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 Face à la vérité [Will]

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MessageSujet: Face à la vérité [Will]   Mar 17 Nov - 16:47

Emma avait transformé la salle exactement comme les autres fois. Elle n’avait jamais rejoué du piano depuis, en tous cas, pas quand William pouvait surgir. Elle ne se sentait pas suffisamment confiante en elle-même pour jouer devant lui. Il l’impressionnait, à sa manière. Alors que l’effet était censé être inverse : c’était elle le professeur, et lui l’élève. Mais rien n’y faisait. Elle bénissait son aptitude à se dissimuler derrière un masque, la seule faille dans sa solution restant ses deux yeux. Morten avait raison ; de l’extérieur, elle semblait fragile, mais elle avait en fait une grande force en elle. Bien qu’elle en doutât. C’est ce que Morten disait, pas ce qu’elle pensait, elle. Après tout, elle était une Serdaigle, pas une Gryffondor ou une Serpentard. Donc quand elle avait eu envie de s’évader dans la musique, elle avait choisi un autre jour.

William avait énormément progressé. Ce qui en un sens, attristait Emma autant que cela augmentait sa joie. S’il continuait ainsi, il n’aurait plus besoin d’elle, et leur petite entrevue hebdomadaire lui manquerait très certainement. Mais Will avait aussi une petite amie, la jeune fille de Serdaigle avec qui elle avait cours, Abigail, et il était normal qu’il passe plus de temps avec elle une fois que tout ça serait fini. Et plus il faisait de progrès, moins elle avait besoin de retenir ses gestes. Si la première fois, quand elle l’avait empêché d’inverser deux ingrédients, elle n’avait rien ressenti, les fois suivantes, chaque frôlement de peau lui avait donné l’impression de recevoir une impulsion électrique dans tout le corps. Mais ce n’était qu’une impression, et elle n’avait rien montré. Au moins, elle n’avait plus à intervenir à présent.

Elle était face à la grande baie vitrée qui donnait sur le terrain de Quidditch. Il pleuvait dehors, et les gouttes filaient doucement sur le verre. De son index, elle suivit le tracé de l’une d’entre elles, appréciant ce temps automnal. Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, elle aimait l’automne. Elle aimait le froid qui arrivait, qui précédait la neige, elle aimait l’humidité de l’air et les feuilles qui tourbillonnaient, emportées par le vent. Elle aimait cette pluie, et l’odeur de la nature mouillée à l’extérieur. Elle se sentait alors incroyablement apaisée et sereine quand il faisait ce temps-là, tandis que d’autres auraient râlé d’avoir leurs cheveux et leurs coiffures abîmées par la pluie ou le vent, se seraient plaints du froid et de l’humidité.
Elle continua de fixer les perles d’eau, une lueur mi triste mi amusée dans le regard. C’était étrange, car elle se sentait triste et joyeuse sans savoir pourquoi. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu de crise, et elle en était soulagée et inquiète à la fois. La prochaine ne tarderait pas, elle le savait. Mais c’était peut-être une des raisons pour laquelle son humeur était bonne ? Elle l’ignorait. Quant à sa tristesse, elle n’avait même pas l’ombre d’une hypothèse.

La jeune fille avait croisé Dan un peu plus tôt dans la journée, chacun entre deux cours. Ils n’avaient pas eu le temps de discuter beaucoup, mais le Gryffondor lui avait fait un clin d’œil tout en lui assurant qu’elle aurait une surprise pour le cours du soir. Cela l’avait intriguée… Mais s’il y avait bien une chose dont elle était sûre, c’est que cela concernait William. La deuxième fois où ils s’étaient retrouvés dans la salle sur demande, Emma lui avait prêté son manuel pour qu’il prépare la potion, et pendant qu’il la concoctait, elle avait pris le livre du garçon et avait ajouté plusieurs annotations sur les potions les plus dures. Des pense-bêtes, des corrections aux instructions, ce genre de choses qui lui seraient bien utiles tout au long de l’année. Bien sûr, elle ne lui avait pas dit ce qu’elle faisait au départ, et il ne l’avait vu qu’à son cours de potions avec le professeur Slughorn. C’était même Dan qui lui en avait fait la remarque en cours.

Dan et Emma étaient devenus amis. Pas encore des amis très proches, mais quelque chose les avait rapprochés. La mère de Daniel était professeur de littérature dans un lycée, et essayait d’enseigner un peu à son fils par correspondance, ou au moins de lui faire lire les grands classiques. Emma était une passionnée des livres. C’était lors d’un après-midi où elle s’était installée sur un des bancs du parc. Dan l’avait aperçue de loin, et ils avaient passé le reste de la journée à discuter de littérature. Ils avaient fait un peu plus connaissance par la même occasion, et se retrouvaient de temps à autre pour parler. Ils avaient même déniché un petit coin tranquille, entre la lisière de la forêt Interdite et les rivages du lac, caché du reste du parc. Quand ils y allaient, ils emportaient un livre avec eux, faisant la lecture là-bas, chacun leur tour, à haute voix.

Bien sûr, le château était au courant de cette relation, mais seulement des apparences. Nombreux étaient ceux qui disaient que la cadette Nielsen avait réussi à mettre le grappin sur le plus incorrigible des dragueurs de Poudlard. S’ils avaient su… Pourtant, Dan répétait à qui voulait l’entendre qu’ils étaient juste amis. Mais cela devait sembler réellement inconcevable de sa part, de l’amitié avec une fille. Emma avait essayé de ne pas y faire attention. Elle avait assuré à Morten que non, elle ne sortait pas avec lui, et n’en avait aucunement l’intention. S’il avait eu des doutes au début, il s’était tu et avait fait confiance à sa sœur. Elle ne mentait jamais. Dan ne lui plaisait pas, physiquement parlant, et puis, il ne tentait rien envers elle. C’était ça, le principal, car elle commençait à vraiment apprécier leur amitié, et si jamais il avait essayé quoi que ce soit, quelque chose en elle lui disait qu’elle ne pourrait peut-être pas lui pardonner d’avoir tenté de la séduire de cette façon.

Derrière elle, la porte s’ouvrit, laissant apparaître le reflet de Will dans la vitre. La jeune fille se tourna vers lui, et toujours avec la même lueur dans le regard, lui sourit doucement. Elle ne bougea pas plus, commençant à sentir l’étrange boule au ventre qui apparaissait chaque fois qu’il se retrouvait dans son champ de vision. Elle ne savait plus quand cela avait commencé. Mais c’était revenu, de plus en plus fort au fil du temps. Tant et si bien qu’elle avait l’impression de suffoquer parfois, ou de ne pas pouvoir parler. Et d’un autre côté, si elle ne le voyait pas, elle se sentait dans un état bien pire. Incapable de comprendre ce qui lui arrivait. Elle n’en avait parlé à personne.

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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Lun 7 Déc - 17:14

"Ne m'attendez pas, je reste encore un peu."

C'était les dernières paroles que William avait dite à Daniel alors qu'ils se trouvaient encore dans les airs, sous un ciel lourd et menaçant. L'équipe de Quidditch de Gryffondor avait exceptionnellement déplacé sa séance d'entraînement au mercredi après-midi au lieu de l'habituel jeudi soir, car les 7ème années avaient un examen blanc important le vendredi et avaient préféré prévoir la veille pour réviser tranquillement. Mais ils ne l'avaient même pas fait longue en cette fin de journée : la perspective de travail à faire pour les uns, et le temps plus que maussade d'un côté ne favorisa pas du tout l'envie ni la motivation. Ils jouèrent mal et décidèrent d'arrêter tôt. Sauf William qui ne descendit même pas de son balai et resta dans le ciel, se contentant de prévenir Daniel qu'il ne rentrait pas tout de suite avec eux.

En fait, c'était les rares paroles qu'il avait dit à son ami depuis environ une semaine. Et pourtant, ils ne s'étaient absolument pas disputés. D'ailleurs William n'avait pas vraiment quelque chose à reprocher à Daniel. Il n'était même pas certain de lui en vouloir. Il n'était certain de rien en fait, en ce moment. Il ressentait surtout le besoin de se retrouver seul en réalité, justement parce qu'il était en proie à des sentiments étranges et qu'il ne comprenait pas. C'était comme si il se baladait en dehors de son enveloppe corporelle depuis quelques temps et qu'il s'observait lui-même vivre sa vie quotidienne : il se faisait l'effet d'être un étranger de qui on ne pouvait pas prévoir les réactions ni les sentiments. Et c'était exactement ça : il n'arrivait plus à prévoir ni ses pensées, ni ses ressentis. Un véritable casse-tête.
D'ailleurs le monde autour de lui échappait un peu à William aussi. Le point principal étant Daniel.

Will avait entendu un soir à la salle commune des groupies de Dan parler avec colère et emportement de "la sœur de ce Serpentard de malheur qui avait réussi à mettre le grappin sur Daniel". Le cœur de William s'était arrêté quelques secondes, sans qu'il sache si c'était parce qu'elles parlaient de son meilleur ami ou bien si c'était parce qu'il avait deviné qu'elles avaient dépeint Emma. Il savait que Dan aimait bien Emma, mais en aucun cas qu'ils s'étaient rapprochés. Pourtant en y réfléchissant, il y avait quelques après-midis, ou bien peut-être des matins, où Daniel avait disparu mystérieusement, sans rien dire sur ses activités. William n'avait pas posé de questions ; il était dans l'optique que si jamais son ami voulait lui raconter quelque chose, il le ferait. A l'inverse si il voulait avoir des petits secrets, il en avait le droit. William lui-même avait conscience de ne pas être l'ami le plus limpide qu'il soit. Il ne racontait pas toujours tout, simplement parce qu'il pensait que sa vie n'était pas intéressante et que tout ce qu'il faisait ou avait fait n'était pas bon à dire. Mais avec Dan, il avait fait des efforts énormes. Le simple fait que seul Daniel soit au courant de son passé et très légèrement de sa relation avec June en était la preuve.
Et puis quelques jours après, Will avait aperçu Dan et Emma dans le hall de Poudlard. Sans se montrer, il les avait observé discuter un peu, il avait vu le sourire paisible de Daniel, celui confiant d'Emma, puis ne les avait pas lâché des yeux jusqu'à ce qu'ils s'en aillent tous les deux en direction du parc. La boule étrange que William hébergeait au creux de son ventre depuis qu'il avait entendu les rumeurs sur son ami et la jeune Serdaigle avait alors explosé pour l'envahir entièrement, comme un raz de marée de sentiments néfastes qui se serait jeté sur lui et l'aurait surpris de plein fouet. Et là encore, il ne comprenait pas pourquoi il ressentait ça.

La fatigue, sûrement. Ou bien le fait que la période de noël se rapprochait, peut-être. Ce n'était jamais un moment que William appréciait, comme la plupart des enfants qui n'avaient pas la chance de pouvoir avoir un Noël aussi parfait que tout ceux qu'on présentait dans les magasines ou les publicités. Ce moment de l'année rappelait au contraire à William qu'il avait une famille exécrable, à l'exception du seul joyaux qu'il essayait de préserver à tout prix, Abigail. Et si il se forçait à fêter Noël malgré tout, c'était simplement pour elle. Mais il se sentait toujours particulièrement mal à cette période de l'année, et Daniel le savait. Will espérait donc que son ami ne lui en veuille pas de trop de faire son ours mal léché en ce moment. Il en profitait pour parcourir le parc dès qu'il le pouvait, que ce soit à pied ou en balai. Il ne passait même plus par la Grande Salle, que ce soit le matin, le midi ou le soir, il se contentait de détours par les cuisines. Il n'y avait bien que les cours qui l'obligeaient à se trouver entre les murs du château. Et les cours comprenaient aussi ceux d'Emma le mercredi soir, ce qui fut la seule raison pour laquelle William finit par redescendre sur la terre ferme beaucoup plus tôt que ce qu'il n'avait fait ces derniers jours. Bien qu'il se soit mit à pleuvoir à grosses goutes, ça n'avait absolument pas empêché Will de voler, et voler encore, et frapper violemment contre le cognard qui le poursuivait sans cesse. Ça avait le don extraordinaire de le défouler mieux que n'importe quoi d'autre.

Un passage rapide à la douche des vestiaires vide, ses vêtements remis et la traversée du parc plus tard, toujours sous la pluie, et il se retrouva à l'abri dans le château. Il passa par les cuisines avant de monter parce qu'il n'avait rien mangé le midi et qu'il préférait éviter qu'Emma entende le concert de son ventre pendant leur cours.
Tout en montant les marches, Will essaya à nouveau de comprendre l'étrange exaltation qu'il ressentait à présent, bien que la présence de son mal-être plane toujours au-dessus de sa tête. Il n'avait jamais aimé les cours ni les potions. Pourtant avec Emma, c'était différent. Plus facile. Tellement plus simple. Et parfaitement évident. Il faisait encore des erreurs bien entendu, trop nombreuses même à son goût. Mais il aimait la façon dont la jeune fille lui apprenait les choses, il appréciait sa patience, son intelligence et la passion limpide qu'elle éprouvait pour les potions et qu'elle lui transmettait un peu. Il aimait voir son regard scintiller de plaisir lorsqu'elle lui expliquait quelque chose, ou son air concentré lorsqu'elle annotait son livre. Il faisait comme s'il ne la voyait pas, mais Will la regardait à la dérobée, discrètement. En revanche quand il était en cours, le professeur lui faisait nettement moins d'effets et étrangement la légère motivation qu'il arrivait à trouver avec Emma s'évaporait, pour retrouver l'ennui et la lassitude habituelles. Toutefois les cours particuliers semblaient payants puisqu'il était parvenu, au dernier contrôle, à améliorer sa note qui d'ordinaire stagnait au plus bas barreau de l'échelle, à savoir le fatidique T du Troll - Slug' ayant déjà pensé à réunir le Comité des enseignants de Poudlard pour savoir s'il n'était pas possible de créer une note encore plus basse, dans le style de I comme Irrécupérable. Pour une fois William avait pu découvrir sur sa copie que son nom était associé à un fantastique "P", que Slughorn avait écrit d'une main tremblante tant il avait du être éberlué. Ce n'était encore pas le nirvana, mais pour Will c'était assez exceptionnel. Et il se devait de remercier son professeur particulier. Mais il ne savait pas trop comment, au juste. Peut-être que le mieux à faire serait de demander à Daniel de la remercier pour lui...

Alors que sa mauvaise humeur commençait à poindre de nouveau, William ouvrit la porte de la salle sur demande. Comme par magie, la simple vue de la jeune fille à la fenêtre et du sourire qu'elle lui adressait fit s'envoler toutes ses pensées négatives, ou presque. Elles se rangèrent en tout cas dans un coin de sa tête pour le moment et Will se contenta de lui rendre un sourire, doucement. Comment ne pas comprendre Daniel qui devait avoir fondu pour elle ?


"Bonjour."

Un coup d'œil rapide sur le reste de la pièce lui indiqua qu'elle avait déjà tout agencé comme les fois précédentes, à l'exception du piano que William n'avait pu voir qu'au tout premier cours. Il semblait qu'elle n'osait plus s'en servir maintenant qu'il l'avait surpris. Il s'empara de son sac qu'il avait jusqu'alors sur l'épaule et l'ouvrit pour en sortir deux pommes, dont une qu'il proposa à Emma.

"J'ai une bonne nouvelle", annonça-t-il, toujours tout sourire. Bien qu'il ne sache pas vraiment s'il devait être fier de son "Piètre" ou pas...

"J'ai eu un P en potions... Et c'est grâce à toi, je n'y serais jamais arrivé sans ton aide. Même si ce n'est pas encore bien exceptionnel, pour moi c'est vraiment un grand pas en avant. Donc sincèrement, merci beaucoup."

William venait de trouver comment la remercier. Il se pencha en avant et déposa un léger baiser sur la joue d'Emma.
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Mar 8 Déc - 12:44

« Je… »

Sa voix s’étrangla dans sa gorge. Ses joues s’empourprèrent immédiatement et son regard s’illumina. Juste pour la durée d’une seconde. Jusqu’à ce qu’Emma se rappelle Abigail. Elle porta une main à sa joue, troublée et gênée, presque honteuse. Ce n’était pas bien. Elle ne devait pas se sentir heureuse qu’il l’embrasse, même sur la joue. En fait, il ne devrait même pas l’embrasser. Elle détourna la tête, un peu comme si elle avait fait quelque chose de mal. Elle n’avait, bien sûr, aucune idée que son geste pourrait être interprété de toute autre façon que ce qu’il signifiait pour elle, et s’éloigna d’un pas. Elle reporta son regard sur le parc, prenant le temps d’éclaircir ses pensées. Peine perdue. Pourtant, il lui fallait sauver la face de cette mascarade. Il fallait que son cœur cesse sa course effrénée dans sa poitrine, dont les battements résonnaient jusque dans ses oreilles. William les entendait-il ? Certainement, car nul autre son ne prenait place dans la pièce que ce frénétique tambourinement.

Sa main vint se porter à sa joue, marque inconsciente de son trouble. Cependant, c’était si limpide qu’elle pouvait aisément en deviner la cause. Mais la jeune fille se refusait à lever le voile sur cette vérité dérangeante, cette vérité qui n’avait pas lieu d’être et qu’il lui faudrait assassiner dans l’œuf. Inspiration. Expiration. Faire le vide et oublier. La douleur n’est qu’une illusion, mais la tristesse est réelle, elle. Les poings d’Emma se serrèrent, retenant tout ce sentiment d’affliction, toute cette douleur imaginaire qu’elle devait faire disparaître au plus vite. Car elle n’avait pas le droit de s’attacher au garçon, d’aucune manière que ce soit. Elle était dangereuse. Trop dangereuse pour pouvoir même le lui avouer. Et faible, oui, sa faiblesse était grande si elle ne pouvait plus désormais se passer de le voir, ne serait-ce que de l’apercevoir un court instant. Un bref instant, mais un instant qui illuminait littéralement sa journée, qui lui donnait le sourire…

Elle se retourna vers le Gryffondor. Elle portait un masque, certes, mais au moins, elle allait pouvoir rattraper ce qui venait de se passer. Elle accepta la pomme qu’il avait prise pour elle, bien que n’ayant pas faim. Elle perdait l’appétit depuis quelques temps, et redoutait que Morten l’apprenne, auquel cas il la forcerait à manger et la traînerait dans la Grande Salle. Situation qu’elle supporterait difficilement, étant donné l’état de ses nerfs ces derniers jours. A vif, sans la moindre raison valable. Quoique s’il avait fallu mettre un nom sur cet état, sa conscience était tout à fait capable de lui souffler un coupable tout désigné. Elle ignorait donc cette petite voix dans sa tête, celle qui se réveillait en présence de William, qui la faisait se sentir coupable en présence de Josh. Elle savait que son ami était allé voir le Gryffondor. Elle savait pourquoi il avait fait ça. Mais elle ne pouvait lui offrir en retour ce qu’il attendait d’elle, et elle n’avait pas le courage de le lui avouer. Jamais elle ne ressentirait pour Joshua un amour autre que celui qu’elle réservait à un frère.

Elle se força à sourire et à mettre de côté toutes les pensées, les envies qui l’assaillaient. C’était facile, peut-être un peu trop pour que cela ne soit pas visible. Trouver un sujet de conversation, avant que ce silence ne devienne plus pesant qu’il ne l’était déjà. N’importe quoi, quitte à parler du temps qu’il faisait dehors. C’est à ce moment qu’elle s’aperçut que William était trempé. Ses cheveux gouttaient devant ses yeux, c’était une image hypnotisante. La Serdaigle attrapa sa baguette, coincée dans la ceinture de sa robe qui lui barrait la taille, et jeta au garçon un sortilège informulé de réchauffement. Elle évitait d’en lancer, depuis le premier cours de Défense contre les Forces du Mal. Elle avait peur, même si suite à sa discussion avec le professeur Cromwell elle craignait moins que ce genre de phénomènes ne se reproduise. Quelque chose avait pris le contrôle de son corps à son insu. Quelque chose qui pouvait recommencer si elle ne faisait pas attention.

Elle espérait qu’il se sentirait mieux ainsi, avec ses vêtements secs. Pendant un instant, elle se demanda s’il était sorti sous ce déluge qui prenait place à l’extérieur, dans le parc, mais se rappela que ce n’était pas ses affaires. Elle n’avait pas à se montrer curieuse vis-à-vis de lui. Elle n’en avait pas le droit. Raison pour laquelle elle retint la question qu’elle avait au bout de la langue, sur le bord des lèvres. Elle pourrait interroger Dan, lors de leur prochaine entrevue. Elle aurait pu, oui, si ce dernier ne commençait pas à la regarder étrangement quand la conversation venait à porter sur le meilleur ami du garçon. Ce qui la ramena aux rumeurs sordides qui couraient sur leur relation, et la fit grimacer un peu.


« Je te préviens, si toi aussi tu me demandes si je sors avec Dan, je te frappe. » Son ton était plus moqueur qu’autre chose, mais elle ajouta, un peu plus sérieusement : « A croire que personne n’a jamais vu un garçon et une fille discuter sans aucune arrière pensée… »

Une goutte de raison lâchée dans un océan de doutes. Elle n’avait certainement aucune idée de l’impact qu’auraient ses mots. Mais déjà pour elle-même, elle se sentait soulagée de le lui avoir révélé. Elle n’avait pas envie qu’il croit à ces rumeurs, ces bêtises grotesques. Pour la réputation de son ami, bien sûr… du moins essayait-elle de s’en convaincre. Car pour quelle autre raison aurait-elle pu agir de la sorte ? Sa sournoise conscience siffla quelques mots dans son esprit, mots qu’elle refusa net d’entendre. La vérité blesse, trop souvent.

« Pour ta note, en tous cas, félicitations… Même si j’espère bien que d’ici quelques semaines, tu n’aies plus que des Acceptable ou des Effort exceptionnel. Ou alors, je vais devoir me poser des questions sur ma manière d’enseigner… »

Un rire cristallin s’échappa de ses lèvres à la fin de sa tirade, mais elle sentait qu’il sonnait faux. Elle se fichait bien de ses talents de professeur, du moment qu’il réussissait. C’était la meilleure façon qu’il trouverait pour la remercier.
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Lun 21 Déc - 15:20

Embrasser Emma sur la joue pour la remercier avait été une impulsion subite et totalement imprévue, même pour William. Il n’avait absolument pas pris le temps d’y réfléchir et avait simplement cédé à une envie spontanée.
C’est seulement lorsqu’il se recula et qu’il vit sa réaction que la possibilité qu’Emma puisse ne pas apprécier arriva à l’esprit de Will. L’attitude de la jeune fille, bien qu’il supposait que ce ne soit pas du tout voulu, le blessa profondément : elle se recula comme si elle voulait instaurer volontairement de la distance entre eux deux, au cas où il lui prendrait l’envie de recommencer ce genre de démonstration affective, puis rougit assez visiblement, preuve de sa gêne. Enfin, elle porta une main à sa joue comme si Will l’avait salie. Lui-même se sentit tout d’un coup affreusement mal à l’aise : qu’est-ce qui lui avait pris de faire ça, au juste ? Pour lui, ce remerciement était parfaitement innocent et il voulait simplement montrer combien il lui était reconnaissant. Mais en y réfléchissant un peu plus – ce qu’il aurait du faire bien avant – Will admettait que cela pouvait être très mal interprété.

Surtout si effectivement elle portait une affection toute particulière à Dan.
Une nouvelle fois, la vague de pensées négatives le submergea et il eut l’impression de rester en apnée pendant quelques instants, tellement il se sentait mal. Il préféra baisser la tête afin de dissimuler ses yeux pendant qu’il essayait de se reprendre.
William avait entendu les rumeurs qui couraient entre Emma et son meilleur ami depuis une semaine environ. Ça avait déjà été très dur à supporter, toutes ces images qui trottaient dans sa tête quand il y pensait, mais là, alors que la Serdaigle se trouvait juste devant lui, c’était un véritable supplice. D’autant plus qu’elle venait de lui donner une preuve involontaire et renforçait ses soupçons. Et pourquoi est-ce que Daniel ne lui en avait pas parlé ? C’était une des questions qui revenait sans cesse dans l’esprit torturé de William. Oui, il voulait bien que son ami ait des secrets. Mais bêtement, égoïstement, sans raison, il trouvait injuste que Dan garde ça pour lui. D’habitude il lui disait tout, c’était lui le plus bavard des deux. Will était au courant de toutes ses conquêtes, avant même que les filles ne sachent qu’elles plaisaient au Gryffondor de ces dames. Il savait sur qui Daniel avait des vues, qui lui faisait de l’effet et qui pas du tout. Pourquoi le sujet d’Emma était-il totalement resté sous scellé alors ?
Des questions qui ne laissaient aucun répit à William depuis plusieurs jours et qui l’épuisait. D’autant plus qu’il ne comprenait toujours pas – où ne voulait pas comprendre – pourquoi ça l’affectait autant.

Un courant d’air chaud l’enveloppa soudainement, l’obligeant à relever les yeux. William n’avait même pas prêté attention jusque là qu’il était complètement trempé, des pieds à la tête. C’est seulement lorsque la chaleur prit doucement possession de son corps qu’il réalisa qu’il avait froid. Enfin, avait eu froid. Grâce à Emma et à son sort, ça allait désormais beaucoup mieux. Elle était vraiment gentille, trop gentille sûrement : il venait de la mettre dans une situation gênante pour elle, et la Serdaigle pensait encore à son bien-être. Will commençait à se dire que même si continuer les leçons particulières avec lui l’ennuyait, Emma n’y mettrait probablement jamais un terme elle-même. Il devrait le faire. Oui, c’était sûrement la meilleure solution. Après tout si jamais elle sortait avec Daniel ce ne serait pas vraiment convenable que les gens apprennent que le meilleur ami du Gryffondor voyait sa petite-amie en tête à tête. William devait se préparer à mettre fin à tout ça. Oublier même l’éventualité de la remmener une nouvelle fois se balader dans les airs. Dan pourrait le faire lui-même. Mettre de côté son envie de la revoir, de la croiser dans les couloirs, de l’apercevoir à la Grande Salle lors des repas… Il fallait qu’il mette un terme à tout ça le plus vite possible. Le mieux était encore de le faire dès la fin de cette séance. Oui, William lui dirait qu’il préférait arrêter les cours le mercredi soir, que ce serait mieux. Mais pourquoi alors avait-il l’impression que son cœur lui hurlait qu’il ne trouvait pas ça mieux du tout, lui ?

Au milieu de ce torrent d’incompréhension, les paroles d’Emma parurent comme l’épée sacrée de la délivrance venue sauver l’esprit en ébullition de William qui menaçait d’éclater et de le rendre complètement fou. Tellement perdu en lui-même et empêtré dans ses sentiments confus, il mit cependant du temps à réaliser ce que sous-entendait les paroles de la jeune fille. Sans qu’il s’en rende compte, ses yeux s’étaient écarquillés de surprise et sa bouche était entrouverte.


« Qu… Quoi ? »

C’est tout ce que Will avait réussi à articuler pour un premier jet. Il lui fallait le temps que son cerveau s’en remette et comprenne.

« C’est vrai ? Je veux dire… Tu… Enfin… »

C’était là le moment délicat de la partie. Il s’agissait d’espérer qu’il avait bien interprété les paroles de la jeune fille, qu’il ne les avait pas mal comprises, puis lui poser la question franchement, tout en sachant que si elle avait plaisanté, il allait se rendre ridicule.

« Tu n’es pas amoureuse de Daniel ? »

Quoique, même si elle n’avait pas plaisanté en disant ça, il se sentait tout de même ridicule. Il en était réduit à lui demander à elle des informations sur sa relation avec son meilleur ami. Pour qui allait-elle le prendre ?

« Il ne te plaît pas même un peu ? »

Autant se rendre ridicule jusqu’au bout.

La nouvelle en tout cas avait provoqué une bombe libératrice dans l’esprit de William. Mais comme toutes les bombes, celle-ci avait laissé l’endroit dans un état lamentable. Un véritable champ de ruines. Si Will se sentait déjà perdu avant, là c’était le chaos le plus total. Il ne comprenait plus rien, ni de ce qu’il se passait effectivement autour de lui, des relations que nouaient ou dénouaient les personnes qu’il côtoyait, ni même de ses propres sentiments. Il avait d’abord cru que Joshua était le petit-ami d’Emma et avait apprit de la bouche-même de celui-ci – lors d’une conversation particulièrement animée d’ailleurs – qu’il n’en était rien. Et maintenant c’était Daniel. Et d’abord, pourquoi William se préoccupait-il autant de savoir qui fréquentait Emma ou non ?

Son air complètement hébété par la nouvelle s’envola comme des feuilles mortes au vent quand le rire d’Emma éclata dans la pièce. Un long frisson de ravissement parcourut le dos de William alors qu’il assistait à une étrange découverte de sa part : il aimait l’entendre rire.


« J’ai bien peur que tu ne surestimes un peu trop mes capacités… Je ne voudrais vraiment pas te décevoir, tu sais. Mais ça m’étonnerait beaucoup que j’arrive à de telles notes, surtout d’ici aussi peu de temps. Le P est déjà exceptionnel… Je vais essayer de le maintenir, déjà. Et ça n’a rien à voir avec tes qualités d’enseignement qui sont remarquables, je t’assure. »

Alors qu'il parlait, William ne pouvait empêcher sa tête de continuer de penser, à toute vitesse. A cet instant même, il aurait voulu pouvoir s'arrêter de réfléchir, simplement. Que les questions cessent. Que son esprit arrête de tenter de reconstituer les morceaux du puzzle. Mais il n'y arrivait pas.
La question présente, c'était pourquoi, si Emma ne s'intéressait ni à Daniel, ni à Joshua, avait-elle réagit de la sorte lorsque Will l'avait - simplement - embrassée sur la joue ?

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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Mar 22 Déc - 15:51

La surprise qui s’était peinte sur le visage de Will recouvrit bientôt celui d’Emma. Alors il avait cru à ces bêtises ? Mais pourtant, Daniel était son meilleur ami, et ce dernier ne cessait de répéter par monts et par vaux que la Serdaigle n’était pas sa petite amie. Et à force de le côtoyer, la jeune fille avait fini par en comprendre la raison : oui, Dan s’intéressait bien à une Serdaigle de cinquième année, mais ce n’état pas elle. Au début, ça avait été de manière anodine qu’il avait posé des questions sur la demoiselle concernée. Et autant Emma pouvait éluder l’analyse de son propre comportement, autant elle pouvait ne pas voir en cet instant dans quel trouble William venait de plonger, autant Daniel était comme un livre ouvert. Et ce qui était évident, c’est que Maëdy, la jeune casse cou qu’elle avait soignée par deux fois, occupait les pensées du Gryffondor constamment. D’où le déni de toute relation avec elle. Mais que le meilleur ami du garçon semble l’ignorer, cela lui semblait inconcevable. Sauf si…
Le regard d’Emma s’obscurcit, pendant un temps qui ne dura même pas un millième de seconde. Un goût amer lui emplit la bouche tandis qu’elle se remémorait deux mots : cible, et pari. Mais d’abord, elle devait éclaircir ce premier point avec William, qui, visiblement, était jusqu’alors persuadé du contraire.


« Non, je ne suis pas amoureuse de lui, ni même intéressée. » Ses yeux dérivèrent vers la fenêtre et le parc. « J’ai depuis peu, je ne sais pourquoi, perdu toute ma gaieté, renoncé à tous mes exercices accoutumés ; et, vraiment tout pèse si lourdement à mon humeur, que la terre, cette belle création, me semble un promontoire stérile. Le ciel, ce dais splendide, regardez ! ce magnifique plafond, ce toit majestueux, constellé de flammes d’or, eh bien ! il ne m’apparaît plus que comme un noir amas de vapeurs pestilentielles. Quel chef d’œuvre que l’homme ! Qu’il est noble dans sa raison ! Qu’il est infini dans ses facultés !
Dans sa force et dans ses mouvements, comme il est expressif et admirable ! par l’action, semblable à un ange ! par la pensée, semblable à un Dieu ! C’est la merveille du monde ! l’animal idéal ! Et pourtant qu’est à mes yeux cette quintessence de poussière ? L’homme n’a pas de charme pour moi... ni la femme non plus, quoi que semble dire votre sourire. »


La demoiselle s’arrêta là sur cette citation de son passage préféré de Hamlet. La célèbre réplique « Etre ou ne pas être… », monologue du prince Danois, était désormais trop utilisée pour avoir encore quelque charme. Mais l’histoire en elle-même, qui se déroulait dans son pays natal, avait toujours été celle qu’elle voulait entendre le soir, quand son père lui lisait encore des livres, jusqu’à ce qu’elle puisse le faire seule.

« Excuse mon élan théâtral. Non, je ne sors pas avec Daniel, et si nous nous retrouvons parfois, ce n’est que pour reproduire le genre de scène dont tu viens d’être le spectateur. Un amour de la littérature nous unit, c’est tout. Pas d’autres sentiments, si ce n’est une amitié grandissante, je crois. Quant au simple fait de me plaire… J’ai beau savoir que la moitié du château qui ne court pas après mon frère ou Sirius Black est après ton ami, je trouve que, contrairement à toi par exemple, il est assez quelconque. »

C’est alors qu’elle aperçut l’air peu convaincu de William, ce qui lui arracha un soupir. Il était donc de ces personnes qui n’avaient aucune idée de l’effet qu’ils produisaient sur les autres. Elle se rapprocha de lui et l’attrapa par le poignet, le traînant ensuite, avec une force qu’elle n’avait pas eu conscience de posséder, jusqu’à un miroir en pied qui était apparu un peu plus loin. Il était assez grand pour que le Gryffondor y soit reflété des pieds à la tête, et assez large pour que leurs deux images s’y côtoient. Là, elle lâcha son bras et se tourna de biais vers lui, l’obligeant à se regarder.

« William Green, écoute-moi bien… Je ne suis peut-être pas la voix de la sagesse, mais pour le moment, tu vas faire comme si. » Puis elle ajouta avec un sourire mutin que le jeune homme ne lui avait certainement encore jamais vu : « Je vais te montrer, ce qui, à mon avis, est la vision que beaucoup de filles de l’école ont de toi. » Elle pointa, au fur et à mesure qu’elle avançait, les différentes parties qu’elle nommait : « Tes cheveux déjà ! Prends n’importe quelle fille à part, je suis prête ma main au feu qu’elle mourra d’envie de passer sa main dedans. Tu as des yeux d’un bleu profond et hypnotisant, comme un océan dans lequel on pourrait se noyer. Sans compter sur le Quidditch qui t’a sûrement bien aidé à développer ta musculature. Tu es grand, tu as un côté sécurisant et protecteur, tu sais te battre, et… est-ce que tu as seulement idée de l’aura qui se dégage de toi ? Être avec toi, c’est enivrant… » Elle se tut quelques secondes, le regard dans le vague, le même sourire toujours aux lèvres. « Et ça, ce n’est que pour l’apparence. Selon moi, la gentillesse s’est réincarnée en toi. Tu n’es pas non plus comme tous ces garçons dont les seuls sujets de conversation tournent autour du Quidditch ou des filles, tu sauves les demoiselles en détresse comme moi…. Daniel est peut-être le prince charmant de toutes ces filles, mais toi, William, tu es cent fois plus royal que lui. »

Pas étonnant, avec la description qu’elle venait de faire, que le jeune homme sorte avec une fille magnifique comme l’était Abigail. Penser de nouveau à sa camarade de Serdaigle lui fit regretter sa précédente tirade. Ce n’était pas le genre de choses que l’on pouvait dire à un garçon qui avait déjà une petite amie. En fait, ce n’était pas le genre de choses qu’elle pouvait se permettre de dire tout court. Elle aurait voulu, en cet instant, avoir un Retourneur de temps en sa possession, pour modifier le passé. Son caractère passionné ne pouvait-il pas se mettre en sourdine dans des moments pareils ? Parler et réfléchir ensuite, c’était bien un comportement qui ne lui ressemblait pas. Et ce qui était encore moins normal, c’était que William passe toute une soirée chaque semaine à étudier des potions alors qu’il aurait pu profiter de ces moments pour retrouver sa chère et tendre. Cette pensée lui procura une sensation de pincement au niveau du cœur. Comme elle l’avait dit, William était gentil, et certainement trop gentil pour lui avouer qu’il préfèrerait passer du temps avec sa petite amie plutôt que de travailler une matière qu’il abhorrait. Il faudrait qu’elle lui propose d’arrêter alors. Juste au moment où ce travail semblait porter ses fruits, c’était dommage. Sa conscience lui souffla perfidement que ce n’était pas l’unique raison pour laquelle elle ne voulait pas faire cesser ces entrevues. Mais elle le ferait, pour le couple du Gryffondor. Simplement, pas aujourd’hui, elle n’en avait étrangement pas la courage.

Emma releva la tête vers son ‘élève’, les yeux et le sourire illuminés par une douce tristesse. C’est à ce seul instant qu’elle aperçut le sourire amusé et… heureux – mais n’était-ce pas l’essence même d’un sourire, être un indice de joie ? – que William avait aux lèvres. Elle aimait le voir sourire ainsi, il n’avait alors plus l’air de se torturer constamment, comme si le moindre de ses gestes qu’il aurait, ou le moindres des mots qu’il prononcerait serait une insulte pour les personnes face à lui. Sans qu’elle prenne le temps de comprendre ce qu’elle faisait, elle s’avança vers lui, comblant la distance qui les séparait, et l’embrassa. Pas comme les autres fois où elle s’était contentée de déposer un baiser sur sa joue, non. Cette fois-ci, elle posa ses lèvres sur celles du Gryffondor, essayant d’oublier un instant qu’elle n’avait aucune expérience en la matière, laissant le feu dans son ventre éclater et se libérer avec violence, profitant au maximum de toutes ces sensations qui s’éveillaient en elle. Finalement, elle ferma les yeux quand elle sentit que William répondait à son baiser, allant jusqu’à rapprocher leur deux corps et à prendre son visage entre ses mains.


Spoiler:
 

Mais quand elle rouvrit les yeux, elle était de retour à sa place…. Avait-elle seulement bougé ? Elle cligna des paupières et réalisa qu’elle venait de rêver alors qu’elle était totalement éveillée, que rien ne s’était passé. Elle retint du mieux qu’elle put la gêne de colorer à nouveau ses joues dans une nouvelle nuance de rouge, ne pouvant cependant empêcher ses yeux de dévoiler son trouble. Ce que la jeune fille ignorait, c’était que sa rebelle de magie avait envoyé toutes ces images dans la tête du garçon qui se tenait face à elle. C’était comme si elle avait lancé un sortilège informulé de Legilimancie, sauf qu’elle ne savait même pas qu’elle l’avait fait. Et peut-être était-ce pour le mieux ainsi, car la honte qu’elle aurait alors éprouvée l’aurait fait souhaité disparaître sur le champ.

« Désolée, j’ai eu une absence. Mais ça vient de me rappeler que je voulais te poser une question. Et te parler d’un sujet plus sérieux… »

    (Début du flashback)
    Elle était tranquillement installée sous les branches du saule pleureur qu’elle affectionnait tant, celui sous lequel elle venait souvent lire ou travailler. Bien emmitouflée dans sa cape et son écharpe aux couleurs de sa maison, elle tenait un livre volumineux ouvert sur ses genoux croisés, assise en tailleur. De loin, cela ressemblait encore à un de ces manuels de potions qu’elle aimait lire, mais il s’agissait en réalité d’un recueil d’histoires druidiques tout à fait captivant.

    « Emma ! »

    La concernée releva la tête et sourit en voyant son meilleur ami la rejoindre. Cependant, son sourire ne dura pas quand elle aperçut l’air collé au visage de Joshua. Un air sombre, comme s’il était prêt à assassiner quelqu’un. Elle referma le livre dans un bruit sourd et le rangea dans son sac, prêtant désormais toute son attention au Poufsouffle. Et plus elle écoutait ce qu’il lui disait, plus elle avait l’impression que le sol allait s’effondrer sous elle. D’un autre côté pourtant, elle retenait un sentiment de colère grandissant. Donc, selon lui, et d’après la discussion qu’il avait eue avec William, les deux Gryffondors étaient en train de jouer, et elle était la cible… Elle n’imaginait pas un seul instant que cela puisse être la vérité, mais en même temps, elle savait d’expérience qu’elle s’était déjà trompée à quelques reprises sur les gens et leur nature profonde. Elle passa une main sur ses yeux et soupira.

    « Il avait raison. Tu pourrais au moins me faire confiance. Même si c’est un jeu, je suis assez grande pour que tu ne reproduises pas le comportement paranoïaque de Morten. J’ai l’impression de l’entendre parler… »

    La Serdaigle ne lui en voulait pas trop non plus. Elle savait pertinemment que le garçon essayait de la protéger. Elle lui avait fait promettre de ne rien dire à son frère. Pas besoin que celui-ci s’acharne encore plus sur les deux amis. Et ils avaient passé le reste de l’après-midi à discuter de choses et d’autres.
    (Fin du flashback)


La jeune fille leva ses deux prunelles noisette vers William. C’était le moment de vérité.

« Est-ce que oui ou non, toi et Daniel essayez d’une quelconque manière d’atteindre mon frère à travers moi, avec une histoire de pari dont je suis la cible ? » Son regard reflétait le doute qui la rongeait, la peur de connaître la réponse, et par-dessus tout, une tristesse plus grande que ce qu’il pouvait oser imaginer. Cela voudrait dire que tout ce qu’elle avait dit précédemment, sur sa gentillesse, ce qu’elle avait cru apercevoir du bon fond du jeune homme, n’aurait été qu’une erreur de plus sur le tableau de son jugement. Elle attendit une ou deux secondes avant d’ajouter d’une voix douce : « Je comprends que vous ne vous appréciez pas. Mais je ne veux pas me retrouver au milieu de ça. Donc, si c’est ce qui se passe, il faut que vous arrêtiez. »

Alors qu’elle prononçait les derniers mots, elle retourna à la baie vitrée, laissant le miroir créé par son imagination disparaître dans le néant. La réponse de William ne tarda pas à venir, amenant avec elle un sourire triste et soulagé sur les lèvres de la Serdaigle. Elle posa sa main contre le verre froid de la fenêtre, prenant le temps d’admirer encore un peu la vue sur le parc mouillé et cette pluie qui n’en finissait pas. Joshua s’était trompé. Cela lui arrivait rarement, mais elle était contente de compter cette fois-ci dedans. L’estime qu’elle portait aux Gryffondors en aurait pris un sacré coup s’il s’était révélé que son ami avait raison. Tout comme elle aurait sérieusement commencé à se poser des questions sur sa capacité à juger la personnalité des gens.

« Il ne faut pas en vouloir à Josh… A sa manière, il cherche à prendre soin de moi. Même si ça n’aura probablement jamais l’effet qu’il attend. » Elle soupira silencieusement avant de se retourner pour lui faire face. « Ce n’est pas parce que je passe mon temps la tête dans les livres que je ne remarque pas ce genre de choses. Et pourtant… Ca serait tellement plus simple… Je crois que seule ma mère comprend la situation de mon point de vue. Même si c’est vrai qu’il serait le petit ami ou le parti idéal : séduisant, apprécié par mon père et mon frère aîné, descendant d’une grande famille de sorciers, riche héritier, sans aucun préjugé sur la pureté du sang ou sur ma maladie… Peut-être trop idéal, tu ne crois pas ? Enfin, excuse-moi. Je dois t’embêter avec mes histoires ridicules… Mais s’il te plaît, ne sois pas rancunier contre lui. Je me doute qu’il a dû copier le comportement de Morten, mais étrangement, mon frère est le seul modèle qu’il a eu sous les yeux… Et tu as déjà vu comment ce dernier se comporte… »

Emma finit en haussant les épaules. Les garçons étaient parfois d’un compliqué… Et après, on critiquait la complexité des filles. Ils pouvaient parler, tiens, les membres de la gente masculine.
Ils purent enfin commencer ce pourquoi ils étaient là. Sur la table habituelle se trouvaient, inhabituellement, deux chaudrons. La jeune fille en expliqua aussitôt la raison au Gryffondor : pendant qu’il essaierait de faire seul la prochaine potion qu’il étudierait en cours, à savoir un des élixirs éternels, elle ferait elle-même une petite expérience. Les élixirs éternels étaient au nombre de cinq. Le premier, qui était étudié lors de la sixième année, soit celui qui concernant William en cet instant précis, ramenait à la vie les végétaux morts, brûlés ou gelés. La Serdaigle soupçonnait Slughorn de l’avoir mis au programme alors que l’hiver arrivait en prévision du grand froid qui parcourrait bientôt l’Ecosse. Par contre, elle ignorait tout des effets des quatre autres élixirs. Ils faisaient partie d’un programme bien plus complexe, qu’on retrouvait à l’université de Salem, aux Etats-Unis, ou à l’université magique de Kyoto. Elle savait juste que le premier, des cinq, était le plus simple à préparer. Enfin, si on pouvait employer le terme simple quand on connaissait la complexité de la manière de le concocter.

Elle se plaça derrière son propre chaudron, entouré de nombreux ingrédients que son père lui avait envoyés depuis sa petite herboristerie. William devrait être particulièrement attentif en ce jour, car elle comptait tester le mélange le plus audacieux qu’elle avait jamais imaginé, et elle ne pourrait pas surveiller ses faits et gestes. Elle se lança donc dans la préparation de cette potion qui, elle l’espérait, pourrait peut-être avoir les mêmes effets que celle contre l’épilepsie. De temps à autre, elle jetait un coup d’œil à son camarade, mais revenait bien vite à sa mixture.
Dans l’eau qui chauffait, elle avait ajouté de nombreuses plantes aux vertus d’antidote bien connues. Elle faisait très attention entre chaque étape, mais rata l’apparition d’une bulle noire à la surface du mélange, alors qu’elle regardait William à nouveau. Elle ne la vit qu’après avoir jeté les écailles de salamandre et la racine de chêne en lamelles. Il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour comprendre son erreur. Cette bulle, en soit, n’était pas dangereuse, et la Serdaigle aurait pu rattraper le mélange, ou tout recommencer depuis le début. Mais l’ajout des écailles l’en empêchait désormais.

Sans laisser le temps à William de réagir, elle l’attrapa par le bras pour la seconde fois de la soirée et l’entraîna sous la table. Si elle avait pu monter sur un balai, ses réflexes auraient très certainement été d’une grande aide pour l’équipe de Quidditch de sa maison. A peine venait-elle de les étendre sur le sol, son corps sur celui de Gryffondor comme une barrière protectrice, qu’une explosion retentit dans la salle, les plongeant dans l’obscurité. C’était ce qu’elle avait déduit. Dans sa joie d’avoir peut-être trouvé un remède à son mal, elle avait dû oublier de vérifier les propriétés de certains ingrédients, et la réaction obtenue si on les mélangeait. C’était une erreur qui aurait pu les conduire tous les deux à l’infirmerie, voire au cimetière. Sur cette pensée, une seconde explosion se produisit. Le mélange d’Emma avait peut-être atterri en partie dans le chaudron de William, ce qui avait provoqué le second éclat.

Maintenant que le plus grand danger était terminé – du moins Emma l’espérait-elle – la jeune femme réalisa dans quelle position elle les avait mis. Elle fut très heureuse, pour le coup, que la lumière ne soit plus là pour dévoiler la rapidité avec laquelle ses joues s’empourprèrent, mais il restait encore quelques éclaircies qui passaient par la fenêtre.
Elle était allongée sur William, sa robe était légèrement remontée et elle sentait le contact du jean contre ses jambes nues. Ses mains reposaient sur les épaules du garçon. Et pire que tout, leurs visages étaient trop proches pour que cela soit décent, ou même correct vis-à-vis d’Abigail. Elle pouvait sentir le souffle de sa respiration contre ses lèvres. A vrai dire, elle pouvait presque sentir les lèvres de William effleurer sa bouche. Ses cheveux bruns tombaient de chaque côté de leurs visages ; comme des rideaux qui les protégeaient du monde extérieur. Et leurs regards étaient ancrés l’un dans l’autre.


« Ca va ? Tu n’as rien ? »
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Dim 17 Jan - 22:32

Si William avait pu se dédoubler à cet instant et s’observer, il se serait sûrement trouvé un air d’idiot fini particulièrement prononcé. Une expression hébétée était revenue s’installer sur son visage et dans son regard, tandis qu’Emma entamait ses explications pour Daniel, et partait dans une envolée lyrique dont il ne connaissait pas la source. Il aimait lire, certes, et là encore Daniel lui avait permis de s’épanouir un peu dans le genre. Mais à éducation limitée dans l’enfance, lecture limitée. Les grands auteurs compliqués, les phrases à rallonge et les descriptions sans fin, tout comme un langage trop soutenu et les langues du passé, ce n’était pas pour lui. Comme les cours, c’était des choses qui l’ennuyaient profondément. Et comme les cours, si ça l’ennuyait, il ne s’y intéressait pas. Heureusement, personne encore ne lui avait mis de T pour ses lectures.
William ne savait pas du tout que Daniel et Emma se retrouvaient pour parle de littérature. En y réfléchissant, son ami devait être content d’avoir trouvé quelqu’un à qui parler de ce sujet. Mais pourquoi ne lui avait-il rien dit ? Pourquoi n’avait-il rien dit à personne, d’ailleurs ?

Une chose était certaine : Will devrait avoir une discussion avec son meilleur ami. Ils en avaient besoin tous les deux, pour clarifier un certain nombre de choses. Le Gryffondor se sentait un peu coupable, aussi : il avait cru qu’il se passait quelque chose entre Daniel et Emma et avait été maussade depuis plusieurs jours. Il lui devait des excuses. Enfin, parler avec lui permettait toujours à Will de se sentir beaucoup mieux et surtout, d’y voir plus clair. C’était comme si Daniel était une véritable étagère : Will lui transmettait les données qui se battaient dans sa tête et Dan les rangeait tranquillement. La métaphore était assez étrange, mais reflétait pourtant assez bien la réalité.

Le jeune homme fit la moue lorsqu’Emma insinua qu’il pouvait avoir quelque chose de plus que Daniel, qu’elle qualifiait de quelconque. C’était un peu trop tiré par les cheveux pour qu’il puisse y croire. Son ami était tout, sauf banal, il l’admettait plus que volontiers. Outre son physique très agréable, Dan dégageait quelque chose de particulier, une espèce d’assurance provocante qui charmait tout le monde sur son passage : les filles lui tombaient dans les bras, et les garçons voulaient tous être son ami. C’en était presque énervant, mais Will en était au contraire très fier : c’était lui que Daniel avait choisi pour meilleur ami. Et pour une fois qu’il attirait l’attention favorable de quelqu’un de la trempe de Dan…
William fut tiré brusquement de ses réflexions quand il se sentit attrapé par le poignet. Nouvelle décharge électrique. Emma l’emmena de force vers un grand miroir en pied qui, Will en était certain, n’était pas là quand il était entré dans la pièce. Mais qu’est-ce qu’elle manigançait ?
Et là, ce fut au tour de William de se sentir affreusement mal à l’aise. Mal à l’aise, mais heureux en même temps. Il tenta tant bien que mal de cacher à la fois son sourire benêt et le rouge qui lui montait aux joues. Emma pointait tour à tour ce qu’elle considérait comme ses atouts et faisait son éloge sans détours, en concluant qu’il était bien mieux que Daniel. Personne ne lui avait jamais dit ça. Jamais non plus il n’avait eu spécialement envie qu’on lui dise, évidemment : son but n’avait jamais été de se lancer dans une quelconque compétition avec Daniel pour savoir qui serait le plus beau, le plus intelligent, le plus charmant et qui aurait le plus de conquêtes. Ca n’intéressait pas William de toute façon. Mais il était vrai que plusieurs fois, il s’était senti inférieur à son ami, dans beaucoup de points. Physique, caractère, intelligence, charme, chance… Will aurait aimé être comme Daniel. Il avait beau être l’aîné des deux, son meilleur ami était en quelque sorte son modèle. Et le fait qu’Emma lui dise qu’elle le trouvait plus beau que Dan lui retournait complètement le cœur et le cerveau.


« …Merci. »

William déglutit, la gorge sèche et les joues en feu. Il avait l’air bien stupide à ne dire que ça. Mais comment la remercier plus que ça ?

« Je… J’ai toujours énormément admiré Dan. Souvent, je me dis que j’aimerais être comme lui. A l’aise à l’oral, social, insouciant… Infiniment bien dans ma peau. Mais tes paroles resteront désormais gravées dans ma mémoire. Et si tu me trouves réellement mieux que lui… Alors je vais peut-être me contenter de vouloir être moi-même. »

La franchise, Daniel lui avait appris que c’était un des plus beaux cadeaux que William pouvait faire, lui qui ne racontait jamais grand-chose sur sa propre personne, sur qui il était, sur son passé, ou même sur ce qu’il pensait et ressentait. Il espérait qu’Emma apprécie plus ce type de remerciement que d’être embrassée sur la joue.

Et il sembla que oui. La jeune fille s’approcha de lui, et sans crier gare, posa ses lèvres sur les siennes. Décharge électrique ? Non, bien pire. Bien plus intense. William crut qu’il allait mourir foudroyé sur place. Et sans qu’il contrôle la moindre chose, il répondit à son baiser, passionnément. Il aurait voulu que le temps s’arrête à ce moment là ; ses prières semblèrent s’exaucer, mais en lui laissant une étrange impression de vide. Et pour cause : Emma n’avait pas bougé de l’endroit où elle se trouvait quelques secondes avant le prétendu baiser. Il avait rêvé. Il avait imaginé. Et là, il s’engouffrait dans un trou noir sans fond en s’apercevant que cet instant fugace était irréel. Un goût amer dans la bouche, et une blessure au cœur.

Si Emma n’avait pas enchaîné directement sur une autre question qui la taraudait et qui laissa William interloqué pendant un moment, il lui aurait dit que lui aussi venait d’avoir une absence, et aurait peut-être plus réfléchit à cette étrange coïncidence.
Mais il resta trop stupéfait par sa question incompréhensible et inattendue. Un pari sur elle ? Comment pouvait-elle croire une chose pareille ? Et qui avait bien pu lui raconter des choses aussi absurdes ? Les poings de William se serrèrent lorsqu’il aperçut dans son regard doute et tristesse. Il ne supportait pas l’idée qu’elle puisse souffrir, même un peu. Et puis soudainement, la lumière se fit, des paroles lui revinrent, et Will comprit. Et il s’en voulu instantanément. Il se passa une main sur le visage, décontenancé, tandis qu’il s’insultait mentalement.


« Mon Dieu, Emma, non… Non et non, jamais Daniel et moi n’avons parié sur toi, que ce soit pour atteindre ton frère ou n’importe qui d’autre. Nous n’avons jamais parié sur personne d’ailleurs, sauf peut-être Rusard. Non, je te jure que nous sommes parfaitement francs avec toi, et que nos relations sont vraies. Je te le promets. »

William baissa le regard, honteux.

« Mais c’est de ma faute si Joshua est venu te dire ça. Il… Enfin nous avons eu une discussion un peu… Animée, et bêtement, pour le faire enrager, j’ai plus ou moins sous-entendu quelque chose de ce genre. Je n’y pensais même plus et je ne croyais pas non plus qu’il allait venir te le raconter. Je suis vraiment désolé. Tu vois, ton portrait de moi tout à l’heure était trop optimiste : je suis bête, idiot et je fais du mal aux autres. Mais ce n’était pas mon but, je t’assure. »

Il écouta la jeune fille s’excuser à la place de Joshua pour la conversation que les deux garçons avaient eu. Et, si quelques minutes auparavant elle avait fait l’éloge de William devant le miroir, sans s’en rendre compte elle le ramenait à présent à la dure réalité. Joshua était un garçon que les filles pouvaient effectivement considérer comme le parti idéal ; William savait pertinemment qu’il n’en était pas un. Avec son lourd passé et ses manies bagarreuses déjà, il était bien loin des manières raffinées et galantes de nombre de ses camarades. Il avait une famille exécrable à part sa sœur. Et puis il n’était pas riche, bien au contraire, et le tournant qu’avaient pris ses études ne le promettait pas à un brillant avenir au Ministère ou à Sainte Mangouste par exemple. Il n’avait rien à offrir, si ce n’était lui-même, c’est-à-dire un garçon pas très bien dans sa peau. Il n’avait pas été assez bien pour June, et même si ça lui avait déchiré le cœur, il admettait qu’elle avait eu raison de le quitter. Et il n’était pas non plus assez bien pour quelqu’un comme Emma. Elle méritait cent fois mieux que lui ; il lui souhaitait cent fois mieux que lui.
Mais pourquoi pensait-il à ça, tout d’un coup ?

Il tenta de chasser ces réflexions de son esprit.


« Je… Je crois que je ne lui en veux pas particulièrement. Enfin ne m’en veux pas non plus si je ne le serre pas dans mes bras la prochaine fois que je le croiserais dans les couloirs. »

C’était vrai, il avait eu une petite altercation avec le Poufsouffle. Mais contrairement à Morten pour lequel William pouvait sentir la haine profonde et constater le comportement réellement mauvais qu’il pouvait avoir, il n’avait pas l’impression que Joshua soit de la même trempe, même si, comme le disait Emma, il essayait de copier Morten. C’était une pâle imitation du Serpentard, et heureusement pour lui. Il devrait se trouver un autre modèle à suivre… Mais William préférait éviter de faire part à Emma de cette réflexion.

« Trop idéal, je ne crois pas. C’est bien une phrase de fille, ça », dit-il en souriant. « Personne n’est trop idéal. Si Joshua est, comme tu le décris, un garçon aussi bien, alors il a de la chance. Mais dire qu’il est trop idéal est une mauvaise excuse pour dire que tu n’éprouves pas les mêmes sentiments que lui à son égard. »

Ils commencèrent enfin leur cours particulier, à cette différence près que cette fois-ci, Emma elle-même s’activait à côté de William. Il tenta de s’appliquer particulièrement, afin de lui montrer qu’il n’avait pas obtenu son P en potions juste par chance, mais bien grâce à son travail. Tellement attentif à ses gestes et à sa mixture qu’il fut surpris quand il se sentit une nouvelle fois attrapé et tiré violemment par le bras par Emma, qui l’obligea à se mettre à terre tandis qu’elle se retrouvait au-dessus de lui. Son hallucination de tout à l’heure recommençait-elle ? Le bruit d’explosion violente qu’il entendit dans la seconde lui fit tout comprendre d’un seul coup, et entourant Emma de ses bras tout en les faisant se basculer tous les deux sur le côté, William essaya de la protéger le mieux possible. Une seconde explosion, et puis plus rien. Ni bruit, ni lumière, sauf celle, ténue, de la lune. Et les yeux d’Emma. Rien que ses yeux. Sa chaleur aussi, infiniment douce et rassurante. Son parfum, léger mais enivrant. L’effleurement de ses cheveux, tendre, délicat. William était à la fois hypnotisé et noyé dans un tourbillon de sentiments qu’il ne contrôlait pas et qui déferlait en lui. Il ne pouvait rien dire, rien faire, si ce n’est rester là, interdit, à la contempler. Il ne voulait pas bouger ; il avait peur qu’alors le charme qui les enveloppait tous les deux soit brisé. Mais la jeune fille s’en chargea à sa place. Et Will redescendit alors brutalement sur la terre des hommes, alors qu’il lui semblait qu’il venait de côtoyer pendant quelques secondes le monde des anges. Il cligna des yeux plusieurs fois, comme s’il se réveillait d’un rêve.

« Non, moi je n’ai rien. Mais toi ? Tu n’es pas blessée ? »

Prenant tout d’un coup la pleine mesure de ce qu’il s’était réellement passé, William la prit par la taille pour la renverser, délicatement tout de même, afin que ce soit Emma qui se retrouve dos sur le sol. Il se redressa à côté d’elle pour se mettre à genoux et s’assurer qu’elle n’avait rien eu.

« Heureusement que tu as eu un bon réflexe. J’étais pourtant certain de n’avoir rien fait de travers… »

Comme tout bon garçon qui manquait de confiance en soi, William était persuadé que l’erreur venait de lui et que c’était son chaudron qui avait explosé. Il observa l’état de la pièce, qui fumait et dont une bonne partie était recouverte d’un manteau noir.

« Tu es sûre qu’il n’y a plus de danger que ça recommence ? On devrait peut-être sortir, non ? »

William espérait qu’ils n’avaient pas abîmé la salle sur demande et qu’à sa prochaine réapparition, elle se serait réparé elle-même. Il se mit debout et tendit la main à Emma pour l’aider à se relever, puis entreprit de l’épousseter doucement, à la lumière de la lune. Il s’arrangeait pour ne pas se replonger dans son regard qui lui procurait une étrange sensation à la lumière lunaire tamisée. Il fallait vraiment qu’il parle à Dan.

« Est-ce que tu veux qu’on fasse un tour par l’infirmerie ? »
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Ven 22 Jan - 17:13


Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’à son tour, Will ne prenne la parole. Quelques secondes durant lesquelles Emma se noya irrémédiablement dans ses yeux bleus. Elle en oubliait de respirer, comme si elle n’avait plus besoin d’air, se retenant même d’expirer un souffle qui aurait ricoché contre ses lèvres. Elle n’avait pas menti, elle était littéralement hypnotisée par son regard, inconsciente de la gêne qui l’avait saisie auparavant. Il n’y avait plus que ce visage, ces yeux, cette bouche… Imperceptiblement, les prunelles noisette s’abaissèrent et contemplèrent l’ensemble du faciès qui leur offrait un tel spectacle, s’en abreuvaient comme un assoiffé dans le désert l’aurait fait à un puits. Si pour Will, le charme avait été brisé quand la jeune fille avait prononcé quelques mots, il était quant à elle toujours bien présent, persistant. Et une envie la prit, une envie qui lui fit réaliser l’ampleur des évènements dans lesquels elle se retrouvait. Elle voulait l’embrasser. Pas comme son espèce de rêve éveillé ou tout n’était qu’imagination, non, elle voulait, désirait un vrai baiser. Un de ces baisers qui affolent tout le corps, tout le cœur, qui enflamment et qui laissent brûler jusqu’à ce que ne reste plus qu’un vide, tel un gouffre que l’on ne peut pas remplir, qu’on ne pourra plus jamais combler. Un baiser qui déchire l’âme et qui fait souffrir. Peu lui importait, sur le moment, son manque d’expérience : un baiser donné avec le cœur est rarement raté.

Alors que, délicatement, sa propre bouche entamait une descente, hors de contrôle, ne cherchant plus qu’à satisfaire ce besoin grandissant, le jeune homme parla à son tour. Emma cligna des yeux, comme si elle se réveillait, et sentit les bras qui l’entouraient glisser jusqu’à sa taille et la bouger. Elle se retrouva sur le dos, sur le sol, examinée de la tête aux pieds par le Gryffondor. Rouge de gêne, et malgré l’obscurité, la lumière de la Lune trahissaient ses joues, elle rabaissa peut-être un peu trop violemment sa robe sur ses jambes, qui était remontée jusqu’à mi-hauteur des cuisses. Elle regretta en cet instant de n’avoir pas préféré un bon vieux jean commode à cette coquetterie romantique et qui n’était visiblement pas de circonstance pour le travail qu’ils avaient voulu effectué. Cette manie d’élégance ne se reproduirait plus. Les précédentes pensées qui l’avaient traversée s’avéraient être la seconde cause de ses joues empourprées qui devenaient de plus en plus habituelles à force de côtoyer William. Elle réalisait seulement le crime qu’elle avait été sur le point de commettre. Et s’il ne l’avait pas arrêtée à temps ? Jamais elle n’aurait pu rattraper ce geste, jamais elle n’aurait osé le regarder dans les yeux à nouveau. Elle avait déjà du mal, à présent, à ne pas éviter les prunelles océan, de peur de replonger dans un délire romanesque.


« Non, je n’ai rien, » finit-elle par avouer dans un murmure. Comme si son corps voulait contrer cette déclaration, elle ressentit immédiatement un picotement vif au niveau de l’avant-bras gauche. Peut-être l’annoncée d’une brûlure, ou juste le frottement contre le parquet, rien de très grave en soi. Elle se redressa vivement de manière à se retrouver assise, et manqua de se cogner la tête contre la table. Passant une main dans ses cheveux, nerveuse, elle fit le tour de la salle du regard. Quels dégâts ! Jamais elle n’avait frappé aussi fort. Tout était noir, tout était mort. Sur les étagères, les bocaux et fioles qui renfermaient les ingrédients avaient été fracassés par le souffle de l’explosion, et les débris de verre gisaient çà et là comme des cadavres sur un champ de bataille. Les livres avaient souffert eux aussi, étendus de part et d’autres, fauchés par le choc, roussis et noircis par endroits. La Serdaigle sentit une boule se coincer dans sa gorge. Ce spectacle lui donnait la nausée, et la culpabilité l’envahissait. Tandis que William l’aidait à se relever et commençait à l’épousseter comme une babiole sur une étagère, elle se sentit perdre pied. Les pensées, les souvenirs tourbillonnaient dans son crâne, lui infligeant un supplice sans pareil. Des potions qui explosent, cela lui était déjà arrivé. Mais jamais avec une telle force, et surtout, jamais avec une autre potentielle victime qu’elle-même.

« … pourtant certain de n’avoir rien fait de travers… »

Elle releva les yeux vers lui, lui qui ne la regardait pas. Et son sentiment de culpabilité augmenta en flèche, ainsi que le rouge sur son visage.

« C’est de ma faute. Tu n’as rien fait de mal, je t’assure… Je suis vraiment une idiote sans cervelle. »

La main de William effleura l’une des bretelles de sa robe, contrastant par sa chaleur avec la froideur de la peau de son épaule. Un long frisson en résulta, qui parcourut toute sa colonne vertébrale. Pas un frisson de froid, un frisson de plaisir. Ce fut le signal de trop, le facteur déclencheur dans son esprit. Comme si toutes les pièces du puzzle avaient enfin obtenu l’autorisation de s’assembler, et la lumière se fit dans sa tête. Son cœur cessa de battre pendant une seconde, puis le rythme augmenta crescendo. Le sol se serait effondré sous elle qu’Emma n’en aurait jamais rien su, peut-être même l’aurait-elle souhaité. Elle recula, brusquement, complètement paniquée par ce qui pourrait se produire si leurs peaux entraient à nouveau en contact. Si elle craignait ses crises d’épilepsie, jamais auparavant elle n’avait autant redouté la perte de contrôle de son corps. C’était comme si elle ne commandait plus rien, partagée entre la tête qui lui hurlait de fuir le plus loin possible, le cœur qui voulait qu’elle reste et se jette dans ses bras, et au milieu de tout ça, les jambes qui ne savaient plus à qui obéir.
La jeune fille avait peur de parler, peur de ce qu’elle pourrait dire. Est-ce que sa traîtresse de bouche saurait se maîtriser ? Autant tenter quelque chose d’anodin le temps de reprendre pied, ou alors elle n’aurait plus qu’à sombrer définitivement.


« Excuse-moi… Je ne suis pas quelqu’un de très tactile, j’ai du mal à laisser les gens me toucher… »

Ouf. La Serdaigle allait peut-être pouvoir s’en sortir au final. Même si son cas lui semblait véritablement désespéré pour l’heure, il fallait qu’elle commence par réparer ses erreurs. Elle dégagea sa baguette de sa ceinture et lança de nombreux sortilèges pour rendre à la salle sur demande un aspect un peu plus présentable. L’espèce de suie noire qui recouvrait tout disparut dans le néant, ainsi que les chaudrons et les bris de verre. L’odeur de brûlé mélangée à une senteur insolite et inaccoutumée s’évapora de l’air, qui devint, selon elle, bien plus respirable. Pendant qu’elle s’attelait à ces tâches, son cerveau en ébullition travaillait à toute vitesse.
Elle avait failli embrasser un garçon qui avait déjà une petite amie. Petite amie qui se trouvait être une de ses camarades de maison, de classe et de dortoir. Elle ne pourrait plus jamais regarder Abigail en face sans éprouver un profond dégoût envers elle-même.
Elle se sentait irrésistiblement bien dès qu’il la touchait. Et elle avait envie de l’embrasser et de le toucher aussi.
Elle n’aurait pas pu être plus idiote qu’en cet instant, se réprimanda-t-elle mentalement. De tous les garçons de Poudlard, il avait fallu que cela tombe sur lui. Pourquoi ne pas tomber amoureuse de Daniel Carter pendant qu’elle y était ? Morten avait raison, les filles étaient vraiment stupides. Stupides, stupides, stupides ! Et il allait la tuer. Ou, du moins, faire une syncope, un arrêt cardiaque et elle se retrouverait avec la mort de son frère aîné sur le dos. Oui, elle venait vraiment de tomber bien bas.


« Pour l’infirmerie, toi, je ne sais pas, mais moi, je m’en passerai… » lâcha-t-elle quand elle eut terminé la première étape de son rangement. Elle avait lancé quelques sorts assez compliqués d’inversement sur leurs affaires, qui avaient également subi le courroux de son expérience ratée. Le professeur Slughorn les lui avait enseignés le jour où il avait accepté de la laisser s’entraîner seule dans un des cachots. Le matériel était suffisamment coûteux, et ces sortilèges avaient le même effet que de remonter dans le temps. Leurs livres étaient comme neufs, leurs sacs aussi. Tournée vers William, elle aperçut les signes précurseurs d’une vilaine bosse sur son front. Le plongeon sous la table avait été si rapide qu’elle se demanda si leurs deux têtes ne s’étaient pas entrechoquées, d’où la naissance d’une excroissance. Elle sortit de son sac une fiole aux reflets azurs, contenant la même potion qu’elle avait donnée à Maëdy dans leur salle commune quand la jeune fille avait par deux fois démontré une grande maladresse. Elle se rapprocha du Gryffondor et la lui tendit.

« Pour la bosse qui pousse sur ton front. » Un instant, elle avait songé à lui montrer à quel endroit de son visage elle faisait référence, mais s’était résolue de ne plus le toucher et de faire preuve de bienséance. « Sauf si tu as envie de te faire dorloter par tes fans… » Le mot petite-amie resta coincé dans sa gorge. « Et un conseil d’amie : bouche-toi le nez. Le goût est encore supportable, mais l’odeur… »

Pendant qu’il se décidait, elle retourna à son nettoyage. Comme elle constatait qu’elle allait en avoir pour un certain moment, elle finit par baisser sa baguette et fixer le parc à travers la fenêtre.

« Je crois qu’on peut arrêter la leçon là pour aujourd’hui. Je suis désolée, je ne me sens pas le courage de retoucher à un chaudron pour le moment. Je vais finir de ranger, tu peux t’en aller si tu veux… Daniel et Abigail ont certainement envie de te voir, non ? »

La voix d’Emma avait tremblé quand elle avait prononcé le nom de sa camarade. Tout comme il devenait un peu plus évident que les évènements l’avaient fatiguée. Tant qu’ils avaient été allongés sur le sol, elle n’avait pas eu le temps de réaliser qu’elle venait, une fois de plus, d’échouer. Que d’autres crises surviendraient, encore et encore. Que son anormalité allait subsister. Sa main se serra un peu plus autour de sa baguette, comme si elle avait de légers spasmes. Une partie d’elle souhaitait que William parte, qu’il la laisse seule avec son amertume et son nouveau chagrin. L’autre, celle qui divaguait et espérait follement quelque chose qui n’arriverait pas, voulait qu’il reste.
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Dim 28 Fév - 15:17

Il fallait vraiment qu’elle arrête de le regarder comme ça. Comment ? Il n’en savait rien en réalité. Mais William se sentait complètement perdu lorsqu’elle levait les yeux sur lui. Des yeux magnifiques, purs, mais qui, il le sentait, lui cachaient encore bien des choses. Il n’oserait cependant jamais lui demander quels étaient ses secrets : à chaque fois qu’il tentait de se rapprocher, Emma semblait fuir. Et lorsqu’il s’éloignait ou qu’il ne s’y attendait pas, elle faisait quelque chose de totalement incongru, comme tout à l’heure avec le miroir. Quand c’était lui qui tentait de se rapprocher d’elle il avait l’impression qu’elle se renfermait dans sa carapace, mais l’instant d’après elle le prenait par la main, plongeait son regard dans le sien, lui disait clairement qu’elle le trouvait beau. Elle avançait d’un pas pour reculer de deux. C’était assez épuisant pour William qui n’aimait pas se prendre la tête. Il préférait les choses simples, claires, franches. Là, il n’y comprenait rien. En l’espace de seulement quelques minutes auprès d’elle, il avait traversé plusieurs ascenseurs émotionnels de suite.

Il passait de l’incompréhension totale à un plaisir intense lorsqu’elle lui accordait une attention toute particulière ; d’un état d’incertitude complet, où tout se bousculait dans son esprit, où ses pensées fusaient dans tous les sens, à un état de clarté précis où il se disait qu’il fallait qu’il arrête d’être complètement idiot, parce qu’Emma ne s’intéresserait jamais à lui. Il allait falloir qu’il arrête de jouer le yoyo entre tous ces états d’esprit et qu’il s’en tienne à un seul. Le geste suivant d’Emma lui indiqua lequel : alors qu’il avait frôlé doucement son épaule, la jeune fille se recula précipitamment. Elle eut beau lui assurer que c’était seulement parce qu’elle n’aimait pas beaucoup qu’on la touche, William s’en sentit blessé et rejeté. Ce n’était bien sûr pas de sa faute à elle ; c’était simplement lui qui était un parfait abruti, ce n’était d’ailleurs pas nouveau. Il comprit qu’il fallait qu’il arrête de se laisser troubler de la sorte par la jeune fille rien que par des mots ou des regards parce que ça n’amènerait rien de bon pour lui. Il avait de solides remparts de protection de l’âme, mais ça ne servait à rien d’en rajouter.

Will décida donc de tenter de s’imperméabiliser mentalement. De manière peu galante, et même si, d’après ce qu’Emma disait, l’explosion était du à la jeune fille et non à lui-même, il la laissa faire un peu le ménage dans la pièce et réparer les dégâts. Mais ce n’était pas du tout parce qu’il considérait que c’était à elle de faire le sale boulot : il n’aurait tout simplement pas pu beaucoup l’aider. Il aimait assez le cours de sortilèges et en connaissait un certain nombre, comme tout le monde, mais il ne les maîtrisait pas forcément bien et n’aurait de toute façon pas été aussi efficace que la Serdaigle. Il en profita pour essayer de remettre de l’ordre dans ses pensées et dans sa propre tenue, ainsi que reprendre un peu de contenance.


« Mais au fait… Tu travaillais sur quoi, pour que ça provoque une pareille explosion ? Ce ne devait pas être une potion prévue dans le programme, je me trompe ? »

William commençait à connaître Emma et savait qu’elle était véritablement douée pour les potions. Ca l’étonnait donc qu’elle ait pu provoquer une telle explosion. Et il n’était pas stupide non plus : les potions qui étaient étudiées en cours étaient prévues pour qu’il n’y ait pas trop de risques, même en cas d’incident.
Emma avait refusé l’infirmerie mais apparemment elle transportait déjà tout une armoire à pharmacie avec elle. Elle lui tendit un pot « pour sa bosse sur le front ». William porta la main au haut de sa tête et y sentit effectivement un endroit douloureux, maintenant qu’elle le disait. Il s’approcha de la table pour y déposer le flacon et le dévissa prudemment, prévenu de l’odeur qui s’en échapperait. Ce faisant, un sourire apparut sur ses lèvres.


« Je n’ai pas de fans… Je ne m’appelle pas Daniel Carter. »

Effectivement, ce truc qui était censé l’aider dégageait une odeur nauséabonde incroyable. Ce n’était pas humain de produire un truc pareil ! Il grimaça fortement, leva les yeux vers Emma pour l’interroger une nouvelle fois du regard sur l’efficacité de sa mixture, puis s’en appliqua finalement lentement, comme un grand garçon douillet.
Il releva les yeux sur Emma au moment même où, baissant les bras, elle regardait par la fenêtre, visiblement découragée. Ses paroles suivantes confirmèrent les suspicions de Will : son échec avec le chaudron semblait l’avoir affectée, plus qu’elle ne le montrait et plus qu’il ne pouvait le comprendre. Cependant, un détail dans ce qu’elle dit le fit tiquer et ses sourcils se levèrent de surprise.


« Oh, tu connais Abi ? Vous vous êtes déjà rencontrées ? C’est vrai que je n’ai pas encore eu l’occasion de te la présenter, mais je ne savais pas que vous vous connaissiez déjà. Mais c’est vrai que vous êtes dans la même maison après tout. Si un jour tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas à lui demander : c’est quelqu’un sur qui on peut compter, et elle est vraiment adorable. »

Ou comment enfoncer le couteau dans la plaie en une leçon, par William Green. C’était bien entendu totalement involontaire. Si le pauvre garçon avait pu savoir ce qu’il se passait dans la tête d’Emma…

« Mais Abigail et Daniel pourront bien se passer de moi un peu, ne t’en fais pas. Je m’en voudrais de te laisser seule ici à tout ranger… A moins que tu veuilles que je m’en aille, bien entendu » ajouta Will en se souvenant des précédents pas en arrière de la jeune fille lorsqu’il lui tendait la main. Elle avait peut-être juste envie de rester toute seule et il n’était qu’un gros boulet en continuant à s’incruster.

« Tu penses que la salle ne réapparaîtra pas « normale » si on s’en va et qu’on revient une autre fois ? Les dégâts vont-ils rester ici ? »
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Mar 2 Mar - 17:13

Un éclair zébra le ciel au loin, mais la lumière qui s’en dégageait éclaira la salle sur demande totalement pendant un instant, jusqu’à ce qu’elle replonge dans l’obscurité étouffante. La pluie tombait toujours lourdement, et le tonnerre ne tarda pas à gronder sourdement. C’était un spectacle qui avait toujours fasciné Emma, à la fois terrifiant de violence et imposant de grandeur. Les prunelles noisette faisaient des allers-retours entre deux points au loin, et la jeune femme semblait complètement perdue dans un autre monde. Pourtant, elle était très attentive à ce qui se passait dans la pièce : elle venait juste d’être saisie d’une envie de sortir dans le parc. Elle aimait vraiment la pluie, et ressentait le besoin d’aller prendre l’air pour réfléchir à tout ce qui venait de se produire, pour assimiler les faits et pour faire le point sur la manière dont elle devrait agir désormais. La question de William la ramena tout de même un peu sur la terre ferme, et elle quitta du regard la noirceur du parc et de la Forêt Interdite. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre, puis, hésitant sur la façon de s’expliquer, la referma pour éviter de ressembler à un poisson rouge. Comment lui faire comprendre ?

« J’imagine que tous les créateurs de potions ont fait exploser quelques chaudrons avant d’arriver à quelque chose, tu ne crois pas ? »

La Serdaigle laissa ensuite le silence s’installer dans son esprit, car à côté, Will semblait vouloir continuer à parler. Du moins c’est l’impression qu’elle avait, mais il se tut à son tour. En terminant par une remarque sur la différence entre lui et Daniel au sujet de leurs fans respectives, ce à quoi elle ne put que lever les yeux au ciel. Elle se dirigea vers l’habituel canapé crème que la salle faisait apparaître pendant les leçons afin d’y récupérer son gilet. En fait, le vêtement appartenait à Morten, et c’était même son gilet préféré, mais il avait tendance à disparaître mystérieusement et à se retrouver parmi les affaires de sa sœur. Il faut dire qu’elle aussi, elle aimait beaucoup ce vêtement. Même s’il était bien trop grand pour elle, particulièrement au niveau des manches, elle ne pouvait s’empêcher de l’emprunter à Morten. Elle avait ainsi l’impression que le Serpentard était toujours à ses côtés. Une espèce de grigri en quelques sortes. Alors qu’elle enfilait les longues manches, elle se retourna vers le Gryffondor avec un sourire moqueur quelque peu forcé.

« C’est ça, tu n’as pas de fans, et moi je suis une princesse danoise – oh, Will ! » Emma éclata subitement de rire et s’approcha rapidement de lui. Du bout de l’index, elle retira la quantité de potion qu’il s’était étalé sur le front avec précaution, puis lui remit la fiole dans les mains entre deux éclats de rire. « Il faut que tu la boives, pas que tu te l’appliques… » Et son rire repartit de plus belle. Qu’en était-il de ses bonnes résolutions de ne plus le toucher ? Il semblait bien qu’elle ne pouvait pas s’y tenir. Et puis, il la faisait bien rire, et c’était rare ces derniers temps. Une grimace moqueuse se forma sur son visage, et, se pinçant le nez avec la main qui était vierge de potion, elle ajouta, son ton rendu nasillard : « Tu empestes maintenant… »

La jeune fille retourna à ses affaires et sortit un mouchoir de son sac pour essuyer son doigt. Elle rassemblait tranquillement ses affaires quand il commença à parler d’Abigail. Donc elle ne s’était pas trompée, ils étaient bel et bien liés. Aussitôt, ce fut comme si un étau enserrait son cœur jusqu’à le broyer et le réduire en morceaux. Comment avait-il fait ça ? L’instant d’avant, elle avait recommencé à sourire et à se sentir bien, et maintenant elle avait l’impression de tomber au plus profond d’un gouffre. Agenouillée devant son sac, ses mains se serrèrent sur l’accessoire pendant qu’elle essayait de respirer normalement et tentait de se forcer au calme. Elle n’avait vraiment pas besoin de s’effondrer devant le jeune homme, et doutait que lui ait envie de la voir dans cet état. Pourtant, le dernier adjectif qu’il employa pour décrire sa comparse de Serdaigle lui aurait presque donné la nausée : adorable, une fille qui se mettait presque à crier sur les autres dès qu’elle paniquait ? Ils ne devaient pas donner la même définition au mot tous les deux… Jalouse Emma ? Pourquoi pas après tout…

« Nous sommes ensemble dans plusieurs de nos cours, mais j’adresse rarement la parole aux autres élèves… Je préfère être seule que mal accompagnée. Enfin, j’ai plus l’impression que la mauvaise compagnie, c’est moi, tu vois… Quand tu ne t’intéresses pas au Quidditch, à la mode sorcière, aux garçons, ou à d’autres sujets comme les échecs, mais à des choses un peu dépassées, les gens ne savent pas quoi te dire pour t’intéresser, et vice versa. » Elle ajouta, avec un rire un peu jaune : « Le genre de choses qui ne vous arrivent jamais, à toi, Dan ou Morten… »

Pourtant, aussi agréable que semblait leur vie à l’école d’un point de vue extérieur, la Serdaigle ne pouvait s’empêcher d’apprécier sa place. Elle préférait nettement ses livres et ses partitions de Chopin ou Debussy à une horde de garçons qui lui courraient après. Mais même ses deux passions, son meilleur ami ne les partageait pas. Joshua, lui, détestait le Quidditch, mais se passionnait pour les échecs et la divination. Et les sports moldus, tous plus barbares les uns que les autres : la boxe américaine, le rugby, …, des activités qu’il pratiquait avec son père et son frère quand il était aux Etats-Unis pendant les vacances d’été. Il était revenu plusieurs fois salement amoché, et sa mère avait piqué de nombreuses crises sous l’œil amusé d’Emma et du Poufsouffle. Bras dans le plâtre, œil au beurre noir, côtes fêlées… beaucoup de blessures sur lesquelles elle avait pu tester les potions qu’elle confectionnait. Et en général, son ami en était sorti indemne, sauf une fois où, en plus de l’avoir soigné, la potion avait coloré ses cheveux en bleu. Ce simple souvenir apaisa Emma et lui rendit un semblant de sourire.
Pendant tout ce temps, elle avait tourné le dos à William alors qu’elle rangeait ses affaires, et elle était maintenant prête à s’en aller. Il était inutile qu’elle s’acharne plus longtemps à nettoyer la salle, car elle croyait dur comme fer que celle-ci se rétablirait d’elle-même. Elle se retourna vers le garçon et se releva tranquillement alors qu’il finissait d’avaler le contenu de la fiole.


« Au fait, je suis désolée. Je n’arrête pas d’avoir un comportement contradictoire, pas vrai ? A un moment je te dis que je ne supporte pas qu’on me touche, et l’instant d’après j’essuie ton front ou je t’attrape par le poignet, ça doit être bizarre… Mon père dit que ça fait partie de mon charme, je pense qu’il dit ça surtout parce que c’est lui que je fais le moins tourner en bourrique dans la famille… »

Emma expira silencieusement et pencha la tête légèrement sur le côté.

« Être seule ne me dérange pas, je te l’ai déjà dit, je crois. Je pense que je vais aller faire un tour dans le parc, pour m’enfermer dans ma bizarrerie… » Elle sourit distraitement. « Est-ce que tu veux venir avec moi ? Je n’ai pas envie que tu te sentes forcé surtout, c’est juste qu’avec toi, j’ai l’impression d’être un peu meilleure… Ce n’est pas non plus très convenable de te dire ça, surtout qu’il vaudrait mieux que tu retrouves les personnes que tu aimes. Ce n’est pas très bien de passer plus de temps avec la sœur de ton pire ennemi qu’avec ton meilleur ami et la fille qui compte le plus pour toi, non ? »

[HJ : donc je te laisse le choix soit de clôturer le RP si Will ne veut pas sortir sous l'orage (t'as qu'à dire qu'Emma s'en va dans ce cas-là) ou de continuer et donc d'ouvrir le nouveau topic ^^]
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Sam 6 Mar - 22:17

William fut complètement surpris par l'éclat de rire soudain d'Emma. Il ne s'y attendait pas du tout. Son air totalement ébahi lorsqu'il tourna la tête vers elle exprimait bien cette surprise, rendant la situation plus comique encore. Il ne comprit que quelques secondes plus tard la raison de l'hilarité de sa camarade... Et éclata de rire à son tour. Il se sentait vraiment idiot pour le coup, mais il devait bien l'avouer, ça avait le mérite d'être drôle. Au moins Emma pouvait constater qu'il était mauvais en potions jusqu'au bout des ongles.
Et puis il y avait aussi le fait qu'Emma ait cet air éclatant, tout d'un coup. Son visage semblait illuminé et son rire avait envahit la pièce et sonnait agréablement aux oreilles de Will. Très agréablement. Il aimait ça.

... Qu'est-ce qu'il racontait ?
Non, non, il n'aimait pas ça, il ne fallait pas qu'il aime ça ! Il recommençait à se laisser aller. D'autant plus que lorsqu'elle avait enlevé la potion de son front, il avait encore senti ces décharges électriques qui se produisaient quand elle le touchait. Un long frisson de haut en bas de l'échine. Il fallait qu'il stoppe "ça", tout de suite. Il commençait à se comprendre, petit à petit. Il y voyait plus clair. Et il fallait qu'il s'arrête pendant qu'il en était encore temps. Son expérience avec June lui avait parfaitement démontré qu'il ne valait pas grand chose et qu'il ne pouvait pas avoir de très grandes prétentions.
Afin de se changer très rapidement les idées, et en réalité sans y faire réellement très attention, William s'empara de la potion un peu machinalement et la bu d'un trait. Ca eut pour seul avantage de fonctionner : son esprit se concentra immédiatement et tout à fait exclusivement sur l'horrible goût amer qui descendait le long de sa gorge.


"Euuuurk !"

Il ne pensait pas qu'il était possible de se rendre encore plus ridicule, voilà qui était fait. Tendant le flacon vide à Emma, Will passa sa manche sur sa bouche, comme si il pouvait effacer le goût ainsi. Puis il se tourna vers la jeune fille.

"Hum... Tu n'as pas vraiment répondu à ma question, qui était de savoir sur quoi tu travaillais, et pas si ça t'était déjà arrivé de faire exploser quelque chose..." remarqua-t-il sur un air innocent tandis qu'elle lui tournait le dos, penchée sur son sac.

Les paroles suivantes de la jeune fille firent lever un sourcil à William. Il pencha la tête sur le côté, la regardant toujours.


"Ben... Et moi alors ? Je veux dire, tu à l'air de sous-entendre que tu n'es pas de bonne compagnie et que tu es ennuyeuse mais dans ce cas, pourquoi sommes-nous amis ? Parce que je t'assure que de mon côté, ce ne sont pas simplement tes cours de potions qui font que je passe du temps avec toi."

William tenta une nouvelle fois de réduire ses pensées au silence, le plus rapidement possible. Son esprit commençait déjà à répertorier silencieusement toutes les raisons pour lesquelles il aimait passer du temps avec la jeune fille.

"Et Dan' ne s'entendrait pas aussi bien avec toi si tu étais réellement ennuyeuse. Et... Joshua non plus, je suppose."

Will alla lui-même retrouver ses affaires, propres et reluisantes après le passage d'Emma.

"Et... Enfin je ne suis pas vraiment expert en la matière non plus, alors je ne sais pas si tu dois vraiment porter beaucoup de crédit à ce que je te raconte. Mais peut-être que si tu avais une meilleure vision de toi-même et plus confiance en toi, tu laisserais plus facilement les gens t'approcher, non ?" lui demanda-t-il doucement en souriant.

Il n'avait pas bien sûr la commune mesure du malaise que pouvait ressentir Emma à cause de sa maladie. Il ne savait pas à quel point ça pouvait lui pourrir la vie, envahir son existence, ronger son être. Il n'avait aucune idée de ce que ça faisait, de porter le poids d'une maladie grave sur les épaules. Mais il savait en revanche ce que ça faisait d'avoir une vie de famille monstrueuse. Est-ce que ça comptait quand même ? Ça n'était sûrement pas comparable.
Emma réussit encore, une nouvelle fois, à le surprendre et à lui faire perdre pied. Encore une fois, Will se sentit perdu dans ses pensées, dans ce qu'il devait dire ou faire, dans ce qu'elle pouvait bien penser, de ce qu'il laissait voir comme émotion... Il ne se trouva même pas capable de répondre à ce qu'elle disait. Ca faisait partie de son charme ? Oui, sans doute. Comme beaucoup d'autres choses...

*Aaah William Green, ne recommence pas !*

Il se passa une main dans les cheveux ; il avait un mal de crâne lancinant qui avait pointé tout doucement le bout de son nez. Et ça n'avait rien à voir avec la douleur de la bosse, qui du reste avait disparue. Non. Son esprit travaillait trop, beaucoup trop... Et il se sentait tellement fatigué... Las de tout ça. Tout ça quoi ? Toutes ces choses qui lui rappelaient l'époque de June, qui lui rappelaient qui il était vraiment et ce qu'il valait... Il avait besoin de réconfort et de points d'ancrage bien fixés sur lesquels s'appuyer. Dan. Il avait besoin de Dan. Il se sentait un peu coupable parce qu'il l'avait évité toute cette semaine et que maintenant qu'il avait besoin de lui il allait revenir vers lui. Mais il fallait dire aussi que son meilleur ami n'avait pas été très malin : qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête pour qu'il lui cache ses rendez-vous littéraires avec Emma ? Ils avaient des choses à se dire, et William avait besoin de lui, pour se raccrocher à son pragmatisme, et tout simplement à son amitié.

Et Emma avait apparemment besoin d'être seule. Elle tenta bien de l'inviter après, mais William s'imagina que c'était par pure politesse. Il lui sourit doucement.


"Bien que ça ne me plaise pas de trop de te laisser sortir toute seule dehors par ce temps... Je crois que j'ai besoin d'aller me reposer un peu et de... Peut-être m'enfermer aussi un peu dans ma bizarrerie, qui sait ?"

Il attrapa son sac et le passa sur son épaule, puis prit son éternelle veste de cuir et la posa sur les épaules de la jeune fille.

"C'est la seule condition pour que je te laisse sortir dehors sans rien dire : que tu la porte. Si j'apprends que tu tombes malade, je vais me sentir coupable..." dit William d'un air un peu penaud.

"A mercredi prochain ?" fit-il finalement avant de quitter la salle.
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MessageSujet: Re: Face à la vérité [Will]   Dim 7 Mar - 22:28

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Face à la vérité [Will]

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