aimé avoir le mode d’emploi des relations sociales. Se plonger dans son travail scolaire restait la meilleure façon d’arrêter de se prendre la tête à chercher sans arrêt de quelle manière elle pourrait rendre tout le monde heure sans avoir elle-même à trop en pâtir. Le professeur McGonagall et son devoir sur les métamorphoses humaines étaient bien tombés. Emma avait lu tout ce qu’elle pouvait sur le sujet dès le moment où elle avait su que cela était au programme, et grâce à sa mémoire d’éléphant, il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour rédiger les soixante centimètres de parchemin que la directrice de Gryffondor demandait.

L’intervention de Mélusine la sortit de ses pensées, et rien que pour cela, elle lui en fut reconnaissante. Cette deuxième fille, de la même année et de la même maison qu’elle, était décrite par l’école entière comme une personne franchement étrange. Même si c’était le cas, Emma s’était jusqu’à récemment senti comme le mouton noir du château, aussi elle ne se permettait pas de juger sa camarade. Cette dernière pouvait s’habiller bizarrement, dire tout ce qui lui passait par l’esprit ou bien agir de manière totalement loufoque, Emma aurait répondu qu’elle-même ne connaissait rien à la mode et n’était donc pas bien placée pour critiquer, qu’elle ne voyait pas en quoi dire ce qu’on pense est mal, ni même se comporter comme on le veut. Elle jeta un coup d’œil amusé à la pile bancale de livres que transportait la seconde élève alors même qu’elle venait lui demander le livre qu’elle s’apprêtait à refermer quand elle était arrivée, mais avant que la jeune fille ait pu placer la moindre phrase, l’autre bleu et bronze s’éloignait déjà vers une autre table libre. Enfin, du moins, cela avait dû être son intention si elle n’avait pas fait tomber tous les livres qu’elle portait sur sa petite personne. Sans se précipiter, parce que cela lui aurait attiré les foudres de Madame Pince si la bibliothécaire l’avait vue courir dans son antre, elle alla débarrasser Mélusine des livres qui l’encombraient et l’aida à venir s’asseoir à la table qu’elle occupait. Elle ramassa ensuite un par un les lourds ouvrages sur les loups-garous et les ramena également à la table. Sans se départir, elle fouilla dans son sac et posa délicatement devant sa camarade un peu étourdie une fiole pas très grande, qui contenait une potion qui lui ferait du bien. Emma, aussi appelée l’infirmerie sur pattes.


« J’ai justement fini le devoir du professeur McGonagall, je n’ai plus besoin du livre. Et ma table est assez grande pour deux pour que tu n’ailles te rompre le cou sous une avalanche de pages. »

Emma aimait bien Mélusine, bien qu’elles se soient peu parlé. Peut-être parce que cette dernière ne venait pas sans arrêt lui demander si c’était vrai qu’elle sortait avec Green version masculine, ou peut-être juste parce qu’elle la trouvait sympathique, allez savoir.

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