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 Porte fermée et lettre à poster [Will]

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MessageSujet: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Mer 14 Juil - 23:13

3 janvier 1975, à peu près onze heures du matin.

« Mais tu vas t’ouvrir, satanée porte ! »

Si Emma se trouvait là, devant l’endroit où apparaissait normalement l’entrée de la salle sur demande, c’était parce que l’infirmier avait bien voulu la relâcher, au moins pour son anniversaire. Elle savourait pleinement sa liberté retrouvée, d’autant plus qu’elle s’était sentie comme un lion en cage ces derniers jours. Elle en avait assez des tests magiques, des questions incessantes, et plus que tout, elle ne voulait pas revoir l’infirmerie de sitôt. Rien n’était dit qu’elle tienne sa promesse d’y retourner à la fin de la journée, mais se rendre à son dortoir ce soir ne l’enchantait pas plus ; cela signifiait forcément qu’elle devrait croiser Abigail ou Maëdy, et ce n’était pas quelque chose qu’elle attendait impatiemment. Normalement, en cet instant, elle aurait dû se trouver à la volière. Bien au chaud dans la poche arrière de son pantalon, il y avait la lettre qu’elle avait écrite pour William. C’était bien sa cinquième ou sixième tentative, toutes les précédentes ne lui avaient pas plu. Cette lettre où elle lui avouait tout sans détour et où elle le suppliait littéralement de ne plus l’approcher. Etait-ce égoïste de sa part, de ne pas vouloir souffrir ? Après tout, elle aussi, elle avait bien le droit de faire un caprice – si on pouvait nommer cela ainsi – de temps en temps.
Si elle ne se trouvait pas entourée d’oiseaux à cette heure-là, c’était parce qu’elle n’avait pas encore trouvé le courage de s’y rendre. Non pas qu’envoyer cette fameuse lettre lui soit difficile – même s’il était vrai que cela n’avait rien de facile, elle imaginait déjà la gêne et la honte qu’elle éprouverait quand William viendrait à savoir – c’était simplement sa peur viscérale des hiboux et des chouettes qui la retenait éloignée. Sûrement un traumatisme oublié de son enfance, toujours est-il qu’aller à la volière lui avait toujours demandé un effort surhumain, et c’était la raison pour laquelle elle laissait en général Morten ou les faux-jumeaux se charger de la correspondance avec leurs parents.

Emma martelait le mur, comme si cela pouvait changer quoi que ce soit. Les manches du pull qu’elle portait étaient trop grandes et pendouillaient sur ses mains, ou glissaient sans arrêt, dévoilant le bandage solidement fixé su son bras gauche. Depuis le soir du réveillon, elle avait été dans un sale état, que ce soit physiquement ou moralement. Non, cela remontait même à deux ou trois semaines avant ça. Depuis le moment où elle avait décidé d’éviter William. Cette situation l’avait rendue malade : elle perdait l’appétit et devait se forcer à manger pour ne pas tomber d’inanition. Cela s’en était ressenti sur son corps, bien évidemment ; elle avait maigri, et elle avait eu de la chance que personne ne le remarque. Ses bras et ses jambes étaient désormais encore plus fins que d’habitude. Son sommeil aussi en avait pâti. Entre les cauchemars et les insomnies, il n’y avait rien eu d’étonnant à ce que la scène du bal ait été la goutte de trop dans son vase déjà plein.
Quand elle s’était réveillée, seule, dans une chambre de l’infirmerie, sa première réaction avait été de fondre en larmes. Larmes de douleurs suite aux nombreuses petites plaies qui martyrisaient ses jambes et ses mains, suite à l’entaille sur son bras. Larmes de peine parce qu’elle avait enfin vraiment réalisé que jamais il n’y aurait quelque chose entre elle et William ; ça avait été la première fois qu’elle faisait face à la réalité avec autant d’aplomb. Et toute la fatigue, la tension jusque là accumulées, sans compter le reste, l’avaient emporté. Ses nerfs avaient craqué et relâché le trop plein. Et cette solution-là valait mieux que la folie pure et simple, ce qui avait failli arriver quand Cassie était apparue.

Quand un loup, ou plutôt une louve, brun surgit de nulle part, la première réaction est généralement la peur. Quand ce dernier se met à parler dans la tête des gens, là, on se dirige lentement vers la folie. Etrangement, Emma s’était aussitôt calmée. La discussion mentale qui s’en était suivie avait ce qu’on peut qualifier de hautement bizarre. Les deux protagonistes avaient fait connaissance : l’animal avait révélé qu’elle était probablement la cause de la perte de contrôle sur la magie, mais c’était ainsi qu’elle était née… Il lui était impossible de mieux s’expliquer, car elle n’en savait pas vraiment plus que ça. Et quand elle avoua à la jeune femme qu’elle était une partie dormante de sa personnalité, le mystère s’était davantage obscurci. Ce qu’Emma en avait déduit, c’est qu’une part d’elle tenait à protéger sa famille et les gens qu’elle aimait, car un loup veille sur sa meute à tout prix. Et comme, finalement, la louve était elle, la Serdaigle lui avait attribué son second prénom, Cassidy, qu’elle avait abrégé en Cassie.
Cassie ne se comportait pas vraiment comme un animal sauvage, mais plus comme une protectrice. Les nuits où Emma s’était réveillée en pleurs suite à un cauchemar, à l’infirmerie, elle était là. Elle avait laissé la jeune fille pleurer dans son pelage, tout en lui prodiguant des paroles de consolation dans la tête. Nul doute que pour sa partie humaine, elle était prête à tout. Même si la Serdaigle ne lui demandait rien, au fond. Elle avait l’impression d’avoir un second Morten sur le dos, mais elle appréciait plus la présence de la louve que celle de son frère. C’était elle, d’ailleurs, qui lui avait conseillé d’écrire à son père. Tout avouer à quelqu’un, même sur le papier, l’avait soulagée d’un poids énorme sur le cœur. Et plus important encore, son père avait fait montre d’une compréhension à toute épreuve. Il avait appuyé son idée de tout dire à William, peu importe le moyen, et avait cherché des excuses à Morten, comme un père se doit de le faire.

Emma cessa de frapper contre la paroi, cela n’avait aucun effet. Qu’est-ce que la salle sur demande voulait lui faire passer comme message ? Qu’elle ne savait pas ce qu’elle voulait ? Elle refusait de l’admettre, trop obstinée qu’elle pouvait être parfois. Cela serait revenu à dire que toute son attention ne se concentrait pas sur le désir qu’elle se forçait à avoir, mais sur autre chose. Son véritable désir peut-être. Et cela s’avérait être… Elle frappa violemment contre le mur, alors sa main produisit un horrible craquement. La douleur lui arracha un juron indigne d’une jeune fille, tandis qu’elle regardait sa main sous toutes les coutures. Visiblement, elle ne s’était rien cassé, mais il s’en était fallu de peu. Et cela faisait tout de même un mal de chien. Avec un sourire ironique, elle songea qu’elle n’avait vraiment pas besoin de ça.
La Serdaigle avait jeté un rapide coup d’œil à son reflet avant de quitter l’infirmerie. Elle n’était pas belle à voir. Son visage était aussi pâle que si elle avait été morte, et les énormes cernes violettes, presque noires, sous ses yeux n’arrangeaient pas le tableau. Rien qu’un peu de poudre n’aurait pu arranger, mais comme elle ne se maquillait jamais… Ses cheveux étaient toujours aussi indomptables, cela rajoutait une touche de vitalité à son visage éteint : plus aucune lueur ne semblait briller dans ses yeux, cela aurait probablement brisé le cœur de son père. Sur sa lèvre inférieure, une plaie cicatrisait doucement. Il en était de même sur ses bras, ses mains, ses épaules et ses jambes, même si la plupart de ces parties de son corps étaient cachées sous les vêtements aujourd’hui. Les onguents et les potions n’avaient aucun effet dessus. Arthur, l’infirmier qui s’occupait d’elle, n’avait pas la moindre explication à ce phénomène. Elle, elle n’avait rien dit, mais elle pensait sincèrement que c’était dû au fait qu’elle n’avait pas vraiment envie de les faire disparaître de cette manière. Elle voulait se souvenir, au moins pour les jours à venir, et en garder une quelconque trace physique.

Elle colla son dos contre le mur et, lentement, se laissa glisser contre la paroi jusqu’au sol. Une fois assise, elle souleva ses fesses le temps de sortir l’enveloppe, et la fixa quelques instants. William Green, c’était ce qu’elle avait écrit. Comme si elle connaissait un autre William, et comme si cette lettre pouvait être adressée à un autre que lui. D’autant plus que, avec de l’argent qu’elle mettait depuis longtemps de côté pour le futur, elle avait offert, pour Noël, un balai dernier cri au Gryffondor, un Nimbus 1700. Même si elle aurait dû, elle n’arrivait pas à regretter ce geste. Il avait selon elle trop de talent pour le gâcher à voler sur des épaves. Elle espérait seulement qu’il ne découvrirait jamais que cette petite merveille venait d’elle, puisqu’elle l’avait envoyé anonymement.
La jeune fille laissa l’enveloppe tomber à côté d’elle, puis ferma les yeux en soupirant.


« Ce que je veux… Recommencer cette année à zéro, voilà ce que je veux. Et puis ce n’est … »

Emma s’interrompit. Un bruit de pas se faisait entendre, quelqu’un semblait se rapprocher. Elle n’avait pas vraiment envie qu’on la trouve en train de parler à un mur…

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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Mar 20 Juil - 0:59

« Ce que je veux… Recommencer cette année à zéro, voilà ce que je veux. Et puis ce n’est … »

Une voix que William ne connaissait que trop bien venait de prononcer ces quelques mots. Des paroles que le jeune homme interpréta mal, encore une fois, ne faisant que renforcer le quiproquo géant dans lequel ils étaient tous enfoncés jusqu'au cou.

Will finit de franchir les quelques pas qui le séparait de l'intersection de couloirs qui le menaient à la salle sur demande, et trouva Emma assise par terre, dos au mur. Cela faisait maintenant un peu plus d'une semaine qu'il ne l'avait pas vu, et il eut le cœur serré lorsque ses yeux se posèrent sur elle. Elle était amaigrie, pâle, visiblement exténuée. Sûrement malade, ce qui inquiéta instantanément William. Cependant, malgré tout ça, et même si ça faisait gnangnan, il ne pouvait pas s'empêcher de la trouver jolie. Ses cheveux en bataille, même non-coiffés, entouraient toujours son visage délicat de poupée, selon la vision du jeune Gryffondor. Même s'il avait bien appris qu'elle avait un sacré caractère, sa petite silhouette frêle mais gracieuse ne donnait qu'une envie à William : l'enlacer à l'étouffer, afin de la protéger contre tout, éternellement. Seulement, il avait pris du temps pour réfléchir, dernièrement. Il avait compris des choses, et en avait décidé d'autres.

Car ça faisait un peu plus d'une semaine qu'il s'était absenté de Poudlard. Il venait de revenir le jour même, il y avait à peine quelques heures. Après l'épisode du bal de Noël, Will en avait eu plus que besoin. Il s'en était fallu de peu qu'il ne pénètre dans la Forêt Interdite, et Merlin seul savait ce qu'il lui serait arrivé là-bas, il s'en était rendu compte après. Mais sur le moment, peu lui importait. Ce danger, il le voulait, même. Pour passer sa colère. Une colère qui finalement n'était pas seulement dirigée contre les bêtises d'Abigail et Daniel. Non, c'était un énervement général sur tout ce qui lui était arrivé ; un trop plein d'émotions, un ras-le-bol qui ne trouvait plus de limites ni de consolations. Une vie familiale plus qu'amputée, une histoire chargée et mouvementée à seulement 17 ans, une scolarité difficile... S'ajoutait à ça le fait de voir Morten tourner autour d'Abigail, et comprendre encore et toujours qu'Emma lui resterait inaccessible. D'habitude dans ces moments-là, William avait Daniel pour le soutenir. Sauf que cette fois-ci, Daniel faisait partie de la mascarade aussi. Le jeune homme s'était donc retrouvé tout seul au point culminant de sa colère, et complètement perdu, n'avait pas su à quoi se raccrocher.
Étrangement, c'était à une jeune demoiselle qu'il devait son salut. Ce soir-là, Esmée l'avait rattrapé, de justesse. Et il avait pu compter sur elle. Elle avait su trouver les mots pour le réveiller de sa torpeur rageuse.

Ensuite, il était parti. Il avait eu besoin de réfléchir loin de tout ça, tout seul. Les parents de Daniel avaient accepté de le ramener avec eux sans rien dire. Ils avaient eu la gentillesse de ne pas poser de questions, et de le laisser tranquille le plus souvent possible. Là, dans la quiétude de leur maison, soigné par des gens qu'il considérait comme ses parents, William avait retrouvé un semblant de paix.
Il savait qu'il allait devoir parler à Abigail et Daniel, ils n'y échapperaient pas. William avait juste demandé aux Carter de prévenir leur fils, et sa soeur, que le Gryffondor se trouvait chez eux, afin qu'ils ne s'inquiètent pas. Mais il n'avait voulu recevoir aucunes nouvelles pendant sa semaine de méditation. Il s'était rendu compte qu'il fallait qu'il lâche un peu du leste, principalement avec Abigail : William ne cessait de s'inquiéter pour elle, n'arrêtait pas de la couver, de la suivre, de vouloir savoir ce qu'elle faisait, avec qui, tout le temps. Ca lui faisait du bien à lui aussi de se dire qu'elle vivait comme elle voulait, et qu'après tout, c'était sa vie à elle. Quant à Daniel, le jeune homme devrait comprendre que s'il voulait que William continue de se confier à lui, alors qu'il savait que c'était particulièrement dur pour lui, il faudrait qu'il ne recommence jamais ce genre de coup bas.

Et puis, il y avait tout le chapitre Emma.
A force de petites flèches reçues en plein coeur, William avait réellement fini par comprendre que les sentiments qu'il avait étaient à sens unique. Il avait comprit aussi qu'il devait vraiment enterrer ses sentiments s'il voulait arrêter de souffrir autant. Mais pour ce faire, il allait avoir besoin de plus qu'une semaine en solitaire. Il lui faudrait du temps, Will le savait, pour s'empêcher d'avoir envie d'enfouir ses doigts dans les cheveux d'Emma, pour ne pas qu'elle le rende fou d'un simple regard, pour ne plus qu'il rêve d'elle toutes les nuits. Pourtant, il aurait tout fait pour pouvoir rester simplement ami avec elle. Il le souhaitait vraiment. Mais pour l'instant, William comprenait que c'était impossible s'il voulait pouvoir l'oublier.
Il devait à la Serdaigle de lui dire plus ou moins franchement tout ça. Will ne comptait toutefois pas lui avouer ses sentiments, mais il essayerait de lui faire comprendre qu'il avait besoin de remettre de l'ordre dans sa vie à lui, avant de pouvoir cohabiter avec d'autres vies.
Il sentait aussi qu'il devait à Emma des excuses, pour ce qui c'était passé le soir de Noël. William ne savait pas de quoi exactement elle était au courant, mais il voulait lui demander pardon de la part d'Abigail et de Daniel, même si c'était déjà fait. Lui demander pardon de sa part à lui aussi. Ça lui semblait plus poli, et plus respectueux.

En bref, il fallait qu'il lui parle, et il voulait le faire avec elle en priorité. Par chance, en rentrant dans la salle commune des Gryffondors, il n'avait pas croisé Daniel, et il avait donc pu déballer ses affaires tranquillement. William avait besoin de passer les étapes dans l'ordre qu'il avait prévu pour son retour à Poudlard, ça lui donnait au moins l'impression de contrôler un peu plus les choses.
De manière tout à fait incongrue, un énorme paquet avait attiré immédiatement son œil dès qu'il avait pénétré dans le dortoir et avait jeté un regard à son lit. A bien y réfléchir, ça n'était pas si étrange : Noël n'était pas bien loin, et on s'offrait généralement des cadeaux à ce moment-là de l'année. En s'approchant un peu plus, William avait pu découvrir un autre paquet plus petit, qu'il ouvrit en premier : un cadeau d'Abigail. Elle tenait toujours à faire un présent à son frère pour Noël, même si elle savait qu'il détestait royalement cette période. Et Will s'arrangeait toujours pour lui obtenir le cadeau de ses rêves, ou du moins quelque chose qui illumine le regard de sa petite sœur, elle qui adorait les fêtes de fin d'année. Il avait toujours son cadeau dans sa malle, il faudrait qu'il pense à lui offrir. Mais l'énorme paquet sur son lit restait toujours un mystère : qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Et surtout, de la part de qui ? Daniel ? William l'ouvrit à son tour, et ce qu'il y découvrit le fit reculer de plusieurs pas, comme si l'objet qu'il avait devant lui pouvait être dangereux. Un balai, tout neuf. Et pas n'importe lequel : un Nimbus 1700. Le dernier cri. Le must du must en ce qui concernait les balais de course. Un petit bijoux, que William détailla du regard avidement pendant plusieurs minutes, sans oser y toucher, trop émut pour en croire ses yeux. Ses esprits retrouvés, le jeune batteur s'empara de son cadeau pour le tourner dans tous les sens ; plus tard, il avait cherché une signature, une carte, un bout de papier même qui pourrait lui indiquer de qui venait ce présent inestimable. Il doutait que ça vienne de Daniel, qui ne roulait pas assez sur l'or pour ça, mais se demandait si la culpabilité de son ami avait pu le ronger au point qu'il casse sa tirelire pour ça. Will ne voyait de toute façon que lui pour savoir que c'était le cadeau dont il rêvait.

Le balai rangé soigneusement, William s'était résolument mis à la recherche d'Emma. Il n'avait pas non plus croisé Abigail en allant du côté de la salle commune des Serdaigles, où on lui appris qu'Emma n'était pas là, mais qu'elle avait été vue du côté du septième étage. Le septième étage...? Will avait tout de suite pensé à la salle sur demande. Elle l'utilisait peut-être toujours pour tester ses potions...? Il avait donc suivit la piste de son intuition, et c'est ainsi qu'il avait retrouvé la jeune fille devant le mur de la pièce secrète, visiblement frustrée de ne pas réussir à l'ouvrir.

William s'approcha d'Emma doucement, sans trop savoir comment elle allait réagir en le voyant et en l'entendant. Si ça se trouvait, elle lui en voulait pour le soir de Noël. Lui savait pertinemment qu'il n'avait rien fait, mais elle ne le savait peut-être pas. C'est pourquoi il devait parler vite, avant qu'elle ne puisse s'enfuir ou quoique ce soit de ce genre.


"Salut..."

Ça semblait un bon commencement, mais il allait falloir qu'il trouve autre chose à dire, et vite.

"Avant toute chose, je voudrais te présenter des excuses."

La voix grave de Will résonnait étrangement dans le dédale de couloirs, rendant encore plus solennelle sa déclaration.

"Je suis désolé pour ce qu'il s'est passé au bal de Noël. Je n'étais pas du tout au courant de tout ça, et crois-moi que si je l'avais été je me serais arrangé pour que ça n'arrive pas. Je me sens mal de savoir que tu as été mise dans une situation embarrassante, et que ça a pu te blesser... J'en suis sincèrement désolé, vraiment."

Et les mots étaient faibles. William avait été blessé personnellement, mais comme il venait de le dire à Emma, sa colère était aussi venue du fait qu'il n'avait pas été le seul à avoir dû se ridiculiser devant tout le monde. Et le pire pour la jeune fille, c'est que ses parents étaient là. C'était difficile pour Will d'imaginer ça, mais il se doutait bien que ça devait être d'autant moins agréable que ce genre d'évènements se produise devant sa famille.

"J'espère que tu ne m'en veux pas de trop. Pour ce qui est des fauteurs de trouble, compte sur moi, je vais me charger personnellement de leur cas", annonça-t-il, une lueur de détermination dans le regard.

"Mais..."

Les yeux de Will s'assombrir, couverts par un voile de tristesse.

"... Si tu veux réellement recommencer l'année de zéro, ou du moins faire comme si, on peut... Enfin je peux m'arranger pour m'effacer, si tu préfères. Tu sais, comme si je n'avais jamais existé... Si c'est réellement ce que tu souhaites, je suis prêt à le faire. Pour toi."

Il se mordit la lèvre ; il avait peut-être pensé trop haut, pour la dernière partie.
Bizarrement, c'était lui qui était décidé à prendre ses distances avec la jeune fille, mais une fois devant elle, sa détermination s'était complètement envolée. Il ne voulait pas faire comme s'il ne la connaissait pas. Il ne voulait pas ne plus lui parler, ne plus la voir, ne plus l'entendre. Pourtant, il savait à quel point ça lui était nécessaire à lui-même, s'il voulait pouvoir s'en sortir...

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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Mar 20 Juil - 16:23

"Salut..."

Emma ouvrit brutalement les yeux tandis que sa tête reculait et heurtait le mur assez durement. Un léger cri de douleur s’échappa de ses lèvres, mais ce n’était rien en comparaison de celui que venait de pousser son cœur. Cette voix, elle ne pouvait que la reconnaître. Elle en avait rêvée, elle en avait eu peur, elle avait désiré l’entendre plus que n’importe quel son ces derniers jours. La voix de William aurait pu facilement briser ses dernières résolutions, si elle ne s’y était pas accrochée comme à une bouée de sauvetage. Car elle le savait, la seule façon pour que tout s’arrange, c’était que tout cette histoire s’arrête nette. Que les ponts soient coupés entre eux, peut-être pas définitivement, mais juste le temps qu’elle se remette de ce premier chagrin d’amour. Avec de la distance, Emma était sûre qu’elle finirait par aller mieux. Il lui suffirait de se plonger dans les études, dans les recherches sur les familiers aussi, et tout s’arrangerait. Peut-être qu’alors elle et William pourraient devenir amis, pour de vrai cette fois-ci.
La Serdaigle se releva lentement tandis que le Gryffondor reprenait la parole, rapidement, comme s’il avait peur qu’elle ne s’enfuit en courant. Ce qu’elle, après tout, n’était pas loin de faire. Du moins, c’est ce que la tête ordonnait aux jambes, qui ne pouvaient obéir car le cœur avait comme qui dirait choisit de faire barrière entre les décharges électriques envoyées par l’organe nerveux principal du corps et les parties motrices. Elle resta appuyée contre le mur, qui venait de passer d’obstacle laborieux à inestimable soutien, pendant que William débitait son flot de paroles. Pour certaines, elle ne comprenait pas pourquoi c’était à lui de les dire. Les excuses par exemple auraient dû venir de Maëdy et Daniel, et même si elle concevait qu’ils devaient tous les deux se sentir coupables, elle ne voyait pas pourquoi c’était Will qui semblait en prendre la responsabilité. Elle aurait voulu intervenir pour le contredire, mais il ne lui en laissa pas le temps, aussi l’écouta-elle jusqu’au bout. Quand il eut fini, quand enfin William lui dit qu’il pourrait se tenir éloigné d’elle si c’était ce qu’elle voulait, Emma eut l’impression de ne plus pouvoir respirer. Comme si elle avait été en train de se noyer et que la pression de l’eau lui avait enserré la poitrine si violemment qu’aucune arrivée d’air n’était rendue possible. Elle ne réalisait pas vraiment que c’était lui qui proposait ce qu’elle finirait de toute façon par lui demander, et quand enfin elle comprit, les larmes lui montèrent aux yeux, tant et si bien que quelques perles salées roulèrent le long de ses joues pâles. Très vite, la jeune fille détourna le visage et essuya du revers de sa manche ses yeux emplis de larmes. Les sanglots dans sa voix lui donnaient un timbre tremblotant, d’autant plus qu’elle avait du mal à parler tant sa gorge se serrait à l’idée de ce qu’elle avait à lui avouer.


« Excuse-moi », réussit-elle à articuler au bout de quelques secondes de silence. « Je crois que je ne vais pas arriver à gérer ça comme je l’aurais voulu… »

La jeune fille inspira et expira le plus lentement et silencieusement possible, et il sembla qu’elle parvint finalement à calmer ses nerfs à fleur de peau. Elle avait tellement à lui dire qu’elle ne savait pas par où commencer, ni même comment expliquer tout ce qui leur arrivait. Elle qui, d’habitude, se montrait plus réfléchie qu’un adulte, elle était complètement démunie face à ce problème que tout adolescent rencontre au moins une fois dans sa vie. Elle se sentait maladroite, un peu ridicule, et surtout, chose qui ne lui arrivait pas couramment, elle regrettait son apparence. Elle aurait voulu avoir confiance en elle, juste pour ce moment-là, et s’être un peu arrangée. Maintenant, elle devait faire avec, et se sortir de cette situation une bonne fois pour toute. William, lui, lui semblait comme à son habitude, même s’il avait l’air un peu abattu, sûrement déçu de son comportement alors qu’il la considérait comme une amie. Pourtant, une lueur d’inquiétude brillait légèrement dans ses yeux, lueur qui bouleversa Emma, et qui lui fit comprendre que c’était tout ce qu’elle obtiendrait de lui. Elle soupira, puis se lança.

« Je… je pense que tu n’as rien fait que je doive pardonner. Je me suis toujours doutée que tu n’étais pour rien dans cette idiotie. Si Daniel et Maëdy ont décidé de se mêler de ça alors qu’ils n’auraient pas dû, il n’y a qu’eux à blâmer, non ? » Elle marqua une pause. « En revanche, je te dois des excuses. Non pas que j’ai participé à quoi que ce soit, au contraire je ne voulais pas aller à ce fichu bal. Pour le comportement de Morten. Je n’en suis pas sûre, mais je crois que je sais pour quelle raison il a fait ce qu’il a fait : c’était sa manière à lui de te blesser en te volant Abigail comme il se sentait blessé que tu… que tu tournes autour de moi, désolée, je ne vois pas d’autre manière de dire. Ça n’excuse pas son geste, et je ne le cautionne pas, mais je veux que tu saches que je suis sincèrement désolée que ce soit arrivé. »

Emma devait désormais aborder le sujet le plus délicat. Elle s’aperçut qu’elle avait laissé la lettre qu’elle avait écrite par terre, aussi elle se baissa pour la ramasser. Elle hésitait. Elle aurait très bien pu la donner à Will – cela lui épargnerait de se rendre à la volière et d’affronter tous ces affreux oiseaux – et partir, et tout serait fait. Seulement, maintenant qu’il était là, face à elle, elle sentait bien que si jamais elle agissait ainsi, elle le regretterait. Elle aurait honte de son comportement de lâche. Elle releva la tête et fixa William dans les yeux. Ses yeux qu’elle trouvait toujours aussi magnifiques, de ce bleu profond qui l’ensorcelait. Elle finit par s’en détourner, de peur de ne jamais arriver à parler autrement.

« Si tu tiens à t’en prendre à Daniel, je ne te retiendrai pas. Je pense que Maëdy a été suffisamment punie pour sa bêtise par contre, tout comme j’ai été sanctionnée pour la mienne. Tu te souviens de ce que tu m’as dit, le jour de notre dernière leçon ? Que nous étions amis ? » C’était plus des questions rhétoriques qu’autre chose, Emma n’attendait pas vraiment de réponse. Une nouvelle larme s’échappa de ses yeux, et elle ne la retint pas. « Je… ça ne va pas être possible, je suis désolée. Tu vois cette lettre ? J’avais tout expliqué dedans, je devais te l’envoyer aujourd’hui. Je ne suis pas très courageuse, tu sais, sinon, cela ferait déjà un moment que je t’aurais dit la vérité. Seulement, il y a eu le bal, et toute cette histoire, et je ne savais pas comment t’avouer… eh bien… ce que je vais te dire maintenant en fait. »

Emma se décolla du mur en faisant bien attention à chacun de ses gestes. Sa tête lui faisait un peu mal, du fait qu’elle se soit cognée quelques minutes auparavant, mais c’était surtout son cœur qui l’inquiétait. Il battait à la chamade, si fort qu’elle avait l’impression qu’on entendait que ça à travers tout le couloir, et il lui semblait qu’il allait finir par lâcher et s’arrêter brusquement. Avec toute la résolution qu’elle put rassembler, elle se tint, droite comme un i, devant lui, pour ce qu’elle espérait être leur dernière entrevue avant une longue période où ils ne s’adresseraient plus la parole. Ce n’était même pas dit que William accepte son amitié après cela, et elle le comprendrait parfaitement. Seulement, elle n’avait jamais imaginé que cela pourrait être aussi difficile de révéler à une personne que l’on est amoureux d’elle. Elle rangea la lettre dans sa poche, et, plaçant ses mains derrière son dos, commença à se triturer les doigts nerveusement. Elle cherchait les mots, mentalement, et ne semblait pas les trouver.

« Je vais essayer de ne pas tourner autour du pot, mais j’ai l’impression que je te dois un minimum d’explications quand même. Ça risque de ne pas être clair, et j’espère que tu m’en excuseras. »

Elle baissa la tête, incertaine de la manière dont elle devait se lancer.

« Je… il faut que tu saches que jamais je n’ai cherché, ou ne chercherai à m’immiscer entre toi et Abigail. Dis-lui bien qu’elle s’est inquiétée pour rien, que je n’ai jamais voulu que… Je ne voulais pas tomber amoureuse de toi, mais ce qui est fait est fait, je ne peux rien y changer, pas pour le moment. Je ne voulais pas menacer votre couple, et si c’est ce qu’elle a cru, j’en suis désolée. Vraiment. » Le plus dur restait encore à venir. « Je sais que ça va paraître égoïste de ma part, mais je n’arriverai pas à faire semblant Will. Je ne suis pas aussi forte que tout le monde semble le penser. C’est préférable qu’on ne se voit plus et qu’on ne se parle plus pour un moment, et je comprendrai tout à fait que tu ne veuilles plus que nous tentions d’être amis quand je serai… rétablie, on va dire. Maintenant que tu le sais, je suis désolée, je ne peux pas rester. Je ne peux pas le supporter plus longtemps… »

Aussitôt dit, aussitôt fait, elle commença à s’éloigner de lui. Elle se sentait à la fois soulagée, meurtrie, en fait, elle ne savait pas. Tout comme elle ne savait pas ce qu’elle voulait, elle était incapable de dire ce qu’elle ressentait. De la tristesse, certainement, comme en témoignaient les centaines de larmes qui n’attendaient plus qu’elle craque pour s’échapper de ses yeux.

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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Mar 20 Juil - 18:54

William avait lancé sa tirade sans presque s'arrêter, de bout en bout. Il n'y avait que lorsqu'il avait parlé de s'effacer qu'il avait buté sur les mots, beaucoup moins sûr de lui dans ses paroles. Et maintenant, il attendait le verdict, les points serrés, la mine sombre. Et surtout, avec un poids énorme sur la poitrine. Il s'était senti obligé de lui proposer de ne plus se voir, lui-même avait pris la décision de s'éloigner, mais là, en cet instant présent, Will n'avait qu'une seule envie : hurler à Emma tout ce qu'il avait sur le cœur.

Un cœur qui battait la chamade aussi vite que celui de la jeune fille, sans qu'il le sache.
Un cœur complètement serré, barricadé dans un étau horrible, qui attendait anxieusement la réponse de la jeune Serdaigle.
William s'attendait à quelque chose comme "oui, je suis désolée mais va-t-en", à de la colère peut-être après la désastreuse soirée de Noël, à un "non, ce n'est pas du tout ce que tu crois" miraculeux, mais certainement pas aux paroles qu'il entendit après quelques secondes - qui lui parurent durer une éternité. Emma commença par s'excuser, tout comme il venait de le faire lui-même pour la soirée du bal. Elle non plus n'y était pour rien, mais elle présentait des excuses à William à la place de Morten. Les poings du Gryffondor se serrèrent un peu plus à l'évocation de ce nom, mais ce n'était franchement pas le moment de revenir là-dessus, et certainement pas avec Emma. William avait déjà bien compris ce qu'avait voulu faire Morten. Il savait bien qu'il avait voulu lui faire ressentir ce que c'était de voir sa petite sœur pactiser avec l'ennemi. La différence cependant, c'est que William ne ferait jamais de mal consciemment à Emma. Il n'était pas prêt à jurer du tout que Morten n'irait pas blesser Abigail par pure méchanceté, ou indifférence.

Emma s'était tue, et leurs regards se rencontrèrent. William s'y plongea avec plaisir et désespoir à la fois, comme s'il voulait savourer avidement les derniers moment passés dans ces yeux profonds. Mais la jeune fille cassa le lien invisible en détournant le regard, et elle continua à parler. William, lui, ne pouvait s'empêcher de fixer son visage intensément, écoutant plus attentivement que jamais ce qu'elle disait.
D'autant plus attentivement qu'il crut que son cœur avait définitivement cessé de battre, alors qu'elle prononçait les paroles fatidiques "Tu te souviens de ce que tu m’as dit, le jour de notre dernière leçon ? Que nous étions amis ? Je… ça ne va pas être possible, je suis désolée". Elle allait lui dire qu'elle ne voulait plus lui parler, qu'elle ne voulait plus être mêlée à ses histoires, qu'il lui avait créé trop de problèmes depuis qu'ils se connaissaient. Et c'était vrai, il l'admettait volontiers. Mais jamais, jamais il ne les avait vraiment voulu. Et en ce qui le concernait lui, il avait beau avoir vécu l'enfer ces derniers temps, que ce soit à cause de Morten, des bêtises d'Abi et de Dan', ou même parce qu'il pensait que son amour pour Emma n'était pas réciproque, ça ne changeait rien : pour rien au monde, il n'aurait échangé sa rencontre avec la Serdaigle, et les moments qu'ils avaient passés ensemble. Même si tout ça avait finalement eu des conséquences assez désastreuses.

William ne put s'en empêcher, il ferma les yeux, alors qu'elle s'apprêtait à lui dire ce qu'elle appelait "la vérité". Il en avait déjà assez entendu à son goût, et avait déjà parfaitement compris tout ce qu'il avait besoin de comprendre, du moins selon lui. Il n'avait pas vraiment envie d'en savoir plus, maintenant qu'il était sûr et certain qu'elle ne voulait plus entendre parler de lui. Mais il n'allait pas la planter là et partir comme un rustre. Rester debout pendant les coups, il connaissait assez bien - même si en l'occurrence, les coups d'Emma n'était pas physiques, mais psychologiques. Will ferma donc les yeux, et attendit qu'elle parle.

Et il ne comprit strictement rien aux paroles d'Emma.

Du moins, dans un premier temps. Pourquoi lui parlait-elle d'Abigail ? De s'immiscer dans leur relation ? Qu'avait à voir sa sœur là-dedans ? De ce que William en savait, elle n'avait pourtant jamais été jalouse de qui que ce soit, surtout pas lorsque ça concernait les relations de son frère... Et puis qu'e... "Je ne voulais pas tomber amoureuse de toi, mais ce qui est fait est fait, je ne peux rien y changer, pas pour le moment."
A cet instant précis, le cerveau de William s'arrêta complètement. Il cessa parfaitement de penser, d'imaginer, de tourner et retourner les phrases dans sa tête. Il ne tentait même plus de comprendre ce que Abigail venait faire là-dedans. Tout son être venait de s'arrêter net sur cette seule et unique phrase, comme si le temps lui même était suspendu et n'était pas sûr non plus d'avoir réellement bien entendu. Et puis, suite à cette torpeur interrogative, vint la montée aux nuages. La chaleur intense qui se répandait toute entière dans le corps de William. Elle le réchauffa jusqu'au plus profond de son âme, et c'est seulement à ce moment que le jeune homme se rendit compte à quel point il avait été frigorifié intérieurement. Tétanisé par ce qu'il ressentait, et ce qu'il pensait à sens unique. Envahi par des sentiments qui l'étouffaient, à force d'être contenus. Will avait rouvert les yeux, et ne pouvait plus détacher son regard d'Emma. Il la contemplait de long en large. Ainsi, elle était bel et bien amoureuse de lui ? Elle, la Belle, ressentait quelque chose pour un garçon comme lui ? Il aurait voulu hurler de joie, sauter partout, danser, rire, pleurer même aussi, la prendre dans ses bras, la faire tournoyer dans les airs. Mais son corps refusait obstinément de bouger. Il n'arrivait même pas à ouvrir la bouche pour articuler quoique ce soit. Il ne pouvait que la fixer, bêtement, attendant qu'elle finisse de parler.

Ce n'est que lorsqu'elle s'éloigna que William redescendit un peu sur terre. En une fraction de seconde, le brouillard bienheureux dans lequel il se trouvait s'éclaircit. Jusque là, il avait encore du mal à croire qu'elle avait pu être amoureuse de lui, et réciproquement, et qu'aucun d'eux deux ne se soit rendu compte de rien. Mais il fit enfin le rapprochement avec Abigail, et si son coeur n'avait pas été autant remplit d'allégresse, Will aurait sûrement été parcourut d'une sueur froide : il ne savait pas bien comment c'était possible, mais Emma ne savait pas qu'Abi était sa sœur. C'était juste ça. Et elle l'aimait. Plus rien d'autre ne comptait.

Il s'élança, sans même prononcer un mot. Il n'en avait pas besoin, il n'en avait pas envie, c'était une perte de temps. Plus rien désormais ne le retenait de faire ce qu'il avait désespérément eu envie de faire depuis de longs mois. En quelques pas, il avait rattrapé Emma. D'un seul geste, il avait son poignet tout amaigri dans sa main, et il tirait la jeune fille en arrière, prenant tout de même garde à rester doux. Il ne voulait pas la blesser. Jamais. Et sans plus se poser de questions, enfin, il se pencha vers Emma et l'embrassa, avec toute la douceur dont il était capable. Non pas pour l'impressionner, ni quoique ce soit de ce genre. Simplement parce qu'il ne voulait que ça, et qu'il ne ressentait que ça, pour elle : une douceur infinie, et sans bornes, lui qui avait toujours vécu dans un climat de violence. Sentir les lèvres d'Emma sous les siennes, son souffle, son visage sous sa peau, ses cheveux entre ses doigts, tout ce bonheur intense lui faisait presque mal. Mais finalement, il avait le droit à un peu de paix. Enfin, les questions à s'en torturer l'esprit avaient cessées. Ils s'aimaient tous les deux, et c'était tout ce qui importait dans l'instant présent.

Alors qu'il avait presque encore sa bouche sur celle d'Emma, il ressentit le besoin impétueux de lui dire ces trois mots qui lui collaient à la peau depuis trop longtemps maintenant, sans qu'il ait jamais pu le lui avouer non plus. Ainsi, dans un simple souffle, avant même qu'elle ne puisse faire ou dire quoique ce soit, il articula doucement un "Je t'aime" d'une infinie tendresse, qui les enveloppa tous les deux dans un cocon protecteur. Il ne voulait plus la lâcher, c'était hors de question. Ses deux mains puissantes encadrant le visage de la jeune fille, les doigts entremêlés dans ses cheveux, Will posa son front contre le sien, et ferma les yeux. C'était enfin fini. Son calvaire avait enfin pris fin, et il espérait ardemment que celui d'Emma aussi. Et, dans cette simple position, William était heureux. Tout n'allait pas encore parfaitement dans sa vie, et ça ne serait sûrement jamais le cas. Mais il n'en demandait pas plus que ça. Il savourait juste le fait d'être avec celle qu'il aimait, de la toucher, de la sentir, et de savoir que c'était réciproque. Mais pour qu'Emma puisse aussi comprendre et trouver la paix, il lui devait des explications. Ce qu'il fit, sans bouger d'un pouce. Tout juste recula-t-il sa tête pour pouvoir plonger ses yeux dans les siens.


"Emma, je ne sais pas par quelle malédiction c'est possible, mais tu te trompes sur Abigail. Nous ne sommes pas ensemble, et nous ne le serons jamais. Elle s'appelle Abigail Green. Emma, Abi' est ma petite sœur."

Qu'est-ce qu'il se sentait bête, maintenant ! Une simple précision, et tous ces problèmes n'auraient jamais eu lieu ! Mais ce qui était fait est fait. Le principal, c'était qu'ils se retrouvent tous les deux, enfin.

"Alors oui, je l'aime au moins aussi fort que Morten semble t'aimer, et nous avons un passé qui fait que je ferai tout, absolument tout pour la protéger et pour qu'elle soit heureuse. Mais l'amour que j'éprouve pour elle n'a rien à voir du tout avec ce que je ressens pour toi, tu peux me croire. Je t'aime, Emma. Comme un fou."

William sourit, pour la première fois depuis plusieurs jours. Un vrai sourire, illuminé de joie et saupoudré de bonheur.
La soirée du bal de Noël lui revint en tête, et défila devant ses yeux en un instant. Il venait de comprendre ce qu'avait dû penser Emma à ce moment là, et en était d'autant plus désolé.


"Notre relation frère-sœur avec Abi' est un peu surprenante, je le sais bien, elle étonne beaucoup de gens. Il n'y a encore pas si longtemps, je pouvais affirmer sans aucun problème que je l'aimais plus que tout au monde. Nous sommes très proches, et c'est pour ça que c'était ma cavalière au bal de Noël. Pour ça, et parce que les fêtes de fin d'année ont une signification un peu particulière, pour nous. Et tout comme Morten n'aime pas me voir avec toi... Je n'ai pas supporté de le voir avec Abigail. D'autant plus parce que je savais très bien qu'il le faisait par pure vengeance, et pas parce que ma sœur lui importait plus que ça. C'est pour ça que je suis allé les interrompre, et aussi pour ça que je voulais encore une fois m'excuser auprès de toi. Ça n'était pas très chevaleresque de t'abandonner comme je l'ai fais."

Le visage de Will s'assombrit légèrement quand il se souvint de l'épisode suivant.

"Et... Pour le gui, je n'ai pas voulu t'embrasser, parce que... Je croyais que ce que je ressentais pour toi était à sens unique, et donc je ne voulais pas te forcer à m'embrasser, même sous prétexte que c'était la tradition. Et puis, si on devait avoir un premier baiser, je ne voulais pas qu'il se passe comme ça..." fit William en caressant la joue d'Emma, visiblement satisfait de la façon dont s'était réellement passé leur premier baiser.
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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Mer 21 Juil - 14:32

Emma n’en revenait pas. Voilà, tout était fini, d’une certaine manière. La prochaine fois qu’elle et William se croiseraient, elle l’ignorerait, pas par méchanceté ou quoi que ce soit du style, mais parce que c’est ce qu’elle aurait de mieux à faire, pour leur bien à tous les deux. De son point de vue, William était resté stoïque, si bien qu’elle en venait à se demander comment il faisait. Cette nouvelle ne devait pas le toucher plus que ça, au final. Après tout, il avait des amis sur qui compter, Daniel par exemple, même si ce dernier semblait avoir le cerveau en bouillie depuis une récente période. Et il avait Abigail… Alors qu’elle allait doucement recommencer à se torturer psychologiquement, elle perçut un bruit derrière elle. Sûrement le Gryffondor qui se décidait enfin à partir. Fait étrange, plus elle s’éloignait, plus elle semblait se calmer. Les larmes séchaient dans ses yeux, et son cœur reprenait un rythme normal. Oh, bien sûr, elle savait pertinemment qu’il lui faudrait du temps pour panser ses plaies. Mais elle avait bon espoir que cela ne soit pas si difficile et douloureux.

La jeune fille pensait que William était parti dans la direction opposée, et elle était trop plongée dans ses propres réflexions pour l’entendre s’approcher d’elle. Son poignet se retrouva emprisonné dans une main qu’elle ne reconnaissait que trop bien. Elle avait appris, avec le temps, à discerner quand il s’agissait du Gryffondor ou de quelqu’un d’autre, comme Morten. Elle fut tirée en arrière, avec délicatesse, et eut à nouveau à faire face au jeune homme. Elle voulut dire quelque chose, n’importe quoi pour qu’il la lâche et la laisse, mais elle n’en eut pas le temps. Il se pencha vers elle, et l’embrassa, avec une infinie douceur. Emma crut d’abord qu’elle était en train de rêver. Elle avait très bien pu s’assommer tout à l’heure, quand elle s’était cognée la tête. Discrètement, elle se pinça la hanche. La légère douleur lui confirma son impression ; tout cela était bel et bien réel. Son cœur semblait sur le point d’exploser de joie, ou de tristesse. Qu’est-ce qui lui prenait de faire ça ? Est-ce qu’il avait quoi ? Pitié d’elle ? Pensait-il franchement qu’elle était de ce genre de filles, qui n’ont pas plus de volonté que des poupées ?
Ces questions, et beaucoup d’autres encore, tourbillonnaient dans sa tête. Dire qu’elle était perdue aurait été un euphémisme. Déstabilisée, sans aucun point de repère, elle ne savait plus que penser. Car, au fond, elle était certaine qu’il ne faisait pas ça pour la blesser. Bien qu’elle n’ait pas beaucoup d’expérience en la matière, pour ne pas dire aucune, elle en aurait mis sa main à couper, il l’embrassait comme l’aurait fait un amoureux. Et elle, elle n’arrivait absolument pas à se laisser aller et à profiter du moment. Enfin, il arrêta le baiser avant d’articuler trois mots qui finirent de déboussoler totalement Emma.
"Je t'aime". Et Abigail dans tout ça ? Il l’oubliait ou quoi ? Alors qu’il calait son front contre le sien et fermait les yeux, elle scrutait le visage de William. Il semblait… soulagé, en paix. Comme si jusqu’à présent, il avait eu sur les épaules tout le poids du monde, et comme si on venait de le lui retirer. Il dut sentir que pour elle, quelque chose clochait, car, sans lâcher son visage pour autant, il se recula un peu pour la fixer dans les yeux.

Et là, il le lui dit. Il ne sortait pas avec Abigail, et jamais elle ne serait sa petite amie. Ils étaient frère et sœur. Plus que la gêne de s’être fourvoyée tout du long, c’est un calme absolu qui s’empara de la Serdaigle. Jusque là, son cerveau avait été en ébullition, tentant de comprendre, d’analyser alors qu’il lui manquait des bouts du puzzle. Elle voulut rétorquer que Green, comme nom de famille, devait être aussi anodin et commun en Grande Bretagne que Nielsen au Danemark, mais elle s’abstint. D’autant plus que William continuait de parler et que maintenant, elle pouvait l’écouter à loisir. Elle se délectait de son visage, dans le moindre détail, comme si elle n’en aurait plus jamais l’occasion. Pendant un court instant, c’était ce qu’elle avait cru, après tout… Tout devenait plus clair. Même si Emma ne savait pas vraiment depuis quand lui était au courant pour ses sentiments, il y avait un bon nombre de faits qu’elle comprenait mieux. Pourquoi il avait été aussi surpris d’apprendre qu’elle ne sortait pas avec Daniel… Combien les insinuations de Josh avaient dû le blesser. Et surtout le bal. D’ailleurs, il lui donna lui-même les explications. De son côté, elle se doutait que pour William, certains points s’éclaircissaient aussi. La réaction qu’elle avait eue, par exemple, quand il avait mentionné Abigail dans la salle sur demande. De la simple jalousie. Maintenant, cela lui semblait à des années lumières. Dans quelques temps, ils en riraient. Elle ferma les yeux pendant qu’il caressait doucement sa joue.


« Je me sens… idiote. » La jeune fille avait rouvert les yeux au moment où elle avait prononcé le dernier mot. « Et puis, c’est un peu de ta faute, hein. Si tu m’avais dit que tu avais une sœur, j’aurais peut-être fait le rapprochement. »

Un reproche ? Non, une simple constatation. Il savait beaucoup de choses sur elle, elle lui avait parlé de sa famille, de son envie de voler, de sa maladie aussi. Il l’avait vue et entendue jouer du piano, à son insu, certes, alors que même ses parents n’en avaient encore eu l’occasion. Elle avait partagé avec lui un nouvel échec, quand elle avait fait exploser son chaudron. Bien sûr, il n’était pas encore au courant des derniers évènements qui lui étaient arrivés, mais elle comptait bien lui en parler. Will, lui, il ne lui avait presque jamais rien dit sur lui. Mis à part le fait qu’il ait sous-entendu qu’il ne roulait pas sur l’or, ce à quoi elle n’avait jamais attaché une grande importance, elle avait l’impression de tout ignorer de lui. Mais cela viendrait en son temps. Emma avait toujours été patiente. De plus, elle pouvait largement concevoir qu’il n’ait pas eu envie de lui parler de lui avant ça, elle-même étant très réservée habituellement. Pendant de longs mois, ils avaient plus ou moins été deux inconnus qui se rencontraient une fois par semaine, et, même si des liens s’étaient créés petit à petit, il aurait fallu sûrement plus de temps au jeune homme pour qu’il fasse suffisamment confiance à la Serdaigle. Elle espérait juste que désormais, il arriverait à lui parler. Elle n’était, à vrai dire, pas certaine que son cœur saurait tenir le coup face à une autre histoire comme celle-ci.
Emma leva les yeux au ciel et se fustigea mentalement. Elle réfléchissait trop. Elle aurait mieux fait de profiter de l’instant présent plutôt que de se prendre la tête pour des bêtises. Seulement, elle eut comme un flashback qui la ramena à l’échange de cavaliers, pendant le bal.


« Abigail a… aidé Daniel ? » Elle réalisa, en moins d’une seconde, ce que cela avait dû signifier pour William, et fronça les sourcils. Franchement, même si cette tentative avait été faite dans le but de les rapprocher, et certainement avec les meilleures intentions du monde, elle ne pouvait s’empêcher de la trouver foireuse. Si le Gryffondor n’était pas parti, ça aurait sûrement été elle qui aurait pris la fuite. Et puis, on disait bien que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Sa main allait chercher celle de celui qu’elle aimait, et elle entrelaça ses doigts avec les siens. La différence de température entre leur peau la surprit un peu, elle ne pensait pas avoir les doigts aussi gelés. « C’est pour ça que tu es parti, n’est-ce pas ? Parce que tu t’es senti… trahi par les personnes que tu aimais le plus ? »

La jeune fille aurait voulu lui dire combien elle était désolée que tout se soit déroulé de cette façon, mais elle n’en fit rien. D’abord parce que cela n’aurait rien changé, et après parce que ce n’était pas de sa faute à elle. Elle pensait sincèrement que Daniel ou Abigail auraient dû essayer de leur parler avant de tenter vainement de les pousser dans les bras l’un de l’autre. Par rapport à sa camarade de dortoir, elle ne savait pas quel comportement elle devait adopter : colère, déception… Elle n’en voulait plus vraiment à Maëdy, parce que cette fille lui donnait l’impression de vivre parfois dans un monde à part. Elle aurait, en revanche, du mal à pardonner à Daniel ; il avait en quelques sortes détruit la maigre confiance qu’elle avait réussi à placer en lui, et pour le moment, elle était toujours en colère contre lui. Selon elle, il était l’instigateur de ce plan médiocre. Et puis il restait Morten.
Devait-elle raconter à William ce qui s’était passé entre elle et son frère une fois qu’il était parti ? La brunette se mordilla la lèvre inférieure, elle hésitait. Après tout, elle était encore folle de rage contre l’attitude de son aîné, et encore plus depuis qu’elle en connaissait la véritable signification. Il savait qu’elle n’accepterait pas ce comportement de sa part, pourtant, il l’avait fait quand bien même.


« Je ne suis pas restée très longtemps après ton départ. » Elle sourit tranquillement. « J’ai peut-être même un peu crié sur Morten, mais je ne pense pas que ça te dérange, n’est-ce pas ? D’ailleurs, en parlant de lui… » Elle s’interrompit pour redevenir sérieuse. « Je vais devoir lui dire. Ce que je ressens pour toi… Et le fait que nous sortons ensemble, si tu te décides à me le demander, bien sûr. A moins que tu ne veuilles pas que l’on s’affiche ensemble, justement à cause de lui… »

Cela reviendrait à se cacher, et à mentir. Emma ne souhaitait pas devoir passer par cette voie, mais c’était ce que William désirait, elle le ferait pour lui. Elle n’était pas certaine, par contre, que Morten ne comprenne pas qu’elle lui cachait quelque chose rien qu’en lisant dans son regard. Et elle ne pourrait pas l’éviter ad vitam aeternam. Malgré ce que lui avait écrit son père, la jeune fille, même si c’était seulement le début de leur relation, ne croyait pas qu’il s’agissait d’un banal premier amour. Cela s’était déjà vu, après tout, le grand Amour avec un a majuscule dès la première fois qu’on tombait amoureux. Et si Jens et Morten ne parvenaient pas à accepter son choix, soit, ce serait leur décision. Elle trouverait une alliée en sa mère, elle le savait.

« Qu’est-ce que tu veux faire ? Maintenant, et en général, je veux dire. »

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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Ven 23 Juil - 2:32

William sourit lorsqu'Emma lui reprocha gentiment de ne pas lui avoir dit qu'il avait une sœur. Il ne pouvait plus s'empêcher de sourire, peut-être de façon un peu béate. Mais c'était comme ça, il était heureux, et ses lèvres s'étiraient toutes seules, sans qu'il puisse avoir un contrôle là-dessus.
Pourtant, ce que disait Emma à demi-mots était vrai, et il le savait : elle savait très peu de choses de lui. Elle n'avait même pas su qu'il avait une sœur, et qu'elle la connaissait. C'était un des gros défauts de William : il parlait difficilement de lui. Avec des inconnus ou des connaissances, c'était normal et peu dérangeant. Mais ça le devenait tout de suite beaucoup plus lorsqu'il s'agissait d'amis ou de gens plus proches. Daniel lui avait déjà fait le reproche à de maintes reprises, et Will savait qu'il avait déjà parfois blessé son ami en refusant de se confier. Ce n'était pourtant pas un manque de confiance. C'était simplement des choses que William avait énormément de mal à partager. Parce qu'en parler l'obligeait à revivre ses souvenirs, au lieu de les garder enfouis au plus profond de sa mémoire et de tenter de ne plus y penser au quotidien. Parce qu'il se sentait honteux et misérable à côté des autres. Parce qu'il n'avait pas envie qu'on ait pitié de lui. Parce qu'il avait peur aussi. Peur que ça fasse fuir les gens qu'il aimait.

Heureusement, Daniel l'avait aidé à évoluer de ce côté-là. Et de toute façon, William savait qu'il allait bien falloir qu'Emma en sache un peu plus sur lui. Il aurait juste besoin d'un peu de temps, avant de vraiment tout lui confier.


"En fait, comme vous êtes à Serdaigle toutes les deux je pensais que tu la connaissais déjà avant moi... Et que donc tu savais déjà que c'était ma sœur. Mais oui, tu as raison et j'en suis conscient : je ne t'ai jamais dit grand chose sur moi. C'est un travers que j'essaye de corriger."

Emma sembla ensuite comprendre un peu mieux ce qui avait pu se passer à la soirée de Noël. Will hocha la tête en réponse à ses questions, tout de suite moins joyeux lorsqu'il se souvenait de ce qu'il s'était passé, et à quel point il s'était senti trahi.

"Tu comprendras mieux lorsque je t'aurais expliqué, mais Dan' est un peu comme un frère... Et Abi' et lui ne se privent pas pour comploter et m'en faire voir de toutes les couleurs. Sauf que d'habitude, c'est moins lourd de conséquences, moins grave et moins idiot."

Il sentit un long frisson de plaisir lorsque la jeune fille fit enfin le premier geste de tendresse envers lui. Il savoura le moment où elle leva sa main et que leurs doigts s'emmêlèrent, même si les siens étaient particulièrement froids. Lâchant son visage de cette main, Will emprisonna celle d'Emma dans la sienne et la serra contre lui pour la réchauffer. Mais il n'abandonnait toujours pas ses yeux.

"Trahi oui. Manipulé, surtout. Je déteste qu'on me force à faire des choses contre mon grès, et quand j'ai vu qui étaient les auteurs de cette mascarade oui, ça m'a fait particulièrement mal. Et quand en plus j'ai vu que tu subissais aussi tout ça, ça a été pire. Je suis parti et... J'ai voulu aller dans la Forêt Interdite."

William se doutait qu'Emma n'allait pas être ravie de cette révélation, mais si il voulait réellement qu'elle en sache plus sur lui, si il voulait vraiment être honnête avec elle, il devait au moins commencer par là.

"J'ai passé une semaine entière chez les parents de Daniel, seul, à réfléchir à tout ça. Ça m'a fait beaucoup de bien. Je voulais absolument te voir en première pour te parler, mais je vais aussi devoir avoir une sérieuse discussion avec Daniel et Abigail. Que ce genre de situation ne se reproduise plus. Quoique maintenant, ils n'auront plus de raison d'essayer de nous pousser dans les bras l'un de l'autre..." fit-il en souriant.

Il l'écouta ensuite lui livrer sa version à elle du bal, et de ce qu'il s'était passé pour elle une fois qu'il était parti. Will vit bien qu'Emma hésitait, et il comprit pourquoi ensuite. Il allait falloir qu'elle annonce tout ça à Morten, et ça n'allait pas plaire au Serpentard. Malgré tout, le Gryffondor ne put s'empêcher de sourire largement lorsqu'il entendit la suite de ses paroles. Pas de doute, il l'adorait. Souriant toujours, Will mit un genou à terre, les mains d'Emma dans les siennes. Ça devait peut-être avoir l'air grotesque, vieux jeu, loufoque, mais il s'en moquait : il était parfaitement sérieux dans ce qu'il faisait.


"Emma Nielsen..." commença-t-il solennellement.

"Acceptez-vous de sortir avec moi et de devenir officiellement ma petite amie ? Ça me ferait réellement très, très plaisir, et vous m'accorderiez ainsi le plus beau cadeau qu'il me serait donné d'avoir."

Il était hors de question qu'il se cache. D'abord, parce que dès à présent il avait envie de crier sur tous les toits qu'il était amoureux d'Emma. Ensuite, parce qu'il avait déjà subi le coup de la relation cachée, et ça avait été particulièrement douloureux et terrible pour lui. D'ailleurs, il faudrait également qu'il parle de June à Emma, avant qu'elle ne l'apprenne par des bouches moins bienveillantes.
Cela dit, effectivement, il y avait encore des doutes et des interrogations qui ne manquaient de se soulever en lui sur le fait qu'ils sortent tous les deux ensemble à la vue de tous. William avait été particulièrement marqué de son expérience avec June. Lorsqu'ils avaient finalement décidé de s'afficher ouvertement, ils avaient dû essuyer les insultes, les regards mauvais, l'incompréhension, la jalousie, la bêtise de l'ignorance. Et June avait fini par être blessée intentionnellement. William ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il pourrait peut-être arriver la même chose à Emma ; et ça, il ne le supporterait pas. Cependant, la situation était différente. Si son couple avec June avait tant déplut, c'était avant tout parce qu'il était un Gryffondor et elle une Serpentard. Emma était à Serdaigle, et les relations entre les deux maisons étaient nettement différentes. Mais la peur n'étant pas quelque chose de rationnel, Will avait du mal à contrôler les siennes. Pourtant, son bonheur et son excitation lui permettait pour l'instant d'enfouir toutes ces inquiétudes au fond de lui. Il en parlerait plus tard à Emma.

Se relevant, il garda les mains de la jeune fille dans les siennes.


"Si tu savais comme je serais fier et heureux que l'on puisse juste s'aimer, et ça devant tout le monde..." murmura-t-il doucement. "Mais, et je suis très sérieux là-dessus... Je comprends parfaitement combien ça va être compliqué avec ton frère. Et si tu préfères attendre un peu avant qu'il soit au courant, attendre avant de lui parler, réfléchir ou je ne sais quoi d'autre... Je t'attendrais le temps qu'il faudra, même si ça doit durer longtemps. Je veux être avec toi, mais si ça doit te blesser, je saurais me faire petit.

Et quand à ce que j'ai envie de faire là, maintenant..."


William souleva la jeune fille avec une facilité déconcertante et la fit tournoyer quelques secondes avant de la reposer à terre en riant. Il avait eu envie de faire ça depuis qu'elle avait dit être amoureuse de lui. Puis il lui prit une nouvelle fois la main, et après avoir affronté le mur de la salle sur demande, il réussit à faire apparaître la porte qu'il ouvrit, entraînant Emma à sa suite. A l'intérieur, la pièce était l'exacte réplique de la toute première fois qu'ils s'y étaient retrouvés tous les deux : une immense baie vitrée illuminant le reste, avec vue sur le terrain de Quidditch au loin, un chaudron dans le coin de la pièce, des étagères remplies de fioles, un canapé moelleux et surtout, un piano. William trouvait ça parfait. Prenant Emma par la taille, il la serra dans ses bras, avant de l'emmener vers le canapé où il s'assit, lui faisant signe de prendre place à côté de lui.

"J'adore cette pièce telle qu'elle est là", commença-t-il pour tout préambule en promenant son regard dans la salle. Puis, sans se tourner complètement vers Emma, il continua, après avoir pris une longue inspiration. "J'ai toujours eu beaucoup de mal à me confier. Ça s'est amélioré petit à petit, et principalement ces dernières années, grâce à Daniel, mais ça reste un véritable problème pour moi. Alors... Je vais essayer de te raconter le plus de choses possibles sur moi là, mais je vais sûrement avoir besoin de temps pour arriver à aborder certains sujets. Ne le prend pas mal du tout, ce n'est pas du tout que je n'ai pas confiance en toi. C'est juste que... Ça n'est pas toujours très agréable."

Il ne pouvait pas regarder Emma dans les yeux, tellement il avait honte de ce dont il allait lui parler. Du coup, il préféra fixer le sol, allant parfois promener ses yeux jusqu'à la baie vitrée.

"Mes... Parents se sont mariés jeunes. Ma mère est une sorcière, mais sa famille l'a rejetée assez tôt et elle n'en parle jamais, ce qui fait que je ne les connais pas du tout. Elle est tombée amoureuse de mon père, et a dû croire pendant un temps en des rêves de petite maison bien propre avec une famille aimante. Seulement mon père n'était pas un enfant de cœur et de ce que j'en sais, ça a empiré quand il a apprit que sa femme était une sorcière... Je pense que s'ils avaient été seuls, il l'aurait quitté à ce moment-là. Sauf que lorsqu'il l'a appris, nous étions déjà trois enfants, et je ne sais pas de trop, il a dû vouloir remplir son rôle de père, quelque chose comme ça. Mais il est devenu alcoolique très vite. Je ne crois pas avoir des souvenirs de mon père sans un verre à la main. Il a fini par être saoul perpétuellement. Et... Un jour, il s'est mis en colère, et ça a dérapé. Il est devenu violent."

William était pourtant encore petit à l'époque, à peine devait-il avoir 5 ans. C'était peut-être le tout premier souvenir dont il se rappelait, et pourtant il aurait réellement voulu pouvoir le supprimer de son esprit. C'était un espèce de brouillard, une vision floutée, des bribes passagères. Mais c'était trop clair dans son esprit, pourtant, la première fois où son père avait levé la main sur un de ses enfants. Il s'agissait de Meryl. Le pire, c'est que ça n'avait pas été la dernière fois.

La mâchoire de William se serra à ces souvenirs, et ses yeux devinrent plus durs.


"Une fois qu'il a eu un peu repris ses esprits, mon père s'est rendu compte de ce qu'il avait fait, et il est parti de la maison... Sauf qu'il y revenait à chaque fois qu'il rebuvait de trop. On a vécu pendant des années dans une espèce de peur constante, sursautant au moindre bruit. On ne pouvait pas déménager parce que ma mère n'avait pas encore d'argent, et parce que contre toute attente, elle était toujours amoureuse de mon père. Elle le craignait, mais a toujours voulu qu'il revienne. Elle ne s'est jamais caché de le préférer à ses enfants.

Et donc, j'ai un grand frère. Il s'appelle Meryl. Mais je ne le connais quasiment pas, c'est un étranger pour moi. Il rentrait à la maison le moins possible quand il était jeune, il était très solitaire, et dès qu'il a pu partir, il a quitté la maison. Il ne s'est jamais intéressé à nous.
Si je suis arrivé à m'en sortir à peu près malgré tout ça, c'est grâce à Abigail. C'était... Mon petit rayon de soleil."
Will ne put s'empêcher de sourire à l'évocation de sa sœur. "J'ai toujours considéré comme de mon devoir de la protéger de nos parents. Mon père ne l'a jamais touché. On a grandi ensemble ; c'est ma seule famille, je n'ai jamais eu qu'elle, et inversement ; c'est pourquoi nous sommes si proches aujourd'hui. J'ai besoin de la voir régulièrement, sinon je ne vais pas bien..." avoua-t-il doucement.

Et Merlin savait que Will se sentait mal de ne pas lui avoir parlé depuis une semaine entière, et surtout d'être fâché contre elle. Jamais il n'avait "tenu" si longtemps sans qu'ils règlent le problème ; en fait, jamais il n'avait réellement été en colère contre elle. Et même là, tout comme pour Daniel, la semaine qu'il avait passé à réfléchir lui avait permis de prendre du recul : il se rendait bien compte qu'ils avaient fait ça "pour son bien", même si ça pouvait paraître plus que douteux. Il leur en voulait à tous les deux, mais il lui tardait aussi que les choses s'arrangent. Il avait besoin d'eux.

Il reprit ses révélations, se tournant cette fois légèrement vers Emma pendant qu'il parlait.


"Donc tu vois, je n'ai pas vraiment été élevé dans une famille "de la haute". En plus de ça, j'ai commencé à mal tourner quand j'étais gamin. J'avais de très mauvaises fréquentations. Il n'y a eu que ma sœur pour m'empêcher de m'enfoncer trop loin dans les ennuis. Mais j'ai tout de même fait des choses dont je ne suis pas très fier." Mais pour cette partie-ci, William préféra s'arrêter-là. Il n'était pas certain que ce soit vraiment une bonne idée de raconter ces choses là à Emma tout de suite. Et il n'était pas non plus certain d'avoir envie qu'elle le sache. "Bref, tu vois, je ne suis pas vraiment le garçon idéal, et je ne dis pas ça pour plaisanter. J'ai des parents que je considère comme inexistants, et j'évite le plus possible de retourner chez eux - on essaye de passer le plus possible de nos vacances scolaires chez les Carter. J'ai fréquenté de mauvaises personnes, pris de très mauvaises habitudes, je ne suis pas du tout un élève modèle, et la seule matière pour laquelle je sois bon, c'est le Quidditch, qui ne me fera pas trouver un travail plus tard... Et... Mon père a dû me transmettre son gène de violence, il faut croire."

Si William avait dit ça sur le ton de la plaisanterie, il n'en était strictement rien en vérité. C'était la toute première fois qu'il avouait à quelqu'un sa peur - panique - de ressembler à son père, même si c'était dit sur un ton prétendument léger.

"Donc... Est-ce qu'en sachant tout ça, tu... Enfin tu sais... Est-ce que tu es toujours bien sûre de m'aimer...? Je veux dire... Il vaut mieux que tu changes d'avis maintenant, plutôt que plus tard, je crois. Ça fera certainement moins mal..." dit William avec un petit sourire contrit.

"Et si tu as d'autres questions sur moi... Je pense que c'est le moment qu'on en parle. J'essayerais de t'y répondre au mieux. Et pour ma part, j'aimerais bien que tu me parles un peu de toi, même si je sais déjà quelques petites choses..."
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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Ven 23 Juil - 15:39

La main de William se resserra sur la sienne, à la fois avec fermeté et douceur, puis il la rapprocha toute entière de lui. C’était comme si sa chaleur interne irradiait de lui, à travers ses mains, dans le seul but de la réchauffer. Emma se rendit alors compte de l’intensité du froid qui l’avait tenue jusque là. Pour un peu, elle en aurait frissonné. C’était comme si William était le soleil, et elle une plante : elle ne pouvait sortir de sa torpeur et être vivante qu’en la présence du jeune homme. Tout comme lui, elle ne le quittait plus du regard, prête à se noyer éternellement dans l’océan de ses yeux bleus.
Puis il mentionna la Forêt Interdite. Ce léger détail fit perdre son sourire à Emma. D’un point de vue rationnel, elle comprenait qu’il ait eu besoin de se défouler suite à ce cataclysme qu’avait été le bal –elle-même, avec quelques différences tout de même, avait bien détruit la salle d’eau des Serdaigles de cinquième année. Seulement, d’un point de vue affectif, son cœur se serra à l’idée qu’il aurait pu lui arriver quelque chose, et probablement rien d’anodin. Sa seule appréhension, c’est qu’il avait dit avoir voulu s’y rendre ; cela pouvait très bien signifier qu’il n’en avait rien fait au final.

William expliqua ensuite qu’il n’était pas resté à Poudlard après cela. Et si elle était la première personne du ‘complot’ qu’il était venu trouver, cela voulait dire qu’il n’était pas au courant de son dernier séjour à l’infirmerie, ni même de ce qu’il s’était passé dans la Tour des Serdaigles le soir du 24 décembre. Emma s’apprêtait à ajouter quelque chose au sujet de Daniel quand le Gryffondor, gardant toujours ses mains dans les siennes, se baissa et mit un genou à terre. La jeune fille écarquilla les yeux, pas certaine de comprendre ce qu’il faisait. Ou plutôt, elle avait lu tant de livres où le héros faisait sa demande de cette manière qu’elle commençait à trouver que peut-être Will brûlait les étapes. Ses joues se colorèrent de rouge. Et s’il posait vraiment la fameuse question ? Il lui épargna de nouvelles réflexions en lui demandant simplement de sortir avec lui. Ce qui ne fit qu’accentuer le sourire d’Emma, ainsi que le rouge sur ses joues. Elle répondit oui, sans aucune hésitation. Et réalisa que si William avait vraiment fait sa demande, elle lui aurait fait la même réponse. Parce qu’avec lui, elle perdait son côté rationnel, conforme au bon sens. Mais bon, ce n’était pas pour aujourd’hui. Elle ne voulait pas se dire que cela pourrait ne jamais arriver, cela reviendrait à déclarer que leur couple n’avait aucun avenir avant même que leur histoire ait commencé.

Tandis qu’il se relevait, la Serdaigle crut apercevoir une lueur d’inquiétude dans les yeux de William. Associée à ce qu’il ajouta après, sur le fait d’attendre, elle interpréta de travers. Et puis, il était hors de question d’attendre. Avant qu’elle n’ait pu dire quoi que ce soit, il la souleva et la fit tournoyer dans les airs, comme si elle avait été aussi légère qu’une plume. Cela la fit rire. Ensuite, il fit apparaître la porte de la salle sur demande. En passant le seuil, elle remarqua immédiatement que c’était l’exacte réplique de la salle qu’elle avait imaginée lors de la première leçon ; il y avait même un chaudron. La vue sur le terrain de Quidditch était époustouflante, rendue peut-être encore plus sublime avec la neige. Emma adorait la neige. Cela lui rappelait les vacances passées au Danemark, où, généralement alliée avec les faux jumeaux, ils faisaient des batailles de boules de neige contre Morten.
Elle suivit Will jusqu’au canapé et s’assit à ses côtés. Visiblement, il avait décidé de se livrer un peu, et elle ne put qu’apprécier cette marque de confiance. En revanche, ce qu’elle apprit fut loin de la ravir : elle avait beau savoir pertinemment que toutes les familles n’étaient pas comme la sienne, heureuse et aimante malgré les problèmes, elle était loin de se douter que l’environnement familial dans lequel Will avait grandi était aussi infernal. Pas étonnant qu’il défende Abigail bec et ongles.

Quand il eut fini, surtout qu’il commençait à dire des bêtises, Emma resta silencieuse. D’abord parce qu’elle assimilait déjà toutes les informations, et ensuite parce que la dernière question qu’il lui avait posée ne la faisait pas sourire du tout, elle. Avant toute chose, elle retira son pull. Elle commençait à avoir trop chaud, et le chemisier blanc qu’elle portait en dessous devrait suffire. La couleur, en plus, faisait en sorte que son visage ait l’air moins pâle, ce qui était un atout supplémentaire. Elle posa ses mains sur les épaules de William, et, délicatement, vint s’asseoir sur ses genoux, ses propres jambes de chaque côté de celles du Gryffondor. Ses mains remontèrent lentement jusqu’au visage du jeune homme, le bout de ses doigts caressant la peau qu’ils frôlaient. Elle déposa un baiser sur ses lèvres, puis lui sourit gentiment.


« Si tu espérais me faire fuir, c’est raté. Comme si j’attachais la moindre importance au passé. C’est de la personne que tu es maintenant que je suis amoureuse, pas de celui que tu étais, ni de ta famille. »

Elle caressa sa joue du bout du pouce.

« Tu sais, si tu as peur de devenir comme lui, dis-toi que tant que tu t’en inquièteras, ça n’arrivera pas. C’est ce dont je suis sûre, moi.

Quant à ce que tu as dit tout à l’heure… Je vais me débrouiller pour voir Morten aujourd’hui. Plus tard. Pour l’instant, je veux surtout être avec toi. Ma réponse est non : je ne veux pas attendre. Reporter le moment où on pourra enfin être bien, tous les deux ensemble, je ne veux pas. Je n’ai pas envie que tu te réveilles demain matin en ayant changé d’avis et que tu ne veuilles plus de moi.

J’assume complètement de t’aimer, même si je sais que ça ne va pas être facile. Si on se cachait, j’aurais l’impression de ne pas être fidèle à mes principes. Tu comprends ce que je veux dire ? »


Morten serait bien forcé de l’écouter, s’il voulait avoir la moindre chance qu’elle lui pardonne son comportement lors du bal. Et puis c’était l’anniversaire d’Emma, et elle ne doutait pas qu’il essaierait la voir, ne serait-ce que pour lui souhaiter. Emma réalisa d’ailleurs, après, qu’en ce jour, elle prenait une année de plus. Seize ans. L’an prochain, aux yeux du monde sorcier, elle serait majeure. C’était étrange, elle avait l’impression que rien n’avait changé. Enfin si, il s’était passé tout de même tout un tas d’évènements qui l’avaient transformée : elle était amoureuse, et aimée en retour, elle avait affronté sa magie et s’en était sortie. Elle avait, sinon plus confiance en elle, au moins appris à se montrer plus forte que les troubles qui lui étaient tombés dessus.

« Jeg elsker dig » Elle lui murmura ces mot au creux de l’oreille avant de l’embrasser sur la joue.

« C’est du danois. Ça veut dire ‘je t’aime’. Je suis née là-bas, au Danemark. Dans ma famille, il n’y a que ma mère qui a la double nationalité, parce qu’elle est née en Ecosse. Sinon, nous sommes tous Danois. Si on a dû déménager, c’est à cause de moi.
En fait, la famille de mon père remonterait jusqu’aux vikings, et on habitait près de Horsens. J’ai au ma première crise d’épilepsie à six ans, c’est là qu’on me l’a diagnostiquée. Ça, encore, ça ne nous a pas trop perturbés. Après, les médicomages se sont rendus compte que je ne pouvais pas prendre la potion anti-convulsions, à cause d’une allergie. Tu sais, je crois que ceux que ça a le plus touché, c’est mon père et Morten. Lui, ça doit être de cet évènement qu’est né son comportement ultra-protecteur. Peu de temps après mon hospitalisation, mes parents ont reçu une lettre de Durmstrang. On ne pouvait plus aller étudier là-bas, alors on a quitté le Danemark. »


Elle ne put retenir un sourire légèrement ironique.

« C’est bien la première fois que je suis contente d’avoir déménagé, cela m’aura permis de te rencontrer. »

Elle continua à lui résumer sa vie après cela. La jeune fille raconta comment elle avait rencontré Joshua, son jeune voisin, les bêtises qu’ils avaient pu faire tout les deux. Les cours de musique auxquels sont père la fit aller après le départ de Morten, elle les évoqua aussi, avec les yeux qui brillaient doucement. Elle omit de parler de la famille de sa mère, et particulièrement du mari de sa sœur. Elle n’en voyait pas vraiment l’intérêt, et puis ce n’était pas quelque chose de franchement agréable. Elle lui expliqua qu’elle n’avait vraiment commencé à parler l’anglais qu’à partir de cette période-là, et qu’en arrivant à Poudlard, elle avait toujours son accent danois, qui lui avait attiré quelques moqueries jusqu’à ce que Morten s’en mêle. Elle lui décrivit aussi les mesures que le directeur avait prises pour qu’elle puisse étudier aussi normalement que possible : Fumseck, les professeurs prévenus, la dispense du cours de vol…

« Et puis… l’an dernier, les crises ont empiré. Je ne suis pas la mieux placée pour t’en décrire une, je ne peux que reprendre ce que mes frères et ma sœur m’ont dit : tu perds conscience, tu t’écroules et tous tes membres se raidissent et se contractent, puis tu convulses. En fait, cette partie-là va très vite… C’est après, c’est le coma qui est le plus long dans tout ça. Depuis ma quatrième année, non seulement je perds le contrôle de mon corps, mais aussi celui de ma magie. »

Avec difficulté, la Serdaigle narra l’explosion de son violon, retrouvé en miettes, c’était un souvenir particulièrement douloureux pour elle, car elle tenait à l’instrument comme à la prunelle de ses yeux. Elle continua en lui racontant comment cela semblait évoluer, avec son passage à l’infirmerie suite à sa crise de nerfs après l’explosion des chaudrons. Elle eut l’obligeance d’afficher un air penaud, car elle se rappelait l’épisode de la veste, quand il avait accepté qu’elle sorte à la seule condition qu’elle la porte. Et puis il y avait eu le bal.

« Je sais que ça va beaucoup y ressembler, » murmura-t-elle alors qu’elle remontait sa manche pour lui montrer le bandage à son bras, « mais ce n’est pas ce que tu crois. »

Et de lui décrire comment, folle de rage, elle avait complètement fait exploser la salle de bains, les éclats de miroir, l’apparition de Cassie, la blessure transférée… Elle ajouta qu’elle ne se souvenait pas de grande chose après cela, juste qu’elle s’était réveillée à l’infirmerie le lendemain. Elle expliqua qu’elle n’en était pas sortie entre temps, et s’était mise à lui écrire pour tout lui expliquer. Elle avait recommencé plusieurs fois, sans arriver à un résultat qui lui convenait véritablement. Après, il y avait le fait qu’elle et Cassie aient fait connaissance, si on pouvait parler ainsi pour ce qui semblait être deux parties d’elle-même.

« Voilà, c’est tout ce que je vois pour le moment. Si tu veux me poser des questions, toi aussi…

Je n’en ai, quant à moi, qu’une seule, et c’est une question qui fâche : avant moi, il y a eu combien de filles ? Que je sache au moins à quel point je vais avoir l’air inexpérimenté… »


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Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Jeu 29 Juil - 17:30

William avait l'impression de ne plus arrêter de sourire. Mais après tous ces mois un peu maussades, ça lui faisait un bien fou. Il s'enivrait un maximum de ce bonheur, justement parce qu'il savait, de par ses expériences personnelles, que ça pouvait très bien ne pas durer. Il en avait peur, d'ailleurs. Les joies qu'il avait eu dans sa vie ne perduraient jamais bien longtemps. Abigail avait toujours été à ses côtés bien sûr, mais l'ombre malveillante de leur père avait également toujours pesé. Son histoire avec June avait dès le début été semée d'embûches. Son amitié avec Dan l'aidait heureusement à mettre un peu de gaieté dans tout ça. Mais il avait peur que ce début d'amour partagé avec Emma rencontre très vite un obstacle, un problème ; et côté soucis, William avait de l'imagination à revendre : Morten qui se mettrait sur leur route, Emma qui se rendrait compte que Will n'était pas pour elle, qui finirait par avoir peur ou marre de lui, ses parents qui refuseraient de la voir avec un voyou pareil, les propres parents de Will qui reviendraient, il ne savait pas trop comment, gâcher son existence... Bref, il pouvait en faire tout une liste.

C'est pourquoi il tentait d'en profiter à fond, pour le moment. Peut-être plus que n'importe qui pouvait essayer de retenir l'essence même d'un instant, Will s'inspirait des odeurs, des touchers, des sons de ce qui l'entourait. Pour tout graver dans sa mémoire. Il fut ravi lorsqu'elle entreprit d'elle-même de venir s'installer sur lui, et entoura la taille de la Serdaigle de ses bras, lui caressant le dos doucement.
Emma le rassérénait déjà. Bien entendu, sa peur de devenir comme son père ne s'était pas évaporée, trop profondément ancrée tout au fond de lui pour qu'une seule phrase l'y efface. Mais les paroles de la jeune fille l'avaient apaisé, au moins un peu. Tant qu'il aurait peur d'être comme son père, il serait différent. Il s'accrocherait à cette pensée, quand ce genre d'idée tracassante viendrait frapper à sa porte. Pour autant, elle disait se fiche du passé et de sa famille, et de n'être amoureuse que de celui qu'il était maintenant : seulement justement, William ne se sentait pas à la hauteur au présent. Mais il mit ça de côté pour l'instant.

Au contraire, il rit légèrement lorsqu'Emma évoqua le fait qu'il puisse se réveiller et avoir changé d'avis.


"Si j'avais dû changer d'avis à ton propos, ça serait fait depuis des mois déjà. Ça m'aurait évité de sans arrêt me torturer l'esprit", dit-il en souriant en coin, soupçonnant bien que ça avait dû être pareil pour Emma. "Donc maintenant que le plus dur est fait, je te garde !"

Il était heureux, et il ne pouvait pas s'empêcher de plaisanter dans ces cas-là. William avait beau avoir connu beaucoup de difficultés, c'était tout de même un garçon dynamique et amusant quand son quotidien s'éclairait un peu. Et là, il était ébloui de lumière.

"Mais oui, je comprends ce que tu veux dire. Quand on est amoureux, malgré les obstacles qu'il peut y avoir, on a envie que tout le monde le sache. Mais... Parfois, c'est plus compliqué que ça."

Bien entendu, June lui revint à l'esprit. Mais il essaya de l'y chasser rapidement : tout ce qui comptait pour l'instant, c'était Emma.
Il l'écouta avec une très grande attention lui raconter sa vie, son passé familial. Si il avait toujours le sourire au début, les sourcils de William se froncèrent au fur et à mesure qu'Emma racontait son impossibilité d'aller à Durmstrang, sa maladie, ses crises, son coma... Et pire encore, la suite du bal et l'ampleur que tout ça prenait. Il en resta interloqué pendant quelques secondes, clignant des yeux comme si ça pouvait permettre à son esprit d'y voir plus clair. Peine perdue.


"Attend... Hein ? Quoi ?" furent les premiers mots particulièrement intelligents qu'il fut en mesure de sortir.

Même dans un monde magique où il en avait déjà vu des vertes et des pas mûres, William avait besoin d'un peu de temps pour assimiler tout ça.


"Tu... Ta magie prend le dessus, sur ton propre corps ? Et... Attends, que je comprenne. Tu veux dire qu'un loup apparaît dans tes pensées et que vous vous parlez ? Comme... De la télépathie ?"

William avait décidément du mal à s'y faire. Il croyait pourtant la jeune fille - a aucun moment l'idée qu'elle puisse inventer tout ça ou être folle ne lui était venu à l'esprit - mais il pensait qu'il avait peut-être mal compris, ou qu'il y avait une autre explication. Ou plutôt, il l'espérait, parce que sinon ça voulait dire que l'inquiétude qui l'avait submergé en à peine une seconde allait continuer à l'encercler pendant très longtemps, encore. Il savait que le bonheur sans tâche n'allait pas durer éternellement ; il commençait déjà à avoir très peur pour Emma.

"Et ça... Je sais que c'est une question bête, mais je dois la poser quand même : ça se guérit ? Est-ce qu'on peut faire quelque chose ? N'importe quoi ?"

Même s'il fallait emmener Emma hors d'Angleterre, trouver de l'argent ou il ne savait quoi encore, il savait qu'il le ferait.

"Et ce loup... Enfin cette louve... Vous vous dîtes quoi ?" demanda William, légèrement suspicieux.

L'inquiétude du Gryffondor se transforma cependant très vite en profond malaise. Aie, la question à 1 000 gallions. Combien de filles avant ? Il se passa nerveusement une main dans les cheveux.


"Euh... A dire vrai, je ne sais pas exactement. Moins que Daniel, ça c'est sûr mais..." Will regarda Emma dans les yeux, et y vit sa détermination. "Tout à fait sincèrement, un certain nombre. Mais même si tu n'es pas la première Emma, il y a bien peu de filles qui m'ont fait ressentir ce que je ressens là, ou ce que j'ai pu ressentir rien qu'en étant près de toi, alors même que je ne savais pas que c'était réciproque. A vrai dire... Il n'y en a eu qu'une par le passé."

William baissa les yeux, non pas parce qu'il se sentait coupable ou fautif, car c'était comme ça, il n'y pouvait rien. Mais simplement que, comme lorsqu'il avait parlé de sa famille, se souvenir de ce qu'il s'était passé avec June n'était pas forcément qu'une partie de plaisir. Il aurait préféré ne pas en parler tout de suite à Emma, mais il sentait que c'était le moment ; et puis à bien y réfléchir, il valait mieux qu'elle sache maintenant : si jamais ils croisaient June dans l'école, le Gryffondor se retrouverait dans une sacrée mouise.

"C'était encore différent de ce que je ressens pour toi, cependant. Je ne pourrais pas décrire précisément les sentiments que j'avais pour elle, mais ça n'était pas pareil. Cela dit, je ne vais pas te mentir, ça a été fort. Mais... Très difficile et éprouvant, également" fit William avec un sourire triste. Il regarda Emma dans les yeux et poussa un petit soupir avant de continuer. C'était un mauvais moment à passer.

"Il faut vraiment que je te raconte, hein...?" fit-il tout de même avec un petit rire, histoire d'être sûr. "Bon. Est-ce que tu as entendu parler, il y a environs deux ans, d'une polémique concernant l'histoire d'un Gryffondor et d'une Serpentard ?" William n'était pas vaniteux, simplement il savait quelle ampleur sa relation avec June avait eue dans l'école. Les amours inter-maisons, ça existaient bien évidemment, mais des mélanges Gryffondors-Serpentards, c'était extrêmement rare. Trop rare, d'ailleurs. "Le Gryffondor, c'était moi. Je... Je suis tombé amoureux d'une fille de Serpentard, Megan... Qui est toujours à Poudlard. Au début, on s'est cachés, parce qu'on savait bien que ça allait être mal vu. Mais c'est vite devenu intolérable, non seulement parce que c'était douloureux de faire semblant de ne pas se connaître devant les autres, de s'empêcher de se voir ou se toucher quand on le voulait, mais aussi parce que nos caractères à tous les deux supportaient mal la dissimulation et le silence."

William reprit sa respiration, tout en se souvenant du tempérament de feu de June. Une explosion permanente. Ça avait fait beaucoup de bien au jeune homme plein de fougue qu'il était à l'époque. Mais il avait changé - mûri.

"Au bout de quelques mois, on a fini par sortir ensemble au grand jour, parce qu'on n'aurait pas pu tenir plus longtemps comme ça. On pensait que ça ne pourrait pas être pire. Et au début, c'était beaucoup mieux. Mais c'est très vite devenu infernal. Les autres ne comprenaient pas, que ceux soit ceux des autres maisons, ou même les nôtres. Je me suis définitivement mis plusieurs Gryffondors à dos à cause de ça. Même encore maintenant, j'en ressens les effets. Je te passe les détails, mais Megan a fini par être blessée - un piège qu'on lui a tendu. Et à la fin, ça a eu raison de ses sentiments, et elle m'a quitté.

Je ne vais pas te dire que ça s'est bien passé, que j'ai été heureux qu'elle me quitte et que je m'en suis bien porté jusqu'à maintenant. Non, pour être franc... Ça m'a démolit à l'époque, et j'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre.
Mais ça a été mieux peu à peu, surtout grâce à Daniel et à ma sœur, et avant même que je te rencontre, j'avais tourné la page. Donc oui, je suis sorti avec des filles qui n'ont pas compté pour moi ; oui, il y en a eu une qui a eu beaucoup plus d'importance, et qui m'a marqué. Mais elles sont toutes du passé, tu peux me faire confiance. Et toi, tu es mon présent."


Se redressant un peu, William prit une main d'Emma dans la sienne, et porta l'autre au visage de la jeune fille, lui caressant la joue du pouce.

"Et ne me parle pas de manque d'expérience, ça n'a aucun rapport. Tu n'as pas besoin d'expérience préalable pour aimer quelqu'un, et moi c'est tout ce dont j'ai besoin. Pour ce qui est des gestes ou de la partie pratique, si c'est pour ça que tu t'inquiètes, crois-moi, ça viendra tout seul. Et pour le reste, je me ferais un plaisir de t'apprendre..."

Attirant Emma à lui, Will l'embrassa, délicatement d'abord, puis un peu plus pasionnément, comme pour ajouter l'exemple à la parole.
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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Ven 30 Juil - 12:31

Emma sentit sa colonne vertébrale être parcourue d’un long frisson, non de froid mais de plaisir, quand William passa ses bras autour de sa taille et quand il lui caressa le dos. Il avait l’air si heureux à présent que cela la remplissait elle-même de joie. Elle écoutait avec plaisir le rire du jeune homme tandis qu’il plaisantait et lui assurait qu’il ne changerait pas d’avis, mais malgré cette assurance, elle ne pouvait s’empêcher, au fond, d’éprouver un peu de peur. Après tout, elle était loin d’être normale, même si, étant sorcière, une redéfinition de ce qu’était la normalité aurait été bien utile. Elle ne ressemblait pas à la plupart des filles, et elle craignait que Will en soit déçu quand il s’en apercevrait. Qu’il regrette de ne pas avoir une petite amie un peu plus coquette, un peu plus insouciante en ce qui concernait les études, car elle n’était pas dans la maison de Serdaigle pour rien. Même si au départ, le Choixpeau Magique avait hésité à l’envoyer à Serpentard, c’était son goût pour le travail qui l’avait envoyée chez les bleu et bronze. Lui, il était loin de partager ce côté de sa nature, et elle ne l’en blâmait pas. Elle pensait seulement qu’il finirait par se lasser d’elle et de son trop plein de sérieux et de maturité. Ce n’était pas ce qu’on attendait d’une jeune femme de quinze ans. Non, seize ans, aujourd’hui.

Puis vint le moment où il lui posa des questions sur sa magie. Aurait-il essayé de la gifler qu’elle aurait été aussi blessée qu’avec la question qu’il venait de formuler. Si ce qu’elle avait se guérissait ? Elle lui avait bien expliqué qu’elle était mortellement allergique à l’ellébore, donc elle doutait que ce soit de l’épilepsie qu’il soit en train de parler. C’était forcément de la magie, et de Cassie qu’il était question. Il venait, grosso modo, de lui demander si elle pouvait se séparer d’une partie d’elle-même, de quelque chose qui était né en même temps qu’elle, en elle. La jeune fille se mordilla la lèvre. Elle savait bien qu’il n’avait pas voulu la vexer, ou quoi que ce soit d’autre, mais les mots avaient été mal choisis. Elle ne répondit rien, pas certaine de savoir ce qu’elle devait répliquer à cela. Et puis les mots restaient coincés dans sa gorge.

Il aborda ensuite le sujet difficile qu’elle avait lancé sur le tapis. Et, aussi typiquement que cela pouvait l’être des garçons, au lieu de se contenter de répondre le plus sommairement possible, il lui donna des détails. Il ne lui suffit que d’une seule phrase pour conforter Emma dans son manque de confiance. Si avant elle, il y avait eu des filles qui n’avaient pas compté plus que ça, en revanche, l’une d’entre elles avait tout de même tenu une place suffisamment importante dans le cœur de Will, au point qu’il en souffre. Une petite voix au fond d’elle ne put se retenir de glisser qu’il l’avait cherché. Eh oui, c’était bien la jalousie qui pointait le bout de son nez. Son regard s’était légèrement assombri, et la Serdaigle avait serré les dents et contracté sa mâchoire tandis qu’il parlait et lui expliquait les points particuliers de son histoire. Deux ans auparavant, elle était déjà trop renfermée sur elle-même pour s’intéresser à ce genre de ragots, et donc elle ne connaissait rien du tout de ce qu’il lui racontait. Pour elle, la rivalité entre les maisons était sortie de ses limites : entre Serpentard et Gryffondor, on avait plus l’impression d’assister à une mini guerre qu’autre chose.

William essaya sûrement de la rassurer après cela, qu’elle ne s’inquiète pas de ne pas savoir quoi faire ou comment agir avec lui, mais quelque chose dans son ton lui donnait le sentiment qu’il se moquait gentiment d’elle.
Il l’attira plus près de lui pour l’embrasser. Pendant un instant, elle songea à résister, histoire de lui donner une bonne leçon pour la ridiculiser un peu, mais quand il augmenta la pression de ses lèvres contre sa bouche, elle perdit tous ses moyens. Elle bougea de façon à se coller contre lui, de sorte à se fondre dans le moule de son corps. Ses mains passèrent derrière la nuque du Gryffondor et s’y cramponnèrent comme s’il allait disparaître. Emma eut l’impression d’être engloutie par la violence invisible de ce baiser. Comme si chacun d’eux y déversait le désespoir qui les avait consumés pendant si longtemps. Les yeux fermés, elle n’en ressentait que mieux toutes les sensations qui la traversaient. C’était peut-être dû à Poudlard, mais ce baiser avait quelque chose de magique. Commençant à être à bout de souffle, la jeune fille repassa ses mains devant et exerça une faible pression contre le torse de William. Les paupières toujours closes, la bouche légèrement entrouverte, elle se mit à rougir violemment, puis se releva et fit quelques pas. Passant une main dans ses cheveux, elle comprit qu’il pourrait lui demander n’importe quoi dans un tel moment sans qu’elle soit capable de lui refuser quoi que ce soit. Son cœur battait à la chamade, et elle n’arrivait pas à en réfréner le rythme. Pas plus qu’elle n’arrivait à dire un mot.

C’est à cet instant précis que Cassie décida qu’il était temps pour elle d’y mettre son grain de sel. Elle n’apparut que pour Emma au début, elles échangèrent quelques pensées, puis la louve se matérialisa réellement et s’approcha du Gryffondor. Elle n’avait nullement l’air agressif, encore moins quand elle sauta sur le canapé et s’installa à ses côtés, une patte sur la cuisse du jeune homme. Emma, elle, alla faire un tour près de l’étagère à fioles. Elle savait précisément ce que son familier comptait faire et dire, et bien qu’elle n’en approuve que la moitié, elle ne pourrait pas l’en empêcher : la louve avait également hérité de son côté buté et tête de mule.


« Tu as mal joué ton coup William, » fit la voix à la fois douce et animale dans l’esprit de ce dernier. « Avec elle, il faut faire attention aux mots qu’on prononce. Elle les encaisse moins bien que les coups. »

La louve n’attendit pas qu’il montre une quelconque sorte d’étonnement ou d’interrogation pour continuer sur sa lancée.

« Comment le prendrais-tu, toi, si elle te demandait de te débarrasser de ton côté protecteur, ou de ton goût pour le Quidditch ? Ces choses-là font partie de toi, n’est-ce pas ? Tout comme je fais partie d’elle. J’étais déjà présente à sa naissance, il aura juste fallu du temps pour que je me réveille. Je n’en sais pas plus. Emma a clairement l’intention de faire des recherches pour comprendre… eh bien, la raison de mon existence, puisque je l’ignore moi-même. Toujours est-il que je ne suis pas une maladie dont on peut guérir. »

Un grondement sourd s’éleva de la gorge de l’animal, mais rien de méchant. Les babines s’étirèrent doucement, dévoilant des crocs acérés, cependant, la lueur dans les prunelles noisette – qui rappelaient vraiment celles de la Serdaigle – montrait plutôt que Cassie avait l’air de rire. Elle plissa lentement les yeux, et autour d’eux, le décor changea. Ils étaient à présent dans une salle de bains, et si ce n’était la couleur bleue, William aurait pu se croire dans la Tour des Gryffondors. Pour le moment, la pièce était vide.

« Elle ne voulait pas que je te montre ça. » Le ton était rude. « Pourtant, il va bien falloir que tu le voies. »

Ce qui se passa ensuite ressemblait plus à une plongée dans une Pensine qu’à de la Legilimencie. Car c’était cela qu’elle avait décidé de faire, lui faire revivre les souvenirs qu’Emma avait de ces derniers jours. Parce que la jeune louve estimait qu’il ne pourrait pas comprendre à quel point la Serdaigle avait souffert jusque là de son amour pour lui sans passer par là. Bien sûr, elle venait de lui raconter la scène, en omettant peut-être un ou deux détails, mais en voir la représentation véritable, c’était autre chose.

"Emma ! Sors de là ! Il faut vraiment qu'on parle !"

Il ne pourrait pas ne pas reconnaître cette voix. C’était celle d’Abigail, qui avait suivi sa camarade quand cette dernière avait quitté la Grande Salle. Sous leurs yeux, Emma venait d’apparaître, au milieu des débris de verre, un éclat de taille importante planté dans le bras dont le sang s’écoulait goutte à goutte. Ils la virent l’en déloger, provoquant de nouvelles coupures sur ses doigts ainsi qu’un écoulement bien plus considérable d’hémoglobine. Elle resta à regarder le sang qui tachait sa robe blanche pendant quelques instants, qui parurent une éternité à Cassie tandis qu’elle poussait un gémissement – qui ressemblait beaucoup à celui d’un chiot apeuré. Elle non plus, elle n’aimait pas revivre certains des souvenirs d’Emma. La scène continua de se dérouler, avec l’intervention des deux autres Serdaigles pour ouvrir la porte, puis la façon spectaculaire dont les robinets – car c’était de ça qu’il s’était agi ce soir-là – avaient explosé en un bruit tonitruant. Cassie avait alors levé le museau vers William, cherchant à comprendre ce qu’il pouvait ressentir.

Après cela, le décor changea à nouveau, devint plus blanc et lumineux. Ils étaient à l’infirmerie. Sur l’un des lits, ils pouvaient distinguer Emma, assise, les genoux ramenés contre sa poitrine et les bras croisés autour, le front posé sur ses jambes. Pas un son ne semblait s’échapper d’elle, mais la manière dont ses épaules soubresautaient de temps à autre montrait clairement qu’elle était en train de pleurer. A côté d’elle, le museau qui touchait à peine le sommet du crâne de la jeune fille, les oreilles baissées et une lueur visiblement abattue dans le regard, se tenait une seconde Cassie. La première, celle qui montrait tous ces souvenirs à William, comprit qu’elle devait lui donner plus d’explications sur ce à quoi ils assistaient, car tout ce qu’elles avaient pu se dire à ce moment-là s’était fait mentalement.


« Elle vient de se réveiller d’un cauchemar. Elle est épuisée, parce que les rares moments où elle parvient à s’endormir se finissent toujours de cette façon-là. Et cela ne remonte pas qu’au bal. Les insomnies, les cauchemars ont commencé un peu après votre dernière leçon. J'essaie de la réconforter comme je peux, mais elle va vraiment mal, à ce moment-là. »

Un petit bruit sec s’échappa de la gueule de la louve, comme un claquement de lange désapprobateur.

« Elle s’en est rendue malade. Depuis votre dernière entrevue. Tu n’imagines pas à quel point ça a été dur pour elle, de vouloir te voir et te parler tout en pensant que cela ne servait à rien, que ça ne changeait rien à la situation.
Et tout ça pourquoi ? Simplement parce qu’elle manque cruellement de confiance. Elle ne pensait pas faire le poids face à la beauté d’Abigail. Alors voilà. Si je t'ai montré ses souvenirs, ce n'est pas pour que tu culpabilises. Tu n'y étais pour rien. Je veux juste que tu comprennes. Moi, je suis là pour la protéger. Pour te protéger aussi, un peu, parce qu'elle ne supporterait pas qu'il t'arrive quelque chose. Mais si jamais tu la blesses, crois-moi, elle se retrouvera dans un état encore pire que ce que je viens de te montrer. Et je ne laisserai pas ça arriver. Tu n'as qu'à me considérer comme un second Morten, si tu veux. En moins méchant, et en moins bête. »


Les murs devinrent flous, et ils se retrouvèrent à nouveau dans la salle sur demande. Emma s’était installée au piano, leur tournant le dos à tous les deux. Cassie sauta du canapé et s’approcha d’elle ; la jeune fille lui caressa les oreilles avec un sourire contrit. Puis la louve disparut dans le néant.
Maintenant, Emma savait que William aurait de nouvelles questions. Ou même qu’il allait lui dire des choses qu’elle n’avait pas envie d’entendre. C’était à elle de parler avant qu’il ne commence.


« Elle a raison, sur certains points. Je ne voulais pas que tu vois ça. Te le raconter était déjà assez atroce comme ça pour que tu n’aies à le voir. Mais elle est butée comme c’est pas permis. »

Elle soupira et appuya doucement sur l’une des touches blanches. La note résonna contre les murs.

« Pour le manque d’assurance, aussi. Je… eh bien… Je ne suis pas vraiment le genre de filles qui se remarque, si ? »

En fait, la jeune fille n’avait pas vraiment envie d’entendre la réponse de son petit ami. Nerveusement, elle se mordilla une seconde fois la lèvre, puis plaça ses doigts sur les touches du piano. Elle commença à jouer l’une des Nocturnes de Chopin [X], retardant ainsi le moment où Will se moquerait d’elle. Quand elle eut fini, elle ferma les yeux, reposant ses mains le long de ses cuisses. Elle n’avait pas pour habitude d’admettre tout haut qu’elle ne se sentait pas à la hauteur. C’était quelque chose qu’elle gardait normalement pour elle.

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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Mar 17 Aoû - 19:21

William aurait voulu que le baiser qu’ils échangeaient ne s’arrête jamais, qu’il dure pour l’éternité. Qu’ils restent comme ça, là tous les deux, pour toujours. Il lui semblait de toute façon qu’il n’avait plus besoin de rien d’autre que de sentir Emma contre lui pour vivre ; il était dans un réel état de béatitude qu’il n’avait jamais, jamais ressenti auparavant. C’était à la fois délicieux, et dangereusement inconnu et déstabilisant. Mais Will s’y serait jeté à cœur e à corps perdu si la jeune fille qu’il tenait contre lui presque désespérément n’avait pas mis fin d’elle-même à cet échange passionné.
Immédiatement, William ressenti comme un vide amer. Pour un peu, il se serait levé et l’aurait rattrapée pour juste garder le contact de sa peau contre la sienne. Mais il se sentait en même temps soufflé et paralysé, à la fois par le baiser qu’ils venaient d’échanger, et également par l’interruption qui avait suivi. Il ne put donc qu’observer un peu béatement Emma flâner dans la pièce, ne comprenant pas de trop ce qu’elle faisait, n’osant pas interrompre le silence. Et c’est là qu’elle apparut pour le jeune homme.

William n’était pas particulièrement couard, et il vivait dans le monde de la magie depuis tout petit, mais il ne put s’empêcher de sursauter et d’avoir un large mouvement de recul sur le canapé en voyant subitement un loup se matérialiser dans la pièce sans aucun signe avant-coureur. Il ne fit pas le lien avec la fameuse louve d’Emma tout de suite, trop effaré de voir cet animal tout de même dangereux en plein milieu de la pièce où ils se trouvaient. Mais un regard vers Emma l’intrigua : cette situation semblait manifestement normale pour la jeune fille. Elle n’avait pas peur… ? Il n’eut de toute façon pas l’occasion de se poser plus précisément la question : le loup s’approchait de lui, pour finir par grimper à côté de lui sur le canapé. William allait sauter sur ses jambes quand l’animal lui posa une patte sur la cuisse, empêchant ainsi le jeune homme de faire un seul mouvement par prudence. William était peut-être chez les courageux Gryffondors, mais il n’était pas fou : il n’avait pas envie que la bête lui saute dessus parce qu’il tentait de s’échapper.
Alors qu’il essayait de passer rapidement en revue tous les moyens qu’il avait pour les faire sortir de la pièce en vie, Emma et lui, quelque chose d’étrange se produisit dans son esprit. Une voix s’éleva doucement, résonnant dans les confins de sa conscience. C’était une voix féminine, et il ne fallut cette fois-ci pas longtemps à William pour comprendre qu’il s’agissait de la louve. Comme Emma semblait continuer à ne pas s’inquiéter de sa présence, il commençait à se rendre compte que c’était probablement l’animal dont lui avait déjà parlé la jeune fille, et qui l’habitait.

Sans toujours pouvoir ni bouger ni parler, Will écouta la voix qui continuait de parler dans son esprit. Il avait moins peur maintenant, quoique toujours assez peu rassuré et extrêmement sur ses gardes. La louve lui expliqua qu’elle faisait partie d’Emma et qu’elle n’était pas une tare. Mais au lieu d’apaiser le jeune homme, ces paroles lui firent froncer les sourcils ; il continuait à se taire cependant, et n’interrompit pas l’animal, même quand le décor changea et que la voix d’Abi résonna dans la nouvelle pièce. Entendre la voix de sa petite sœur qui criait serra le cœur de Will, et son regard se noircit un peu plus. Il continua d’observer simplement ce qui défilait devant ses yeux, et écouter la louve qui commentait les scènes, restant complètement immobile ; seules ses mâchoires se contractaient régulièrement, en réponse à ce qu’il avait sous les yeux.
Les scènes et les paroles défilaient, puis la réalité revint, et la louve, après un passage auprès d’Emma, finit par disparaître. La jeune fille prit rapidement la parole, comme si elle tenait à dire quelque chose avant que lui-même ne le fasse. Mais elle aurait pu prendre tout son temps : William était dans l’incapacité de prononcer quoique ce soit dans l’immédiat. Pas parce qu’il était toujours paralysé ni sur ses gardes ; sa mine sombre et son air renfrogné semblaient illustrer un orage qui grondait. En fait, son incapacité à parler immédiatement et l’envie soudaine d’Emma à jouer du piano furent salutaires pour tous les deux, et une très bonne chose : la musique avait toujours eu ce don particulier d’apaiser William, et ça se vérifiait encore à ce moment-là. Il resta parfaitement immobile jusqu’à ce que la mélodie s’arrête, sans prononcer un mot, les yeux fermés sous ses sourcils froncés. Puis, une fois que le silence se fut rétabli dans la salle, il se leva.

Instinctivement, il se dirigea vers l’énorme baie vitrée qui donnait une vue parfaite sur le terrain de Quidditch. Emma avait fait ressortir sa nature profonde avec la louve, William se retenait furieusement de le faire : il venait à peine de trouver le bonheur avec la Serdaigle, il était hors de question qu’il s’en aille maintenant. Mais dans l’état d’agitation intérieure où il se trouvait, sa première action d’ordinaire aurait été de partir sans dire un mot pour aller jeter toutes ses émotions dans les airs. Le regard dur, il batailla mentalement pour rester auprès de celle qu’il aimait, même si elle était la cause de son trouble du moment. Puis il se tourna vers Emma, lentement. Il ne savait trop par où commencer, ni même comment mettre des mots sur ce qu’il avait ressenti, et sur ce qu’il ressentait encore. Il allait devoir procéder par étapes.


« C’est complètement injuste, ce qu’il vient de se passer. »

Il s’en rendait compte, sa voix était dure et froide. Il ne voulait pas lui parler comme ça, jamais. Mais d’un autre côté, elle ne lui avait pas non plus simplifié la tâche. Il prit une grande inspiration pour tenter de se calmer un peu plus.

« Premièrement, elle… Vous… Enfin tu ne peux pas me reprocher ce que j’ai dit ou les questions que j’ai posé à propos de… La louve. Emma, les gens ne peuvent pas deviner ce qu’il se passe à l’intérieur de toi, ni dans ta tête : comment veux-tu que je devine ce qu’elle est, ce que c’est, ce qu’il se passe ? » demanda-t-il d’un air un peu douloureux.

« Ca, c’était la première chose injuste ; la deuxième, c’est que j’ai pris sur moi pour te parler, pour te raconter des choses que je ne dis jamais, ou très rarement ; des choses qui ne me sont absolument pas agréables à penser, et par conséquent d’une difficulté, que je doute que tu puisses imaginer, à dire à haute voix. Je me suis volontairement ouvert à toi parce que je ressens des choses pour toi et que j’ai envie que tu me connaisses ; mais aussi et surtout parce que je te fais confiance. C’était un exercice difficile pour moi, je pensais que tu l’avais compris. Et j’aurais aimé que tu fasses de même, au lieu de passer par la louve. Je trouve ça trop facile de laisser quelqu’un d’autre parler à notre place - même si, je sais, "Elle" est toi», termina-t-il, les yeux baissés vers le sol.

Il avait besoin d’un nouveau regard vers le ciel avant de continuer. Il l’avait compris maintenant, du moins il essayait de se faire à l’idée, que la louve était une partie d’Emma ; cela dit, il considérait tout autant qu’Abigail était une réelle partie de lui-même, et ce n’était pas pour autant qu’il l’aurait envoyé à Emma pour qu’elle lui parle à sa place.

William se tourna vers Emma, restant cependant toujours à distance. Mais même de loin, il accrocha son regard du sien.


« S’il-te-plaît, ne recommence plus ça », fit-il d’une voix redevenue plus douce. « Et laisse-moi le temps de comprendre, d’assimiler et de digérer tout ça. C’est peut-être limpide et évident pour toi, la relation que tu as avec « elle », mais c’est très difficile à comprendre pour moi. » Il avait même du mal à prononcer le prénom de l’animal, d’autant plus qu’il avait pris ses dernières paroles comme des menaces à peine voilées, et il n’appréciait pas vraiment. De ce fait, il avait d’autant plus de mal à croire que ça puisse être la jeune fille.

Malgré tout, malgré le fait qu'il aurait préféré qu'elle lui décrive les scènes elle-même plutôt que de les lui faire revivre magiquement, malgré qu'il se sentait toujours un peu perturbé, ça lui faisait mal, d'une douleur quasiment physique, de savoir qu'Emma avait dû subir des épreuves pareilles et qu'elle n'était probablement toujours pas heureuse en ce moment même. Entre son épilepsie, la perte de contrôle de sa magie et tous les autres ennuis et soucis qu'elle avait dû subir, ça devait être dur au quotidien. Le jeune homme fit quelques pas, gardant toujours les yeux dans ceux de la Serdaigle, pour finir par arriver debout devant elle toujours assise ; il aurait simplement voulu pouvoir effacer ses problèmes d'un geste de la main, pour qu'elle ait l'esprit tranquille et apaisé. Malheureusement, si une telle formule magique existait, il serait probablement le dernier à la savoir, vu ses compétences. Comme si un seul geste pouvait suffire tout de même, Will prit délicatement une mèche de cheveux d'Emma et fit glisser ses doigts tout le long, frôlant au passage la joue de la jeune fille. Il ne voulait pas que leur tout premier jour tous les deux se passe mal. Il ne voulait de toute façon jamais que ça se passe mal avec elle.



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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Jeu 19 Aoû - 10:51

« Injuste ? » finit par reprendre Emma quand Will eut fini, après s’être approché d’elle. Il jouait avec une de ses mèches de cheveux maintenant, et le ton de sa voix était beaucoup moins froid que quelques minutes auparavant. Elle se mordit l’intérieur de la joue, pour retenir à la fois les larmes qu’elle sentait poindre au bord de ses yeux, mais aussi la réplique cinglante qu’elle avait au bord des lèvres. Qu’est-ce qui était juste, au fond, dans leur vie ? Ils avaient eu une enfance gâchée tous les deux, ils avaient dû mûrir plus vite que la majorité des autres enfants. Est-ce que ça, c’était juste ? Alors, qu’il l’accuse de quelque chose dont elle n’était pas responsable, c’était la goutte de trop dans le vase déjà bien rempli. Cependant, Emma se força au calme. Oui, ils auraient des disputes, elle l’espérait, comme tous les couples normaux. Mais pas aujourd’hui, pas dès le début. Pas pour ça.

« Tu m’imputes ce qu’elle fait. Je n’ai aucun contrôle sur elle. Elle va et elle vient comme bon lui semble. Qu’elle t’aie fait voir… ça, » fit-elle avec un geste de la main évasif, comme si elle ne pouvait pas nommer son souvenir, « je ne l’ai jamais voulu. Je ne suis pas cruelle au point de t’affliger avec quelque chose dont tu n’as jamais été responsable volontairement. Oui, j’ai souffert. Trop pour qu’il me soit facile d’en parler. Te raconter ce qu’il s’est passé le soir du bal a déjà été une épreuve pour que tu viennes m’accuser de te cacher des choses. D’autant plus que tu en fais de même, avec la Forêt Interdite. Et si c’est dur pour moi, je n’ai pas non plus envie de te faire endurer tout ça non plus, ce qui est peut-être la même raison pour laquelle toi, tu ne me dis pas tout. »

Elle laissa son regard dériver jusqu’à la baie vitrée et fixa ses yeux sur un point invisible.

« Quant au fait que je l’ai mal pris… Oui, c’est comme ça. Pourtant, je ne t’ai pas fait de reproches, je savais que tu ne voulais pas me blesser. C’est juste que… » Elle allait finalement devoir en parler, de la famille de sa mère. La Serdaigle retint une grimace et soupira. « Ma mère a plusieurs sœurs. L’une d’elle est mariée avec un sorcier qui vient d’une famille de Sangs Purs très étroite d’esprit. Quand j’avais, je ne sais plus, sept ou huit ans, je me suis retrouvée seule avec lui pendant un très court laps de temps. Il… en gros, il a dit que j’étais la tare de la famille. Que c’était le sang de mon père qui avait créé une telle dégénérescence dans la pureté de ma famille. »

Emma prit la main restée libre de William dans la sienne et croisa ses doigts avec les siens. Elle était en train de lui raconter l’un de ses souvenirs les plus détestables, pourtant, sa voix restait étrangement sans intonation. Comme si elle s’était éloignée de ce rappel, comme si elle n’en était plus l’actrice principale.

« Je retourne très rarement au manoir en Ecosse, et seulement si j’y suis obligée. J’avais même enfoui tout ça au plus profond de ma mémoire, et ce n’est que depuis peu que je m’en suis souvenue. Tu es la première personne à qui j’en parle. Personne n’était au courant. Tu comprends, maintenant, pourquoi j’ai été un peu offensée ? »

La jeune fille se leva et alla se blottir dans les bras de Will, passant ses propres bras autour de la taille du Gryffondor et enfouissant son nez contre son torse. Ce qui rendit la suite de ses paroles un peu incompréhensible.

« J’essaierai de la calmer, mais je ne te promets rien. »

Elle se hissa sur la pointe des pieds – pourquoi les garçons qu’elle connaissait (Morten, Daniel ou Will) étaient-ils aussi grands ? – et l’embrassa, avant de lui murmurer un « Je t’aime » contre ses lèvres. Puis elle recommença le baiser, qui devint rapidement le même que sur le canapé. Emma n’aurait su dire comment ils y arrivèrent, d’ailleurs, au canapé. Lequel d’entre eux les avait entraînés jusque là était un mystère, elle était bien trop absorbée par les lèvres de William. Sa bouche avait un goût très légèrement âcre, et, bien que certaine d’en connaître la cause, elle n’arrivait pas à la retrouver. Sinon, c’était doux. Elle ne cessait de s’étonner de la douceur de ses lèvres alors qu’il portait cette barbe de deux jours, elle avait cru que cela n’aurait fait que la piquer. Bref, voilà qu’elle se retrouvait allongée sur lui, William lui-même allongé sur le canapé, toujours en train de l’embrasser. Elle avait l’air d’avoir compris le truc pour respirer, ce qui l’arrangeait bien parce qu’elle n’avait aucune, mais alors aucune envie d’arrêter. Elle finit tout de même par se décoller de sa bouche, et glissa ses lèvres le long de la mâchoire du Gryffondor en une série de petits baisers, puis elle posa sa tête contre son épaule, son nez enfoui dans le cou du jeune homme. Le silence s’installa, mais il ne la gênait pas. Elle ne se sentait pas obligée de parler pour combler le vide, elle avait l’impression d’être enfin à sa place.

Puis, sans prévenir, elle commença à rire. Sachant pertinemment que Will n’allait pas comprendre pourquoi elle riait si elle ne lui expliquait pas, elle se lança, entre deux éclats de rire.


« Tu te rappelles quand je t’ai sauté dessus pour te protéger de l’explosion ? Avant qu’on ne se relève, j’ai failli t’embrasser. Si seulement je l’avais fait, ça aurait changé beaucoup de choses. Déjà, je ne m’en serais pas voulu de ressentir tout ça pour toi, à ce moment-là. »

Emma se calma assez rapidement cependant. Elle reprit même sur un ton plus sérieux.

« J’ai l’impression que tout ça n’est qu’un rêve, que je vais me réveiller à l’infirmerie et que tout se sera évaporé dans l’air comme une bulle de savon.

J’ai peur. Je crois bien que je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie, sauf peut-être la première fois que je suis allée te trouver aux vestiaires de ton équipe. Non, même là, en fait, je n’avais pas autant la trouille de ce qui pouvait se passer. D’ailleurs, tu m’expliqueras pourquoi tu étais torse nu ce soir-là ? Que je sache si tu ne fais ça qu’avec moi, ou si c’est pour toutes tes fans. Dans ce cas-là, je vais venir te surveiller. Je ne partage pas. Enfin bref. »


Il allait comprendre tout de suite qu’elle était stressée. Voilà qu’elle se remettait à parler à tort et à travers.

« J’ai peur que… tu ne me trouves pas assez jolie, pas à la hauteur de tes espérances, et tant d’autres choses encore. Que tu te lasses de moi, que tu me trouves trop rat de bibliothèque.
J’ai peur de ce que Morten va faire. Peur qu’il me force à choisir entre vous deux. Même si je sais que ce serait toi. L’idée même de te perdre me terrifie encore plus que d’affronter dix Morten réunis. »


La jeune fille se tut et fixa le piano un peu plus loin.

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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Dim 22 Aoû - 0:06

William dû inspirer très rapidement un grand coup pour retenir sa colère qui revenait. Pas contre Emma, évidemment. Mais contre les salopards qui se glissaient parmi les familles et semblaient prendre un malin plaisir à y faire le mal, alors que normalement on devait s'y sentir bien et aimé. Surtout quand on était enfant. Pour un peu, Will aurait souhaité se trouver devant le prétendu oncle d'Emma, voir s'il avait toujours autant de verve devant un Gryffondor dans la force de l'âge, près à charger. *Grrr.*
Il se contenta de mettre cette information de côté pour le moment. Il ne voulait pas se montrer irrespectueux envers un membre de la famille de la jeune fille, aussi abruti soit-il. Et puis il fallait "clore" pour l'instant le sujet de la louve. Les mains de Will se posèrent doucement sur les épaules d'Emma pour descendre tout doucement le long de ses bras au fur et à mesure qu'il parlait, dans une lente et légère caresse apaisante.

"Écoute, je sais que je suis un peu à côté de la plaque pour le moment à propos du loup et tout ça mais..." Il fronça les sourcils, indication qu'il réfléchissait sérieusement. "Je pense que tu peux la contrôler. Oui je sais, je suis probablement un des plus mauvais élèves que Poudlard ait connu donc à priori c'est pas vraiment mon domaine mais... Si tu dis que c'est vraiment une partie de toi, alors je pense sincèrement que tu peux la dompter. Peut-être pas maintenant, peut-être pas facilement ni rapidement. Et si jamais c'est vraiment possible, je sais que tu es assez forte pour le faire. Je ne te dis pas par là de l'étouffer ni de l'empêcher de se montrer hein" finit-il en lui jetant un regard inquiet, comme si il craignait que la louve ressorte une nouvelle fois pour lui faire la morale.

"Et si tu veux savoir quelque chose sur moi, demande-moi." William prit ses mains doucement en entrelaça ses doigts dans les siens. Il releva son regard vers la jeune fille. "J'ai voulu aller dans la Forêt, le soir du bal. J'étais énervé, et je fais des choses très bêtes quand je suis énervé." Il eut un petit sourire en prononçant ces paroles, se rappelant de la fois où il s'était retrouvé à l'infirmerie avec Morten après s'être bagarré avec lui. Emma devait déjà savoir qu'il n'était pas réellement emprunt d'une immense sagesse dans certains cas. "Une amie m'a retenu au dernier moment." William n'était pas certain qu'Esmée et Emma se connaissent.

Ce qui se passa ensuite empêcha le jeune homme de dire quoique ce soit d'autre. Plus précisément, le baiser qu'ils échangèrent annihila complètement toute fonction que pouvait comporter le cerveau de William, qui sembla se mettre instantanément en mode veille. Il se retrouva comme une marionnette stupide au main de son prestidigitateur : Emma aurait pu lui faire faire n'importe quoi en cet instant même, il aurait dit oui, il aurait tout accepté. Comme si leurs corps s'étaient concertés et avaient pris le contrôle sur leurs esprits respectifs, ils se dirigèrent mutuellement vers le canapé qu'ils avaient quitté quelques minutes avant, sans se quitter d'un millimètre. Will ne relâcherait de toute façon plus jamais Emma, il se le promettait. Il la suivrait dans tous ses cours - les supporteraient d'ailleurs pour elle - viendrait dans la salle des Serdaigles, la collerait encore à la Grande Salle. Hors de question que leurs deux corps ne se quittent, il ne le supporterait pas. C'était simple : plus elle était proche de lui, mieux il se sentait. Couché sur le canapé, Emma sur lui, il l'attira encore plus à lui qu'elle ne l'était déjà et la serra contre son torse autant qu'il le put en veillant toutefois à ne pas lui faire de mal. Là, alors que leurs lèvres livraient encore une délicieuse bataille, s'embrassant à n'en plus jamais finir, et que leurs corps s'entremêlaient pour ne plus jamais se perdre, leur double enfin trouvé, William ressentait un bonheur et un apaisement sans faille. Une larme vint humidifier le coin de son œil tant son âme éprouvait un soulagement infini. Il était en paix, il était heureux. Et jamais, de toute sa vie, il n'avait connu ça. Et quand Emma descendit dans son coup pour l'embrasser, il crut que son corps n'allait pas supporter le déclenchement de feux d'artifice qui venait de se produire au niveau de ses entrailles et de son cœur. Son pauvre cœur qui n'allait pas tenir très longtemps si William le malmenait comme ça, ou plutôt si Emma le faisait battre si fort. Mais en vérité, il s'en fichait : il mourrait heureux.

La jeune fille était maintenant blottie contre lui, le visage enfoui dans son cou ; Will continuait de l'enlacer, maintenant une pression qui paradoxalement se révélait être d'une grande douceur, peut-être parce qu'elle disait toute la peur qu'avait le jeune homme de lâcher la Serdaigle, et toute son envie de la garder là contre lui à jamais. Un tressautement de la part d'Emma lui fit cependant rouvrir les yeux qu'il avait clôt pour mieux apprécier le moment. Avant qu'il n'ait eu le temps de se demander ce qu'il se passait, il entendit le rire de sa belle lui chatouiller les oreilles, et la regarda d'un air interrogatif, même si, toujours blottie comme elle l'était, elle ne pouvait absolument pas voir son visage. Elle s'expliqua cependant rapidement, riant toujours, ravissant William. Il se souvenait parfaitement de l'explosion du chaudron - il se souvenait très bien de chaque seconde passée avec Emma d'ailleurs. Et il réalisa qu'ils s'étaient tournés autour pendant longtemps, tous les deux... Et avec le recul, ça avait effectivement quelque chose d'amusant, malgré la souffrance qu'ils en avaient éprouvé tous les deux. Après tout, il valait mieux en rire.

Oui, William remarqua qu'Emma semblait un peu anxieuse ; il avait déjà remarqué que lorsqu'elle était particulièrement gênée, elle parlait sans s'interrompre et sans lui laisser le loisir d'en placer une. Petite habitude qu'il aimait d'ailleurs - comme à peu près tout chez elle, en fait. Ce fut à la fois pour la rassurer, et parce qu'il était particulièrement touché par les paroles qu'elle prononçait, qu'il la serra un peu plus fort tout en embrassant le haut de sa tête, au milieu de sa cascade de cheveux. Il ne pouvait pas la blâmer d'avoir peur, ce même sentiment le taraudait, pour le même genre de raisons.


"J'ai peur aussi. Que tu finisses par me trouver véritablement idiot et que tu perdes patience face à mes incapacités scolaires. Que tu te rendes compte que je ne suis vraiment pas un garçon fréquentable, que j'ai plus l'aspect du petit caïd que du parti idéal. Que tu sois effrayée par ma famille, ou par le bagarreur que je suis. Peur que ta famille à toi nous empêche de nous voir parce que je ne leur plaît pas - et je ne parle pas forcément de Morten, mais de tes parents", répondit-il en écho à ses aveux à elle. Comme pour lui montrer qu'elle n'était pas seule, qu'il la comprenait.

Puis, même si ça lui en coûtait de la séparer ne serait-ce que de quelques centimètres de lui, William releva un peu Emma, de sorte de pouvoir entourer le visage de la Serdaigle de ses mains et ancrer son regard dans le sien. Il voulait qu'elle voit combien il était sérieux. Infiniment.


"Je te connais mieux que ce que tu crois. Et... Je sais que tu me connais aussi, au fond de toi. Ça à l'air bête, mais j'ai l'impression en quelque sorte qu'on se connaissait même avant de se rencontrer réellement pour la première fois. Je sais que j'ai encore plein de choses à apprendre sur toi, que tu n'as pas fini de m'étonner", dit-il en souriant. "Mais je me suis rendu compte que j'étais déjà amoureux de toi quand je t'ai rattrapé dans les escaliers. Je sais que nous sommes différents sur beaucoup de points, mais j'aime toutes tes différences. Absolument tout. Quant à ta beauté, tu n'as rien à envier à qui que ce soit dans cette école." William la soupçonnait fortement de ne pas se rendre compte de tous les regards masculins qui se posaient régulièrement sur elle lorsqu'elle passait, et qui personnellement le rendaient dingue. "Tu vas dire que je ne suis pas objectif - et c'est sûrement vrai - mais aucune fille ne t'égale pour moi. Aucune ne me fait ressentir autant de frissons de bonheur et d'excitation que quand tu poses tes yeux sur moi, ou que je t'aperçois dans les couloirs." Il reprit une inspiration, et se souvint du fameux oncle qui semblait l'avoir traumatisé. "Et jamais, tu m'entends ? Jamais je n'ai pensé, ni ne penserai que tu es une tare, ou je ne sais quoi de ce genre. Tu m'as sauvé, Emma. Sauvé parce que j'étais vide avant." Il prit l'une des mains de la jeune fille et la posa sur son cœur à lui. "Tu lui as appris à battre réellement."

William se tut pendant quelques secondes, réfléchissant à ce qu'elle avait dit à propos de Morten. Ses paroles l'avaient touché au plus profond de lui. Il ne lui avait rien demandé, mais elle lui avait spontanément confié qu'elle serait prête à le choisir lui plutôt que son propre frère. Et, même si ça lui en coûtait énormément de se l'avouer silencieusement, même s'il se sentait horriblement coupable de penser ça, il ne pouvait pas se mentir : lui-même dans pareille situation, choisirait de rester avec Emma plutôt qu'avec Abigail si jamais sa soeur l'empêchait de vivre son amour librement. Heureusement pour lui, il ne pensait pas qu'Abi', au vu de l'acharnement qu'elle avait mis pour tenter de les réunir Emma et lui, verrait le moindre problème au fait qu'ils soient ensembles, au contraire. Parce que ne plus voir sa sœur lui déchirerait l'être. Restait Morten, qui à coup sûr allait être enragé. Et ça avait beau être l'ennemi de William, ça ne le réjouissait pas du tout de provoquer la colère du Serpentard. Parce que ça n'allait pas retomber que sur lui, qu'Emma en souffrirait deux fois plus du fait que c'était son frère, parce que ça pouvait être "dangereux" pour leur couple. Will ne savait pas exactement de quoi Morten était capable, mais il savait de quoi lui-même aurait été capable si Abigail était tombé dans les griffes de son ennemi, et ça n'aurait pas été beau à voir. Il poussa un long soupir tout en amenant le front d'Emma contre le sien. Il aimait cette position : c'était comme si l'esprit d'Emma pouvait, par le contact de leurs deux têtes, plus facilement apaiser le sien. Il s'en trouvait rasséréné. Il ferma les yeux.

"Je te promet qu'on va faire en sorte qu'il n'y ait pas de choix à faire, pour personne, d'accord ? Je n'aime pas Morten, ça n'est pas un secret, mais jamais je n'ai voulu être un problème pour toi avec ta famille. On essayera de trouver des solutions pour qu'il finisse par accepter, qu'il se fasse à l'idée." Will était même prêt à le laisser le cogner sans rien répliquer si ça pouvait le soulager. Mais il préférait éviter d'en faire part à Emma, se doutant que ce genre de solution ne l'enchanterait pas. "Et tu ne me perdras pas, sinon ça voudra dire qu'on m'a arraché le cœur" ajouta-t-il en rouvrant les yeux.

"Quant au fait que j'étais torse nu la première fois que tu es venue aux vestiaires, c'était l'effet d'une blague de Daniel. Parce que non, je n'ai pas l'habitude de me promener dans le parc torse-nu après l'entraînement." Il rit doucement. "Cela dit, si ça peut te rassurer tu peux quand même venir me surveiller, les vestiaires sont un endroit très calme après les entraînements..." fit William, les yeux pétillants à la fois de malice et d'une autre lueur indéchiffrable.
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MessageSujet: Re: Porte fermée et lettre à poster [Will]   Jeu 2 Sep - 15:17

Calée contre William, Emma se sentait parfaitement bien. Le soulagement l’avait en quelques sortes envahie après avoir confessé ses peurs et ses craintes, et elle put se laisser aller. Les tensions qui l’habitaient disparurent peu à peu et son corps entier se détendit. Tranquillisée, elle ferma les yeux, tandis que Will énonçait à son tour ses propres doutes. La joue posée contre le pull du jeune homme, le nez enfoui dans son cou, savourant le parfum suave qui en émanait – un savant mélange de cuir, de cèdre, et d’ambre, avec une pointe d’acidité, qui lui faisait étrangement penser aux plages du Danemark où elle s’était rendue petite fille, bien que cela n’y ressemble pas vraiment – la Serdaigle avait le sourire aux lèvres. Jusqu’à ce qu’elle entende les mots de Will, qui lui firent parfois rouler les yeux sous ses paupières closes, et d’autres fois qui lui firent simplement se souvenir de ce qui les attendait. Elle avait encore en mémoire les lettres échangées avec son père, et elle savait bien que ce dernier ne se montrerait pas fervent admirateur de William, à l’instar de Morten. Surtout après avoir lu les lettres de sa fille, qui expliquaient quelques évènements qu’elle avait jusque là tenu secret de tous, sauf du principal concerné. Quant à sa mère, et là, Emma n’avait aucun doute, Bridget allait certainement adorer William. Il était peut-être loin de l’image du premier petit ami qu’elle avait visualisé pour sa fille, mais tous les changements qu’il apportait à sa vie ne seraient perçus que comme des avantages, et non pas comme des inconvénients. Restaient Zach et Karen, mais selon Emma, ils étaient encore un peu trop jeune pour se soucier véritablement des relations nouées par leur sœur. Et puis il y avait Joshua. Encore un qui devrait apprendre la nouvelle de sa bouche si elle ne voulait pas définitivement perdre son amitié. Surtout depuis la dernière fois qu’ils s’étaient parlé…

Les mains de Will vinrent encadrer son visage, la forçant à se redresser légèrement et à rouvrir les yeux pour le regarder. L’air sérieux qu’il affichait ne fit que renforcer une impression qui grandissait en elle, tout comme les paroles qu’il prononça. Comme si, tout en étant très différents l’un de l’autre, ils étaient pourtant inexorablement liés par quelque chose de plus fort, et semblables en de nombreux points qu’ils n’avaient plus qu’à découvrir. Elle ne dit pas un mot, se contentant de lever les yeux au ciel quand il évoqua sa beauté, rougissant quand il avoua l’effet qu’elle avait sur lui, baissant les yeux quand il lui rappela son oncle et ses paroles cruelles ; elle eut des frissons quand il prit sa main pour la poser sur son torse et quand elle sentit sous ses doigts les battements de son cœur à travers la laine du pull. Elle scruta le visage pensif de William alors qu’il se taisait, imprimant chacun des détails, des courbures, les gravant dans sa mémoire. La lueur qu’elle voyait passer dans ses yeux de temps à autre n’était pas pour la rassurer, et quand il poussa un soupir, tout en amenant la tête de la Serdaigle vers lui pour que leurs fronts se touchent, elle sut qu’il envisageait déjà le combat qu’il leur faudrait mener contre son frère pour pouvoir être ensemble librement. Comme pour confirmer sa théorie comme quoi ils se connaissaient au fond d’eux-mêmes, Emma aurait pu dire qu’il serait capable de faire une grosse bêtise, comme il le disait si bien lui-même, pour tenter d’arranger au moins la situation entre elle et Morten. Quelque chose dont elle ne voudrait bien sûr jamais entendre parler, et qu’il ne lui avouerait certainement pas.


« J’ai quelque chose à te confesser. Mes parents sont déjà au courant de… de ce que je ressens pour toi. J’avais besoin de le dire à quelqu’un, d’avoir des conseils qui me soient donnés, et mon père m’a semblé être la personne la plus apte à m’aider, à ce moment-là. Il n’était pas ravi ravi d’apprendre que tu m’avais emmenée voler, autant te dire que de son côté, ce n’est pas vraiment gagné. Je pense par contre que ma mère va t’apprécier, pour des raisons que je ne peux pas vraiment expliquer. » Emma ancra son regard dans celui de William. « Si on t’arrachait le cœur, c’est que le mien aurait déjà cessé de battre, car jamais je ne laisserai qui que ce soit te faire du mal. La seule pensée que tu puisses souffrir me donnent des envies meurtrières, encore plus si le mal doit venir de ma famile. Je ne laisserai pas Morten s’interposer entre toi et moi, je ne lui en laisserai même pas la possibilité. »

La jeune fille se redressa sur un coude, marmonnant au passage à quel point elle en avait assez d’être petite, puis, de sa main restée libre, elle caressa du bout du pouce la joue de William tandis que sa paume s’appuyait doucement sur sa tempe.

« Tout comme toi, j’ai cette impression, qu’au fond nous sommes liés. Que j’étais destinée à te rencontrer, à t’aider et à te protéger. C’est bizarre, d’ailleurs, parce que tu es censé être le chevalier, » ajouta-elle avec un sourire en se remémorant leur toute première rencontre. Elle se souvenait précisément des sentiments qu’elle avait éprouvés ce jour-là. Un peu de gêne d’avoir été prise en flagrant délit de faiblesse, beaucoup de sympathie à l’égard de ce jeune homme qui n’avait pas hésité à l’aider quand tant d’autres auraient passé leur chemin, et une miette d’autre chose qu’elle n’avait pas su définir sur le moment. Désormais, elle le pouvait. Elle avait été éblouie par l’aura magique de William, et son cœur avait déjà chaviré à ce moment-là pour les beaux yeux du Gryffondor. Lui présenter ses excuses après son entraînement de Quidditch, lui proposer les cours de Potions, tout cela n’avait en fait été que des prétextes inconscient pour les amener à se revoir. Les yeux dans le vague, le sourire aux lèvres, elle finit par murmurer, comme si cela était un secret qu’ils ne pouvaient que partager entre eux. « Si je n’avais pas fait un malaise, je suis certaine que l’on se serait trouvé tous les deux. D'une façon, ou d'une autre. »

Quand Will répondit à sa question sur les vestiaires, Emma ne put s’empêcher de rire doucement, elle aussi. Elle se rappelait bien la scène, et surtout à quel point elle l’avait trouvé beau. Encore maintenant, elle ne pouvait pas le lui avouer, de peur d’être totalement ridicule. « Je ne viendrai que si tu veux que je sois là. » répondit-elle en rougissant, ayant bien compris que l’invitation n’était pas aussi innocente qu’il voulait le faire paraître. En témoignait l’étrange lueur dans ses yeux bleus qu’elle fixait inlassablement. La main qu’elle avait posée sur la joue du Gryffondor glissa lentement vers ses cheveux, laissant les mèches se faufiler entre les doigts fins de la pianiste. La douceur des mèches brunes était telle qu’elle l’avait imaginée, peut-être même mieux que tout ce que son esprit avait pu prévoir. De petits éclats blancs attirèrent son regard vers la baie vitrée, et dans un mouvement rapide et imperceptible, Emma s’était relevée et avait entraîné William à sa suite. Le front posé contre la vitre, elle observait le parc avec une admiration à peine voilée, tandis qu’un sourire enfantin était venu se scotcher à ses lèvres alors qu’elle murmurait simplement : « Il neige ! »

[Suite à la Cour Extérieure]

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