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 Un grand bonheur est toujours accompagné de son lot de malheurs

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MessageSujet: Un grand bonheur est toujours accompagné de son lot de malheurs   Mar 14 Sep - 17:56

Quelques instants plus tôt, à la salle sur demande

William continuait de profiter au maximum de la douce chaleur que le corps d'Emma serré contre le sien sur le canapé dispensait. Profiter aussi de la douce sensation de bonheur qui se frayait une place parmi les moments plus tristes et sombres qu'il avait vécu ces derniers temps - qu'ils avaient vécu tous les deux. Ils s'étaient trouvés, retrouvés, et ils ne se quitteraient plus. Will se promettait en tout cas de tout faire pour ça. Évidemment, il allait y avoir des obstacles, Morten en premier mais aussi, comme venait de lui apprendre la jeune Serdaigle, sa famille à elle, et plus particulièrement son père qui était déjà au courant. Oups. William déglutit doucement rien qu'en pensant à l'hypothétique moment où il rencontrerait Mr Nielsen père. En fait, il préférait éviter d'imaginer. Il n'y avait pas de raison pour le moment que cette rencontre se fasse dans les prochains temps, donc autant ne pas se malmener l'esprit pour le moment. Pas avec ça, en tout cas. Ou pas trop.

"Eh bien... J'essayerai de faire figure du parfait petit-ami quand je rencontrerai tes parents... Enfin il faudra qu'on en reparle à ce moment-là, que tu me dises par exemple ce que je devrais dire, ou ne surtout pas évoquer. On a le temps de voir venir."

*J'espère.* Pas qu'il ne voulait pas rencontrer les parents d'Emma, mais là tout de suite, il ne se sentait pas prêt.
Ils avaient l'air de se rendre compte tous les deux qu'il y avait plus de choses qui les unissaient que ce qu'ils ne pensaient. Comme si le fait que leurs deux cœurs soient enfin réunis leur faisait comprendre des choses dont ils ne s'étaient pas aperçus avant, leur faisait ressentir un amour encore plus fort que ce qu'ils pensaient.


"Ne me vole pas mon rôle de chevalier, c'est très déstabilisant pour un garçon de ne pas pouvoir étaler toute sa fierté masculine en protégeant celle qu'il aime", plaisanta Will. L'idée qu'Emma ferait tout pour qu'il ne lui arrive pas de mal avait en réalité quelque chose de plaisant, même si ça voulait aussi dire aussi qu'elle pourrait se mettre en danger. Mais que quelqu'un prenne soin de lui, et rien que de lui, et si en plus de ça il s'agissait d'Emma, William ne pouvait pas le refuser. "Je suis un chevalier. Et toi ma princesse, que tu le veuilles ou non. Une princesse rudement aventurière et farouche, certes, mais princesse tout de même." Nouveau sourire, nouveau regard plein de tendresse plongé dans celui d'Emma.
Pourtant la jeune fille s'échappa de leur confortable position, ce qui eut pour effet de faire lâcher un grognement à William. Se sentant malgré tout attiré hors du canapé, il fit l'effort de se mettre debout ; c'était en réalité plus pour rejoindre au plus vite le corps de celle qui ne quittait plus son cœur, plutôt que pour la neige qui ne l'enchantait guère. Parce que neige signifiait pas de Quidditch, et pas de vol non plus, les conditions météorologiques étant trop mauvaises pour voir les éventuels obstacles devant soi. Et ce genre d'obligation à rester au sol déplaisait et désespérait William. Seulement, voir le visage ravi d'Emma devant ce spectacle blanc le fit sourire. Peut-être que la neige n'était pas si mauvaise que ça, après tout. Le Gryffondor vint se placer derrière elle et l'entoura de ses bras, posant sa tête contre la sienne.


"Ton père peut être rassuré, par un temps pareil je ne pourrais pas te faire voler sur un balai..." Parce que oui, William espérait bien malgré tout refaire voler un peu Emma. Il n'était pas complètement stupide, il avait bien compris à quel point ça pouvait être dangereux si elle volait seule et à haute altitude. Mais si ils restaient assez près du sol et qu'il était avec elle, voire même que Daniel ou d'autres membres de l'équipe étaient présents, il y avait nettement moins de risques. Et surtout, Will savait combien le fait de voler avait des facultés bénéfiques pour le mental. On se sentait bien, on se sentait libre, débarrassé de tous ses soucis, léger et apaisé. Il voulait qu'Emma puisse en profiter aussi. Mais il ne la forcerait pas si elle n'en avait pas envie. En revanche, à voir son regard remplit d'étoiles devant la neige qui tombait, recouvrant déjà le parc d'un manteau doux et soyeux, il devinait qu'elle devait avoir envie d'en profiter. Il lui prit la main, et l'attira vers la porte qui menait sur le couloir. "Viens, on va faire un tour dehors." Ils sortirent de la pièce et le jeune homme entoura les épaules d'Emma de son bras tandis qu'ils prenaient le chemin de la tour des Serdaigles. Hors de question évidemment qu'elle sorte aussi peu vêtue et qu'elle attrape froid à cause de lui. La traversée des couloirs fut assez amusante, car les élèves qu'ils rencontraient les regardaient avec de grands yeux, se retournant sur leur passage. Will ne s'en formalisait pas, il était même plutôt fier d'avoir la jeune fille près de lui. Et puis il était heureux et ça n'était pas ces regards surpris et interloqués qui allaient le mettre de mauvaise humeur, au contraire. Ce n'est qu'une fois devant la porte des Serdaigles que Will s'arrêta.

"Je vous laisse ici demoiselle. Je vais passer au dortoir des Gryffondors pour prendre des affaires aussi, on se rejoint devant les portes d'entrée, okay ? Ne passe pas une heure à te maquiller, hein !" plaisanta-t-il en s'éloignant.

Le rapide passage qu'il fit dans son propre dortoir lui apprit une chose qu'il aurait facilement deviné, mais qu'il n'aurait jamais cru ressentir à ce point : Emma lui manquait déjà. Souriant, se sermonnant intérieurement qu'il était pire qu'une fille fleure bleue, il attrapa sa veste d'hiver, une sorte de manteau beaucoup plus chaud que sa veste en cuir, mais aussi élimé
(Aperçu). Il la passa par dessus son pull, puis jeta un coup d'œil au lit près du sien : Daniel devait vagabonder dans le château, car il ne se trouvait pas non plus dans la salle commune. Quelque part, William préférait ne pas rencontrer le jeune homme tout de suite, et il espérait ne pas le croiser lors de sa promenade avec Emma dans le parc. Il n'avait pas envie de lui parler tout de suite. Il n'avait pas envie de devoir aborder des choses sérieuses et mettre les choses au point maintenant. Il voulait juste profiter de son moment de bonheur avec Emma, parce qu'il le savait d'expérience, ce genre d'instant pouvait basculer d'un moment à un autre. Son regard se posa aussi sur son nouveau balai, ce cadeau mystérieux qui l'intriguait toujours autant. Il faudrait qu'il s'occupe de savoir à qui il le devait, parce qu'il n'était pas certain de pouvoir en profiter tant qu'il ne le saurait pas.
Il repartit rapidement de la salle commune, puis descendit les dernières marches du hall. Emma n'était pas encore là, aussi l'attendit-il patiemment, mains dans les poches de sa veste. Il ne put retenir un sourire de ravissement quand il leva les yeux et la vit descendre à son tour les escaliers ; il l'accueillit en lui tenant la porte qui menait vers l'extérieur, laissant par la même occasion rentrer le froid et quelques flocons. Ils s'engouffrèrent dans l'averse blanche qui ne semblait pas vouloir s'arrêter et commencèrent à marcher doucement. Les sentiers étaient invisibles, se mêlant indistinctement à l'herbe recouverte par la neige.


"Au fait, pour en revenir à ce qu'on disait tout à l'heure... Concernant mes parents à moi, ne m'en veux pas si j'évite à tout prix de te les présenter. Ce n'est pas contre toi, ni parce que j'aurais honte de toi bien sûr, au contraire. Ne pas te les présenter, c'est un moyen de te protéger." C'était une parenthèse qu'il s'était senti obligé d'ouvrir rapidement, pour prévenir Emma et qu'elle ne se pose pas trop de questions. Dans tous les cas, il était hors de question qu'il l'amène un jour chez lui, à moins d'y être réellement obligé, sous la torture ou quelque chose comme ça. Mais l'éventualité qu'elle puisse constater de ses yeux le cocon familial déplorable de sa famille ne l'enchantait pas, et il était hors de question qu'il expose la jeune fille au risque que son père déboule comme il le faisait de temps à autre, ivre et dangereux.
"Par contre si ça ne te dérange pas, j'aimerais bien te présenter aux Carter, un jour."

Ils arrivaient devant une étendue vaste et toute blanche, sans arbre ni buisson à proximité. William prit la main d'Emma et se mit à courir doucement, l'entraînant à sa suite. Puis, se retournant à moitié, il la souleva dans ses bras avec aisance et se mit à tourner sur lui-même avant de se laisser tomber dans la neige, prenant toutefois garde à ce que la jeune fille tombe sur lui pour qu'elle ne se fasse pas mal. Puis il la regarda avec une lueur mi-maligne, mi-suspicieuse.
"Dis donc... J'ai reçu un cadeau de noël particulièrement impressionnant et de très grande valeur cette année... Tu ne saurais pas quelque chose à ce sujet, par hasard ?"

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MessageSujet: Re: Un grand bonheur est toujours accompagné de son lot de malheurs   Mer 15 Sep - 12:44

Emma suivit Will quand il lui prit la main, sans dire quoi que ce soit. Elle avait vraiment envie de sortir, puisqu’elle avait été enfermée à l’infirmerie pendant plus d’une dizaine de jours. Respirer de l’air frais ne pourrait que lui faire du bien. Une fois dans le couloir, William passa un bras autour de ses épaules le plus naturellement du monde, et elle se colla contre lui tout en marchant. Tous ces gestes lui venaient comme si elle les connaissait depuis toujours, alors qu’en fait c’était une véritable expérience pour la jeune fille. Ils croisèrent d’autres élèves tandis qu’ils prenaient le chemin de sa salle commune. Heureusement, pas un seul Serpentard en vue. Il faut dire que la plupart des élèves de la maison des serpents rentraient chez eux pour les fêtes de fin d’année, mais s’ils en avaient rencontré un, nul doute que Morten leur serait déjà tombé dessus, avant même qu’ils aient atteint la statue d’aigle qui gardait la salle commune des bleu et bronze. Will la laissa là, trouvant encore une occasion de la taquiner, ce qui n’eut pour seul résultat que de lui faire lever les yeux au ciel. Elle, perdre du temps à se maquiller ? Non mais il l’avait bien regardée ? Quand il disparut au détour d’un couloir, elle se retourna vers l’aigle, et attendit son énigme, qui ne tarda pas.

Je suis ce que je suis mais je ne suis pas ce que je suis car si j’étais ce que je suis, je ne serais pas ce que je suis.

La Serdaigle poussa un soupir. Au fond d’elle, elle était certaine que c’était Dumbledore qui s’amusait à souffler des bêtises à l’oreille de cette statue. C’était bien son style, au vieillard, ce genre de stupidités qui pouvait coincer n’importe quel élève de première année dehors. Oui, les Serdaigles étaient réputés pour leur sagesse et leur avidité de connaissances, mais de là à pouvoir répondre à n’importe quelle devinette posée par un aigle de pierre, il y avait une limite. Après quelques minutes à tourner et retourner la question dans sa tête, elle trouva la solution. Tordu.
« C’est l’ombre, » répondit-elle en soupirant, alors que la statue se décalait pour dévoiler le passage qui menait à la Tour. Elle grimpa les escaliers assez rapidement, du moins autant que lui permettait son état de santé assez précaire pour le moment. Arrivée à son dortoir, elle s’aperçut qu’il y avait une ou deux filles qui étaient là, mais aucune trace de Maëdy ou Abigail. Tant mieux. Le face à face risquait d’être à la fois drôle et déplaisant, et elle préférait le retarder au maximum, et surtout, qu’il se fasse en présence de William. Elle s’approcha de sa malle, l’ouvrit, et, pour la plus grande surprise de ses deux camarades de dortoir, commença à balancer les vêtements un par un sur son lit. Après avoir récupéré sa baguette, avoir trouvé une tenue qui sembla finalement lui convenir et avoir mis un bazar incroyable sur son lit, elle partit dans la salle de bains sous le regard médusé des deux autres Serdaigles. Elle les entendit d’ailleurs murmurer à travers la porte, tandis qu’elle se déshabillait et se rhabillait avec les nouveaux vêtements.
- Tu crois qu’elle a un rencard ?
- Attends, on parle de Nielsen, là, celle qui a toujours la tête dans ses livres. Enfin, plus que les autres Serdaigles. Ça serait super bizarre.
Soudain, alors qu’elle ajustait son pull gris, Emma entendit le claquement de la porte du dortoir retentir tandis que, à ce qu’elle pouvait saisir, une troisième fille faisait son apparition dans la pièce d’à côté.
- Les filles ! Vous ne devinerez jamais la nouvelle ! Green sort avec quelqu’un !
- Lequel, de Green ?
- Bah celui qui est cool, beau comme un dieu, qui a des yeux à tomber et un cul d’enfer ! Celui qui est tout aussi à croquer que son meilleur ami, j’ai nommé Sexy Carter. Je suis dégoûtée ! Surtout qu’il paraît que c’est une fille de chez nous qui lui a mis le grappin dessus…
- Mais qui ?
- Va savoir, ma copine Morgane de Poufsouffle, celle qui m’a raconté ça, c’est encore quelqu’un d’autre qui le lui a dit, et l’autre ne connaissait pas le nom de la fille. On finira par le découvrir nous-mêmes, mais je suis super curieuse…
Pendant qu’elles continuaient leurs babillages, Emma secoua la tête et soupira. Super ! D’ici une heure, tout le château serait au courant que William avait une petite amie, et avant ce soir, leurs noms seraient sur toutes les bouches. Mais, même si cela aurait dû lui miner le moral, elle ne pouvait s’empêcher de sourire niaisement. Les trois filles, là, dans le dortoir, auraient voulu être à sa place, pourtant c’était d’elle que Will était amoureux. Elle enfila son pantalon noir en jean prestement et attacha les boutons de son gilet sans manche à carreaux. Le tout avait un petit côté chic tout en étant sobre et ordinaire. Même avec cette tenue, elle arriverait encore à se fondre dans la masse. Elle remit tranquillement ses bottines et, après avoir dessiné la lettre grecque phi à l’envers, se tapa doucement sur la tête du bout de sa baguette tout en murmurant la formule du sortilège de coiffure. Ses cheveux se tirèrent d’eux-mêmes en arrière, et après s’être démêlés, ils retombèrent le long de sa tête, presque sur le point de boucler. On aurait presque dit une poupée, tant son visage était pâle. Elle sortit tranquillement de la salle de bains, provoquant de nouveaux murmures de la part de ses camarades quand ces dernières la virent ainsi accoutrée. Après avoir pris son manteau et son écharpe aux couleurs de sa maison, elle redescendit l’escalier qui menait à la salle commune et sortit dans le couloir. Elle savait qu’à l’instant où elle avait posé le pied hors du dortoir, les trois filles avaient de nouveau continué à jaser sur William, et sur elle aussi. Elle enfila son manteau et passa l’écharpe autour de son cou, puis rangea sa baguette dans une des poches de la veste (la tenue)

Se changer lui avait pris une dizaine de minutes, et il lui en faudrait bien une autre dizaine pour rejoindre William dans le hall d’entrée. Moins peut-être, si les escaliers se montraient cléments à son égard. Ce qui fut le cas. En à peine cinq minutes, Emma se retrouva en haut des marches du Grand Escalier. Elle aperçut Will qui était déjà là à l’attendre, et espéra qu’elle n’avait pas été trop longue. Surtout que bon, quinze minutes pour se préparer et arriver au point de rendez-vous, ça devait être un record chez la gente féminine. Elle répondit à son sourire et s’engouffra dans le froid du parc pendant qu’il lui tenait la porte. Les chemins et l’herbe étaient entièrement recouverts de blanc, et les flocons continuaient de tomber du ciel. Ils avancèrent tranquillement, jusqu’au moment où Will dut ressentir un certain besoin de mettre une chose au clair. Au sujet de ses parents à lui, et du fait qu’il éviterait au possible qu’elle fasse leur connaissance. A vrai dire, mieux valait pour eux qu’Emma ne les rencontre pas, sous peine qu’elle leur jette un sortilège dont ils lui diraient des nouvelles. Elle se contenta d’acquiescer silencieusement, histoire de lui laisser croire qu’elle acceptait effectivement qu’il garde le rôle de chevalier qui doit protéger celle qu’il aime. Quant à rencontrer les Carter, elle n’y voyait pas d’inconvénient, si c’était ce qu’il désirait. Elle se laissa entrainer et courut à sa suite dans la neige en riant. Les flocons s’accrochaient aux mèches brunes et apparaissaient comme des perles de nacre. Quand Will la souleva et la fit tournoyer doucement dans les airs, son rire ne fit qu’augmenter, bien qu’elle poussât un léger cri quand il se laissa tomber dans la neige, l’entraînant dans sa chute, mais il avait fait attention pour qu’elle ne se blesse pas. Alors qu’elle riait toujours, le Gryffondor lui posa la question piège. Aïe, celle-là, elle ne l’avait pas vue venir. Prenant l’air le plus innocent possible, et surtout, le moins au courant de ce dont il lui parlait, elle répondit du tac au tac, tout en sachant très bien que s’il regardait un tant soit peu ses yeux, il saurait qu’elle savait précisément de quoi il voulait parler.

« On t’a offert un poney ? Une lampe magique ? Ne me dis pas que tu as reçu un miroir parlant ! »

Elle riait de nouveau, et, pendant que l’attention de William était détournée, elle prit un peu de neige dans sa main. Le froid lui mordit la peau comme l’aurait fait une brûlure. Avant que le jeune homme ait pu faire quoi que ce soit, elle avait lâché sa poignée de neige sur son visage et s’était relevée en riant de plus belle. La Serdaigle s’éloigna de quelques pas, avec un sourire goguenard.

« Tu ne te vengerais pas, quand même ? Tu ne peux pas faire ça à une princesse… Ni à celle que tu aimes… pas le jour de son anniversaire, tout de même… »

A en voir la lueur dans les yeux bleus de William, il oserait.

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Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Un grand bonheur est toujours accompagné de son lot de malheurs   Mer 15 Sep - 21:28

Morten avait espéré croiser Emma en se rendant à la bibliothèque. Non, bien sûr, il n’allait pas à la bibliothèque comme ça, par plaisir, mais il cherchait sa sœur, et c’était en général dans cette partie du château qu’elle se trouvait. Et pour ne pas à avoir à pénétrer dans le territoire de l’effrayante Madame Pince, il avait tout misé sur le fait de tomber sur la jeune fille avant de passer les portes. Et plus il approchait de ces dernières, plus il ralentissait, pour lui laisser le temps d’apparaitre… Mais Emma n’apparut pas. Soit elle l’avait vu venir et avait fait demi-tour pour l’éviter, soit elle était perdue entre les pages d’une énorme encyclopédie, soit elle était dans sa salle commune, ou… Il y avait trop de possibilités, en fait. Morten poussa alors un soupir exaspéré, comme si ça allait faire venir sa sœur. Il fallait vraiment qu’il lui parle de ce qui s’était passé lors du bal de Noël… son attitude décevante, mais également ce qu’il avait ressenti en voyant Green si près d’elle… Aurait-il agi de la même façon s’il s’était agi d’un autre garçon ? Sûrement. Mais peut-être qu’il n’aurait pas insisté autant. Peut-être qu’il cherchait à régler ses comptes avec le Gryffondor par l’intermédiaire de sa relation avec Emma, et il se rendait bien compte que ce n’était pas le genre de choses qui se faisaient. Même s’il ne pouvait se résoudre à accepter ce rapprochement entre son pire ennemi et sa petite sœur. Il pouvait comprendre, à la limite, mais pas l’accepter. Et Morten était du genre à être borné, si vous ne l’aviez pas encore remarqué.

Le Serpentard était donc devant la porte de la bibliothèque, ne voulant se décider à entrer. Quelque chose lui disait que ça ne servirait à rien, puisqu’Emma n’y était pas. C’était tout juste l’heure du repas, et il ne la savait pas aussi accro aux bouquins au point de sauter le déjeuner. Sauf qu’elle n’était pas dans la Grande Salle non plus, il en venait. Tant pis, il la trouverait plus tard. Il jeta un œil sur sa montre qui lui apprit qu’il ne lui restait qu’une dizaine de minutes avant l’heure qu’il avait fixée pour un nouveau rendez-vous avec Traiger, dans le parc. Il ne savait pas trop pourquoi, mais comme c’était là qu’ils s’étaient retrouvés la première fois, il avait été convenu qu’ils s’y retrouveraient les prochaines, sans l’avoir formulé à voix haute. Cette année, beaucoup d’élèves étaient restés au château pour les vacances, notamment à cause de ce stupide bal, ce qui rendaient les couloirs et la salle commune des verts et argents plus bruyants et agités qu’à l’accoutumée. Bien qu’ils sortaient plus ou moins ensemble, Morten et Traiger ne formaient pas le genre de couple à se balader dans tout Poudlard main dans la main, à se lancer des regards et des mots doux sans arrêt… ces niaiseries là, non merci. Dans la salle commue, quand ils n’étaient pas occupés avec leurs amis ou en train d’étudier, ils se retrouvaient mais discutaient très peu, sous les yeux accusateurs des adoratrices/ex/voire les deux de Nielsen. Ce dernier n’entra donc pas dans la bibliothèque et fit demi-tour pour rejoindre les escaliers et filer dehors (il avait son manteau sous le bras). Il venait de descendre à toute vitesse un étage lorsqu’il rentra dans quelqu’un, faisant tomber par terre les livres que cette personne tenait dans les bras. Agacé que personne ne regarde devant soi, Morten soupira une fois de plus et s’apprêta à lancer une réplique désagréable pensant qu’il devait s’agir d’un abruti de pas plus de la quatrième année, lorsqu’il vit son visage quand elle se releva après avoir ramassé ses livres. Elle était jolie, très jolie, et… elle lui disait quelque chose. Il avait du sortir avec elle l’an passé. Ou l’année d’avant. Non, plutôt en sixième année, puisqu’elle avait l’air plus jeune que lui.


-Tu pourrais faire attention quand m…
-Ça va, t’énerve pas, Nielsen !
-Je ne m’énerve pas. Tu viens de me rentrer dedans.
-Je sais, j’y étais. Bon, tu me laisses passer ?

Levant les yeux au ciel, le jeune homme commença à descendre quelques marches supplémentaires lorsqu’une furie passa tout près de lui en courant.

-Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes à la fin ? Y’a pas assez de place ? râla-t-il en reprenant son chemin.

Puis les voix hystériques des deux filles lui parvinrent, auxquelles il ne prêta strictement aucune attention, du moins jusqu’à ce qu’un nom le fit s’arrêter au milieu de la volée de marches.


-Green ? T’en es certaine ?
-Certaine je te dis ! Mais je ne sais pas comment elle s’appelle, elle.
-En tout cas, elle en a de la chance !
-Sortir avec Green… Le magnifique William Green… Tu te rends compte ?
-Ouais…
-Il faut qu’on lui fasse la peau.
-Hein ? T’es cinglée ?
-Mais si, c’est comme avec Nielsen et Carter !
-Chut, il est peut-être encore là ! Et on ne va pas faire la peau de cette fille. Si Green l’a choisie, c’est qu’il y a une bonne raison…
-Ou alors, c’est qu’elle l’a embobinée… Tu te souviens de cette histoire entre Lacombe, Nielsen et Carter ?

Morten en avait assez entendu, car il se souvenait très bien de cette fameuse histoire, et ne tenait pas vraiment à y repenser. Il se dépêcha de dévaler les escaliers et de rejoindre le hall d’entrée. S’il en croyait ces deux demoiselles, Green sortait avec quelqu’un. Il mit son manteau, ouvrit la grande porte et plissa les yeux face au froid hivernal qui l’enveloppa aussitôt. Si Green sortait avec quelqu’un, ça signifiait qu’il serait forcément moins collé aux pattes d’Emma, ce qui était fort réconfortant. Et d’après ce qu’il savait, le Gryffondor était loin d’être comme Carter, donc cette relation allait durer plus ou moins longtemps. Encore plus réconfortant. Emma ne sortirait pas avec William. Cette pensée le fit sourire.

Tiens, n’était-ce pas le rire d’Emma, justement, qu’il entendait là ? Voilà pourquoi elle ne se trouvait pas à l’intérieur : elle était à l’extérieur. Quel incroyable sens de la déduction. Mais elle n’était pas seule, à moins qu’elle ne se soit mise à discuter et rire avec elle-même, chose qu’il ne lui connaissait pas… Et qu’il n’espérait pas. Là encore, c’était plutôt bon signe. Peut-être qu’elle était avec Josh ? Il ne savait pas trop si ça s’était arrangé entre eux deux, et de là, il ne pouvait pas très bien voir, à cause des flocons de neige. Il s’avança donc encore un peu, ses chevilles s’enfonçant de plus en plus dans la poudreuse, en appelant sa petite sœur. Et puis il le vit. Là, étendu dans la neige, près, beaucoup trop près d’elle. Green. Et en entendant les éclats de rire de la jeune Nielsen, ses neurones ne furent pas longs à faire la connexion. Qu’est-ce qu’il avait pu être naïf, et idiot ! Penser que William sortait avec une fille autre qu’Emma, alors qu’il lui tournait autour depuis des semaines. Penser qu’il s’était tourné vers quelqu’un d’autre aussi facilement. En fait, il avait cru ce qu’il avait voulu croire, ce qu’il avait voulu voir. Là encore, il s’était trompé. Et il se confirma mentalement qu’il ne pouvait accepter ça. Ce dont Morten avait envie ? Bondir sur son ennemi, le rouer de coups, le défigurer jusqu’à ce qu’Emma ne le reconnaisse plus, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il ne devait plus jamais l’approcher. Seulement, cette dernière ne le laisserait jamais faire, et le principal concerné non plus. S’il adressait ne serait-ce qu’un mot de travers, tout allait retomber sur lui (il le cherchait, en même temps, mais pour lui, sa réaction était totalement normale), et la Serdaigle ne lui pardonnerait pas facilement. Seulement, il ne pouvait pas les regarder se bécoter sans rien faire. Il ne pouvait pas laisser cet idiot de Gryffondor prendre sa petite sœur, sa petite sœur à lui ! Morten ne put se retenir une seconde de plus et franchit les derniers mètres qui le séparaient du couple d’une traite en s’exclamant :


« Eyh ! Eh oh ! »

Très recherché. Mais quand il était en colère, il préférait agir que parler. Il alla donc se placer entre William et Emma, dos à cette dernière, regardant d’une façon plus que meurtrière son rival.

« Vous vous êtes bien foutus de moi, hein. Ne t’approche pas d’elle, pigé ? »

Il en avait complètement oublié Traiger. Elle arriverait en retard de toute façon, et si elle décidait de se pointer, elle les retrouverait bien assez vite. Il ne craignait que ce rendez-vous serait un peu plus mouvementé que les précédents…
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MessageSujet: Re: Un grand bonheur est toujours accompagné de son lot de malheurs   Dim 19 Sep - 19:59

Ce rire, qu'est-ce qu'il aimait l'entendre. William aurait pu écouter Emma rire à gorge déployée pendant des heures, véritablement. En fait, il aurait voulu qu'elle soit toujours joyeuse, parce qu'il adorait la voir illuminée par un sourire, ou par des étincelles de joie, comme maintenant. Dans ses souvenirs des quelques mois précédents, il ne se rappelait pourtant pas l'avoir beaucoup vu heureuse, mais il comptait bien tout faire pour qu'elle n'arrête plus de rire.
Ce fut d'ailleurs son air malicieux et son air faussement étonné qui mirent réellement la puce à l'oreille de William à propos du balai qu'il avait reçu à Noël. Non qu'il lui avait posé la question innocemment : il avait procédé par élimination, et elle faisait partie des quelques personnes qui auraient pu lui offrir pareil cadeau. Il fallait déjà savoir que c'était le vœu le plus cher de Will de pouvoir monter sur autre chose que les balais usés et rouillés mis en commun dans la réserve du terrain de Quidditch. Ça réduisait déjà le champ à toute l'équipe de Gryffondor et à ceux qui étaient suffisamment proches de William pour le savoir mordu de Quiddicth mais trop pauvre pour se payer un nouvel engin volant. Ensuite, il avait beau parfaitement bien s'entendre avec ses camarades rouges qui pratiquaient ce même sport, il savait que ce n'était pas pour autant qu'ils auraient pu lui offrir ce cadeau, à moins de s'y mettre à plusieurs. Mais alors, ils lui auraient plutôt donné tous ensemble. Restaient donc Daniel, Abigail et Emma, à qui William avait justement confié ne pas pouvoir s'acheter de balai. Il voyait mal Daniel déposer anonymement un cadeau sur son lit, ça n'était pas vraiment son genre. Quant à Abigail, elle aurait pu le faire, mais encore fallait-il qu'elle trouve l'argent. Et William préférait éviter d'imaginer comment elle aurait pu s'y prendre pour trouver une somme pareille. Mais Dan' et Abi' étaient toujours des suspects potentiels, c'est pourquoi William avait posé la question à Emma sans toutefois être réellement convaincu que ça pouvait venir d'elle. Jusqu'à ce qu'elle ne lui réponde qu'à moitié tout en plaisantant malicieusement. Le jeune homme ouvrit de grands yeux et se redressa à moitié.


"C'est toi ?! Tu rigoles ?"
Mais non, manifestement c'était sérieux, bien que l'hilarité se peignait sur le visage d'Emma. Will n'en revenait pas. "Tu es folle. Tu n'aurais pas dû... C'est énorme comme cadeau !" Bien évidemment que William était heureux et comblé par ce présent hors norme. Mais aussi gêné, du plus profond de sa fierté masculine. "Je ne pourrais jamais te rendre la pareille... A moins de me prostituer ? J'vais p't'être faire ça."
Mais avant même qu'il ne puisse réagir, le faisant brutalement redescendre sur terre une cascade froide voire gelée se répandit sur son visage, tandis que le poids léger d'Emma s'envolait comme par magie. Il dû recracher la neige qu'il venait de manger, mais fut sur ses jambes en quelques secondes. Lui, ne pas se venger ? Même si elle était une princesse et même si c'était son... Hein ?!
"Quoi ? C'est ton anniversaire aujourd'hui ?" Et il ne le savait même pas. Décidément, il faisait un bien piètre petit-ami, même le premier jour... "Il fallait me le dire... Je n'ai rien à t'offrir." Il avait beau ne pas avoir d'argent, il se serait débrouillé pour lui trouver un petit cadeau, faisant en sorte que ce soit le moins minable possible. Naître pauvre avait ses avantages : on finissait par connaître les combines pour détourner l'attention sur la pauvreté du présent, ou bien par savoir comment se procurer des choses un peu plus jolies quand il le fallait. Cette révélation lui avait en tout cas coupé toute envie de vengeance, c'était certain. Et pour couronner le tout, une silhouette s'approchait vivement. Une silhouette menaçante, sombre, et à l'aura de colère. Gloups.
« Eyh ! Eh oh ! »
William tourna la tête vers l'arrivant, même s'il n'avait pas besoin de le regarder pour savoir qu'il s'agissait de Morten. Emma et lui savaient qu'ils allaient devoir l'affronter à un moment, mais le jeune Gryffondor imaginait avoir encore un peu de paix avant cet instant fatidique. Il fit un mouvement pour rejoindre Emma, mais Morten s'était déjà interposé entre lui et sa sœur ; ce qui n'était peut-être pas plu mal, à bien y réfléchir. Ça n'était pas la peine de le provoquer encore plus en se tenant tous les deux face à lui.
« Vous vous êtes bien foutus de moi, hein. Ne t’approche pas d’elle, pigé ? »
Pour une fois, William n'adopta pas l'attitude qu'il aurait sûrement prise d'habitude, celle agressive et belliqueuse de l'attaquant prêt à répliquer et à mordre. Il recula d'un pas et leva les mains en signe d'apaisement, même s'il n'était pas vraiment certain que ça change quoique ce soit. Il voulait en tout cas montrer à Morten qu'il n'avait pas l'intention de se battre ni même de le provoquer.
"On n'avait pas l'intention de se moquer de toi Morten. On n'a pas fait ça contre toi. Je ne suis pas avec ta sœur pour t'atteindre, je te le promet, même si je me doute que tu n'as pas grand chose à faire de mes promesses." William aurait bien ajouté d'une manière convaincante et sérieuse qu'il aimait Emma, mais il se ravisa, de peur que ça n'enrage encore plus le Serpentard. "Je ne veux pas lui faire de mal. Et mon but n'est pas non plus de te la voler." Comment convaincre quelqu'un de sa bonne volonté quand on a toujours cherché des crasses à celui-ci ? Difficile. Vraiment difficile.
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MessageSujet: Re: Un grand bonheur est toujours accompagné de son lot de malheurs   Lun 20 Sep - 17:29

Emma aurait voulu répondre quelque chose à Will, mais elle-aussi venait d’apercevoir la silhouette qui s’approchait dangereusement d’eux deux, et elle ne reconnut que trop bien l’aura qui l’entourait, tout comme la voix qui en émanait. « Eyh ! Eh oh ! » Morten vint se placer entre elle et William, ce qui n’avait rien de bien étonnant de sa part. Il croyait encore que sa sœur était incapable de se défendre ou quoi ? Est-ce que le simple fait de la voir heureuse et en train de rire avec celui qui était son pire ennemi ne lui mettait pas la moindre puce à l’oreille ? Visiblement, non, il avait décidé de tout gâcher. Sauf qu’il en était tout simplement hors de question, Emma n’allait pas le laisser ruiner cette journée spéciale pour elle.
« Vous vous êtes bien foutus de moi, hein. Ne t’approche pas d’elle, pigé ? »
Et William qui faisait ce qu’il lui avait dit un peu plus tôt, à savoir ne rien faire pour qu’elle se mette son frère à dos. "On n'avait pas l'intention de se moquer de toi Morten. On n'a pas fait ça contre toi. Je ne suis pas avec ta sœur pour t'atteindre, je te le promets, même si je me doute que tu n'as pas grand chose à faire de mes promesses." Oui, ça, c’était sûr que ça n’allait rien arranger. "Je ne veux pas lui faire de mal. Et mon but n'est pas non plus de te la voler." La jeune fille sut que rien n’irait pour le mieux après ça. D’abord parce qu’elle ne pourrait pas empêcher le caractère de Morten de faire son sale boulot, ensuite parce qu’elle-même pouvait frapper là où ça ferait mal – et non, la rédactrice ne parle pas que littéralement. Elle contourna son frère et vint se placer face à lui. Elle n’était qu’à une dizaine de centimètres de lui, tandis que ce dernier fusillait toujours William du regard. C’était le Gryffondor qui était devenu sa priorité, pourtant, elle continua ce qu’elle avait en tête. De sa main droite, elle força Morten à baisser la tête et à la regarder dans les yeux. Des yeux qui le suppliaient véritablement de ne pas faire d’esclandre. Elle prit une mèche des cheveux du Serpentard entre ses doigts, et la replaça derrière son oreille. Hippie, c’est le seul mot qui lui venait à l’esprit, à le regarder, avec ses cheveux de plus en plus longs qui lui obstruaient la vue. Il était beau comme ça, et il devait encore en jouer, pour son plus grand blasement.
« Tu as fait une promesse ‘ten. Il y a neuf ans, jour pour jour. »
Emma se revit alors, pas plus haute que trois pommes comme disait son père, dans leur jardin, au Pays de Galles. Il avait neigé, et ce jour y ressemblait beaucoup. Toute la famille avait fêté son anniversaire, comme si rien ne s’était passé depuis le mois de mai, comme si leurs vies n’avaient pas changé. Emmitouflée dans un gros manteau et dans une écharpe en laine, elle était assise sur la balançoire du jardin. Morten était venu la pousser doucement, puis il avait arrêté leur jeu, et il avait emmené sa sœur faire un tour dans le village. C’était là qu’il avait juré que jamais il ne ferait quoi que ce soit qui la blesserait. Ça avait été son cadeau d’anniversaire. Jusque là, Emma n’avait jamais eu à lui rappeler cette promesse.
« Je l’aime. » Son ton avait été trop sérieux pour que Morten ne la croie pas. « Papa pense que ce n’est qu’une amourette et que ça passera. Peut-être. Je pense que c’est à moi de voir ce qu’il en est. Et je crois aussi que tu n’as pas ton mot à dire sur les personnes que je fréquente. Même si je dois être blessée après, je dois apprendre de moi-même, quitte à me brûler les ailes. Tu ne peux pas me juger, pas avec ce que toi tu fais. Ne viens pas me dire que je ne peux pas savoir ce que c’est que d’être amoureux, tu n’es pas vraiment l’exemple à suivre. » Tout était dit. La Serdaigle s’éloigna et rejoignit William. Elle glissa sa main dans celle du jeune homme, et tout en faisant encore face à Morten, elle afficha l’air sérieux qui avait été le sien ces derniers temps. « Je n’ai pas de choix à faire entre toi et Will. Crois-moi, si tu essayes de me forcer, alors tu as perdu d’avance. Je… » Elle hésita, ferma les yeux, les rouvrit. « Je refuse de repasser par tout ça. » La pression qu’elle exerçait sur la main de William s’accentua légèrement. Rien que d’y repenser, ou même d’en reparler, la faisait à nouveau souffrir, à un point qu’aucun d’eux ne pouvait imaginer. Elle avait l’impression que son cœur arrêtait à nouveau de battre et que le sang dans ses veines se glaçait encore. Et le froid ambiant n’y était pour rien.

Emma savait que rien n’était gagné, et que ce n’était pas le simple rappel d’une promesse d’enfant qui arrêterait Morten. Il y avait trop de haine à l’égard de William en lui, une haine dont la cause était désormais oubliée des deux protagonistes, et même une trêve lui semblait un rêve impossible. Comme pour confirmer des craintes qu’elle savait fondée, la jeune fille sentit son familier se faufiler près d’elle, invisible aux yeux des deux garçons, mais pas aux siens. Un coup d’œil à la louve lui indiqua que cette dernière était en alerte, les muscles tendus, prête à attaquer s’il le fallait. Elle n’avait pas menti, tout à l’heure, quand elle avait dit à William qu’elle ne laisserait personne lui faire du mal. Son frère n’échappait pas à la règle. Seulement, qu’il le veuille ou non, Will était en quelques sortes une partie de sa meute maintenant, et en bonne louve, Cassie protégeait sa meute, tout comme Emma le faisait avec son bonheur. Elle était prête à tout risquer, même sa relation privilégiée avec son frère. Elle saurait affronter les harpies, celles-là même qui attaquaient méchamment toute fille s’approchant un peu trop près d’une des coqueluches de l’école ; elle saurait laisser passer les préjugés, elle en avait déjà bien l’habitude. Elle venait d’une famille qui se battait pour obtenir ce qu’il leur fallait. Elle était une Nielsen, et cela voulait tout dire.

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MessageSujet: Re: Un grand bonheur est toujours accompagné de son lot de malheurs   Lun 27 Sep - 2:49

Lorsque William se recula, leva les mains de manière à prouver qu’il voulait se montrer pacifique, en plus de ses paroles de mec trop gentil et sage, ça ne fit qu’augmenter la volonté de Morten quant à défigurer son pire ennemi. Ce qu’il voulait, c’était cogner sur cette gueule d’ange pour le faire taire. Ne plus l’entendre. Parce qu’il l’insupportait au plus haut point. C’était facile, trop facile de dire ça. Comment Green aurait-il réagi si les choses avaient été inversées ? Réellement, s’entend. Si tout n’avait pas foiré au bal de Noël. Si c’était Morten qui était tombé amoureux d’Abigail, et que cela soit réciproque ? Comment le Gryffondor aurait-il pris la nouvelle ? Sans doute que ce dernier était capable de comprendre la réaction du Serpentard, peut-être qu’il avait raison quand il disait qu’il ne voulait pas l’atteindre lui en sortant avec sa sœur. Mais qu’en était-il d’Emma ? William aurait très bien pu l’embobiner avec ses déclarations d’amour dignes de grands poètes, mais qu’en était-il réellement ? C’était simple de faire croire des choses fausses. De dire des belles phrases, de séduire avec des mots. C’était aussi facile que de blesser quelqu’un par le mensonge de ces mêmes paroles. Green était largement capable de faire du mal à Emma, ce n’était pas un mec bien, pas le genre de petit-ami fréquentable, pas un homme pour la petite sœur de Morten. C’était quelqu’un comme Josh qu’il fallait pour cette dernière, quelqu’un de sincère, calme, digne de confiance. Certainement pas ce Gryffondor aux airs de rebelle et la sincérité douteuse. Pas celui qui avait la place de pire ennemi pour Morten. C’était totalement hors de question. Il s’apprêtait d’ailleurs à insister là-dessus lorsqu’Emma vint à son tour s’interposer entre les deux garçons, mais il ne voulait pas la regarder. Il savait à quels yeux il allait avoir droit, et il préférait de loin assassiner Green à distance – du moins pour l’instant – que d’affronter la tempête Emma. Mais elle ne lui laissa pas vraiment le choix et le força à la regarder dans les yeux, à mêler son gris-bleu au marron de sa jeune sœur. Ne me tue pas, s’il te plait, du moins, pas tout de suite… Je fais ça pour ton bien, tu sais… Ce mec n’est pas celui qu’il te faut. Crois-moi. Voilà ce qui se passait dans la tête de Morten en cet instant. Jusqu’à ce qu’elle ouvre la bouche et qu’elle se mette à lui parler d’une promesse, une promesse qu’il avait vraisemblablement faite neuf ans auparavant. Comment pouvait-il se souvenir d’une phrase qu’il avait pu prononcer alors qu’il était encore enfant ? Et comment Emma pouvait-elle lui rappeler ça, comme ça, alors que ça n’avait aucun rapport ? À moins que justement, si, cela eut un rapport… Allez, réfléchis Morten, qu’est-ce que tu as bien pu lui dire il y a neuf ans ? D’abord, pourquoi jour pour jour ? Comme s’il se souvenait de la date exacte ! Déjà, quel jour c’était, aujourd’hui ? Et puis, comme si ça avait de l’importance ! Il allait répliquer que ce n’était pas le moment, que tout ce qui l’importait, c’était qu’elle le laisse passer pour qu’il puisse refaire le portrait à l’autre abruti, lorsque…

*Tilt*

Bon sang de satanée citrouille perchée sur une maudite gargouille de snargouffle à trois têtes et à pois verts ! Comment avait-il pu oublier ça ? Pourquoi son cerveau à peu de neurones n’avait-il fait le lien plus tôt ? Qu’est-ce qui lui était passé par la tête à la place ? Oublier l’anniversaire d’Emma, de sa petite sœur. C’était bien la première année – et dernière, du moins, il se le promit intérieurement – que ça lui arrivait. Il avait été dépassé par les évènements, entre ses petits problèmes de cœur et ceux de sa sœur, justement, ça lui était complètement sorti de la tête. Il n’avait aucune excuse. Pour le coup, il méritait d’être lynché et flagellé (enfin, pas trop non plus), après avoir donné quand même quelques coups de poing sur le visage de Green. Mais… Quel idiot faisait-il ! Il se sentit rougir de honte, priant pour que ses joues et son nez soient déjà bien assez écarlates afin que les deux autres ne remarquent rien. A l’intérieur, il se sentit tomber, son cœur lâchait. Il avait oublié l’anniversaire de sa petite sœur. Inconsciemment, quelque chose venait de se briser en Morten. Peut-être qu’il ne s’en rendait compte que maintenant, parce que c’était un peu la goutte qui faisait déborder le vase, mais peut-être que cette entaille, cette déchirure était là depuis quelques jours déjà. Voire des semaines. Peut-être que c’était présent depuis le jour où il avait surpris Emma et William à la bibliothèque, la fois où, une fois encore, il avait manqué à son devoir de grand frère. Et l’évidence le heurta de plein fouet. Il avait cru être celui qui avait raison, être le seul en qui Emma pouvait avoir confiance (en dehors des autres membres de leur famille). Il s’était senti beaucoup trop sûr de lui, et à trop vouloir la protéger, sa sœur s’était envolée. Elle lui en voulait toujours de son attitude, même s’il avait cru être pardonné. Il était devenu un horrible grand frère qui cognait sur le bonheur de sa sœur et qui oubliait son anniversaire.

Et effectivement, la fameuse promesse lui revint en mémoire. Il avait neigé, ce jour-là, et ils avaient tous fêté l’anniversaire d’Emma. Pas comme aujourd’hui. Ce qu’il lui avait promis à l’époque ? Il ne s’en souvenait pas mot pour mot, mais il s’en souvenait. Il lui avait dit qu’il ne ferait jamais rien qui pourrait lui faire du mal. Une promesse que tout grand frère était censé faire à ses frères et sœurs. Une promesse que Morten n’avait pas oublié, qu’il n’aurait pu de toute façon oublier puisque cela ne lui serait jamais venu à l’idée de blesser Emma. Et qu’était-il en train de faire ? Qu’était-elle en train de lui dire ? Qu’elle aimait William. Que c’était à elle de vivre cette expérience. Qu’elle n’avait pas à choisir entre les deux garçons. Qu’il n’avait pas son mot à dire concernant l’amour, n’étant lui-même jamais tombé amoureux. C’était vrai. Elle avait raison. Elle avait toujours eu raison. Il n’avait été amoureux d’une fille, car il savait à quel point les sentiments pouvaient être blessants. Et puis, il n’avait jamais eu l’occasion de vivre une telle chose, pas avec les filles de Poudlard qui lui couraient sans arrêt après. Mais qu’était-il supposé faire ? Baisser les bras, abandonner, et rester sur le côté les bras croisés ? Laisser cet idiot de Green profiter d’elle, l’aveugler par sa belle gueule et ensuite la briser, et n’entrer en scène qu’à ce moment là ? En ensuite, que ferait-il ? Il prendrait Emma dans ses bras et lui rappellerait qu’il l’avait prévenue ? Non, certainement pas. Et ça ne servait à rien de ranimer une promesse d’enfant, mis à part pour rappeler la date oubliée, puisque Morten n’était pas là pour faire du mal à Emma, mais à William. Tout ce qu’il voulait, c’était faire comprendre à ce dernier qu’il ne gagnerait pas cette partie. Il voulait l’assommer à coups de batte, le blesser à coups de cognards, le défigurer à coups de poing. Il ne voulait pas d’une paix avec lui. Seulement qu’il se tienne éloigné de sa sœur.


« Je ne te juge pas, Emma… pas toi…. »

Il était vraiment hésitant dans ses mots, et la colère brûlante les saccadait ; il ne pourrait rester calme bien longtemps.

« Bon sang, ce château est rempli de mecs ! Pourquoi… pas lui ! Il… il va te mettre en pièce, Emma, il va… »

Morten eut alors le malheur de lever les yeux vers le principal intéressé, et c’en fut trop. D’un geste, il écarta la jeune Serdaigle sur le côté et se précipita en avant, attrapant William par le devant de sa veste avant que ce dernier n’ait pu réagir.

« Ne joue pas à ça… T’es certainement pas celui qu’il lui faut… Tu t’es regardé ? Tu crois vraiment que tu la mérites ? »

Il avait dit ça d’un ton dur, menaçant, et à peine eut-il terminé sa phrase que sa main droite s’éleva, se referma et vint s’abattre violemment sur le visage du Gryffondor, qu’il laissa s’écrouler au sol.

« Ne me dis pas que t’es amoureux d’elle ! » cria-t-il ensuite en lui assenant un coup de pied dans le ventre.

Le Serpentard s’attendait à ce que son ennemi réplique, à ce que sa sœur proteste. Il s’en fichait. Sa colère, qui se rapprochait plus de la haine, l’envahissait de plus en plus, et s’il n’avait pas été arrêté dans son élan, il aurait certainement continué à le rouer de coups, encore, et encore… William Green n’était pas autorisé à toucher Emma. Promesse d’enfant et anniversaire ou non.

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Morten Nielsen
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